vendredi 20 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2115336 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | PITTI-FERRANDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 novembre 2021 et 17 mai 2022, M. D B, représenté par Me Pitti-Ferrandi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle la présidente de l'université Paris 8 a implicitement refusé de lui communiquer un ensemble de pièces relatives à l'octroi de la protection fonctionnelle à deux agents, à la procédure disciplinaire engagée contre un agent, aux instructions des commissaires aux comptes de l'université, ainsi que les rapports, conclusions, constats et avis émis par le cabinet Stimulus en lien avec l'audit réalisé en 2019 et 2020 ;
2°) d'enjoindre à la présidente de l'université Paris 8 de lui communiquer l'ensemble des documents sollicités, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'université Paris 8 une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le mémoire en défense ainsi que les pièces qui y sont jointes sont irrecevables en l'absence de justification d'une habilitation à ester en justice de la présidente de l'université ;
- en ce qui concerne les documents relatifs à la procédure disciplinaire dirigée contre M. C : ils doivent être communiqués en application du principe d'égalité des armes, des articles L. 311-3 et L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration et en ce qu'ils contiennent des données personnelles le concernant ;
- en ce qui concerne les documents relatifs à la protection fonctionnelle accordée à deux agents : les conclusions à fin de non-lieu à statuer sur la demande de communication des documents mentionnés au point 1, sont infondées, dès lors que seules les attestations d'attribution de la protection fonctionnelle lui ont été communiquées ; les demandes de protection fonctionnelle constituent des documents communicables, en application de l'article L. 311-3 du code des relations entre le public et l'administration ;
- en ce qui concerne la lettre du 15 mars 2019 adressée à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation relative aux faits reprochés à M. C : elle est communicable, alors qu'il n'est pas établi que les mentions pouvant porter atteinte à l'intéressé ne pourraient pas être occultées ;
- en ce qui concerne le rapport de saisine du conseil de discipline concernant M. C, le procès-verbal de la réunion de cette instance du 16 octobre 2019 et l'arrêté ministériel du 30 octobre 2019 portant sanction de déplacement d'office de l'intéressé : ces documents lui sont communicables eu égard à leur contenu et alors même que l'université Paris 8 n'en est pas l'auteur ;
- en ce qui concerne les rapports, conclusions, constats et avis rendus par le Cabinet Stimulus en lien avec l'audit réalisé en 2019 et 2020 : ils lui sont communicables eu égard à leur contenu, alors qu'il n'est pas établi que les éléments non communicables ne pourraient pas être occultés ;
- en ce qui concerne les instructions des commissaires aux comptes de l'université Paris 8 émises depuis l'arrivée de M. C, en vue d'inspecter les finances des laboratoires de l'université Paris 8 : la communication, qui a été faite postérieurement à la saisine de la Commission d'accès aux documents administratifs est incomplète.
Par des mémoires en défense enregistrés le 11 janvier 2022, l'université Paris 8 conclut au non-lieu à statuer sur la demande d'annulation en tant qu'elle porte sur le refus de communication des demandes de protection fonctionnelle ainsi que des instructions du commissaire aux comptes de l'université et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle soutient que :
- les documents mentionnés aux points 1 et 7 de la demande du requérant ont été communiqués ;
- les documents mentionnés aux points 2, 3, 4, 5, 6 et 8 de la demande du requérant ne sont pas communicables.
