mercredi 24 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2115227 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | RENOULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 novembre 2021, M. B, représenté par Me Renoult, demande au juge des référés :
1°) de condamner, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, l'administration à lui verser une provision d'un montant de 13 200 euros au titre du déficit fonctionnel permanent dont il serait affecté du fait de son accident de travail ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'Etat au paiement des entiers dépens.
Il soutient que :
- sa créance présente le caractère d'une obligation non sérieusement contestable dès lors que son accident a été reconnu imputable au service et qu'il est donc fondé à demander la condamnation de l'administration à lui verser une indemnité complémentaire réparant ses préjudices patrimoniaux et personnels ;
- son taux d'incapacité partielle permanente a été évalué a minima à 10%, ce qui justifie le montant de la somme qu'il réclame.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2021, le recteur de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la créance dont se prévaut M. B présente un caractère sérieusement contestable dès lors que le taux d'incapacité partielle permanente de 10% retenu par le premier médecin-expert a été attribué à un état antérieur du requérant et qu'aucun taux d'incapacité partielle permanente n'a été retenu par le second médecin-expert.
Par une ordonnance du 11 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
26 juillet 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Hermann Jager, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, personnel de direction de l'éducation nationale, a été victime d'un malaise vagal alors qu'il était sur son lieu de travail, le 25 juin 2020. L'intéressé a été examiné une première fois, le 15 octobre 2020, par le docteur D, expert-psychiatre. Par une première décision du 19 février 2021, le recteur de l'académie de Créteil a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident. M. B a introduit un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Dans le cadre du réexamen de sa situation, il a été à nouveau examiné, le
31 mai 2021, par le Docteur C, expert psychiatre. Par une nouvelle décision du
11 juin 2021, le recteur de l'académie de Créteil a reconnu l'imputabilité au service de l'accident. M. B sollicite, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, le versement d'une provision au titre du déficit fonctionnel permanent dont il serait affecté en raison de cet accident de service.
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
3. M. B fait valoir, pour justifier le montant demandé au titre de provision, qu'un taux d'incapacité partielle permanente de 10% a été retenu le premier médecin-expert, le docteur D, qui l'a examiné le 15 octobre 2020. Toutefois, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce qu'allègue le requérant, le taux de 10% retenu par le médecin expert a été attribué à l'état antérieur de l'intéressé et non à l'accident de service. En outre, si le second médecin-expert, le docteur C, qui a examiné M. B le 31 mai 2021, n'a pas constaté un état antérieur ayant pu favoriser ou provoquer les lésions, il a explicitement refusé de se prononcer sur le taux d'incapacité partielle permanente et a précisé que l'intéressé devrait être réexaminé ultérieurement pour la fixation éventuelle de ce taux. Dans ces conditions et en l'état de l'instruction, au regard précisément de l'incertitude quant au taux d'incapacité devant être retenu, l'existence de l'obligation de lui verser la somme que le requérant réclame ne présente pas un caractère non sérieusement contestable, au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
4. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. B dans toutes ses conclusions, y compris celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au paiement par l'Etat des entiers dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au recteur de l'académie de Créteil.
Fait à Montreuil, le 24 août 2022 .
La juge des référés,
Signé
V. Hermann Jager
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026