Par une ordonnance du 2 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- et les conclusions de M. Combes, rapporteur public, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est affecté en qualité de professeur des universités à l'université Paris 8. Par une correspondance en date du 12 juillet 2021, il a demandé à la présidente de cette université de lui communiquer les demandes de protection fonctionnelle de Mme F A et M. G C ainsi que les décisions de juin 2019 accordant la protection fonctionnelle à ces derniers, la lettre du 15 mars 2019 adressée par la présidente de cette université à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche, et de l'innovation relative aux faits reprochés à M. C et les pièces jointes à cette lettre, le rapport de saisine du conseil de discipline concernant ce dernier et le procès-verbal de la réunion de cette instance du 16 octobre 2019, l'arrêté ministériel du 30 octobre 2019 portant sanction de déplacement d'office de M. C, les instructions des commissaires aux comptes de l'université Paris 8 émises depuis l'arrivée de M. C, en vue d'inspecter les finances des laboratoires de l'université et, enfin, les rapports, conclusions, constats et avis rendus par le Cabinet Stimulus dans le cadre et à la suite de l'audit réalisé en 2019 et 2020. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. M. B a saisi la Commission d'accès aux documents administratifs par une demande enregistrée le 19 août 2021. Cette commission a émis un avis sur cette demande de communication le 14 octobre 2021. Elle a estimé que la demande d'avis relative à la communication des instructions des commissaires aux comptes était sans objet dès lors que ces documents avaient été communiqués au requérant. Elle a émis un avis défavorable à la demande de communication des demandes de protection fonctionnelle, de la lettre du 15 mars 2019, du rapport de saisine du conseil de discipline, du procès-verbal de la réunion de cette instance et de l'arrêté du 30 octobre 2019 mentionnés ci-dessus. Elle a émis un avis favorable à la communication des décisions accordant la protection fonctionnelle ainsi que des rapports mentionnés ci-dessus, sous réserve des éléments dont la divulgation porterait atteinte à un secret protégé par la loi. M. B demande l'annulation de la décision implicite de rejet née à l'issue du délai de deux mois suivant la saisine de la Commission d'accès aux documents administratifs, conformément à l'article R. 343-5 du code des relations entre le public et l'administration.
2. Aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " () les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues () de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande () ". Aux termes de l'article L. 311-6 du même code : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : () / 2° Portant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique, nommément désignée ou facilement identifiable ; / 3° Faisant apparaître le comportement d'une personne, dès lors que la divulgation de ce comportement pourrait lui porter préjudice. () ". Aux termes de l'article L. 311-7 de ce code : " Lorsque la demande porte sur un document comportant des mentions qui ne sont pas communicables en application des articles L. 311-5 et L. 311-6 mais qu'il est possible d'occulter ou de disjoindre, le document est communiqué au demandeur après occultation ou disjonction de ces mentions ".
3. Il ressort des pièces du dossier que pour rejeter la demande de communication des rapports, conclusions, constats et avis rendus par le Cabinet STIMULUS en lien avec l'audit réalisé en 2019 et 2020, la présidente de l'université Paris 8 s'est fondée sur la circonstance que ces documents portent essentiellement sur des événements et comportements des personnes ayant conduit à une situation de conflit intense au sein de la direction de la recherche et qu'il était nécessaire de protéger des agents ayant accepté de témoigner, alors qu'une occultation ou disjonction priverait de sens le document. Il s'en déduit que selon l'administration la communication est rendue impossible par l'existence de secrets et intérêts protégés par les dispositions précitées des 2° et 3° de l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration, sans que l'article L. 311-7 du même code puisse être utilement appliqué.
4. D'une part, il appartient au juge administratif de requérir des administrations compétentes la production de tous les documents nécessaires à la solution des litiges qui lui sont soumis à la seule exception de ceux qui sont couverts par un secret garanti par la loi. D'autre part, si le caractère contradictoire de la procédure exige la communication à chacune des parties de toutes les pièces produites au cours de l'instance, cette exigence est nécessairement exclue en ce qui concerne les documents dont le refus de communication constitue l'objet même du litige.
5. L'état de l'instruction ne permet pas d'apprécier le bien-fondé du motif de refus de communication mentionné au point 3. Dès lors, il y a lieu d'ordonner avant dire droit, tous droits et moyens des parties demeurant réservés, à l'université Paris 8 de produire les rapports, conclusions, constats et avis rendus par le Cabinet STIMULUS en lien avec l'audit réalisé en 2019 et 2020. Ces documents devront parvenir au greffe du tribunal, sous pli confidentiel, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans que la communication en soit faite au requérant.
D E C I D E :
Article 1er : Est ordonnée, avant dire droit, la production par l'université Paris 8 des rapports, conclusions, constats et avis rendus par le Cabinet STIMULUS en lien avec l'audit réalisé en 2019 et 2020. Ces documents devront parvenir au greffe du tribunal, sous pli confidentiel, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans que la communication en soit faite au requérant.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à l'université Paris 8.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
D. ELe greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026