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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2115918

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2115918

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2115918
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantENARD-BAZIRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 novembre 2021, Mme B A, représentée par Me Enard Bazire, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 septembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Bondy l'a placée en congé maladie ordinaire à compter du 2 novembre 2020, ensemble la décision rejetant implicitement sa demande de congé longue maladie ;

2°) d'annuler l'avis des sommes à payer n° 1219 du 20 octobre 2021 d'un montant de

2 959,49 euros ;

3°) d'enjoindre au maire de régulariser sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Bondy la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les décisions de placement en congé maladie ordinaire et refus de placement en congé longue maladie :

- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation dès lors que la décision du 29 septembre 2021 n'est pas suffisamment motivée en droit et d'autre part, qu'elle ne comporte pas d'éléments de faits relatifs à sa situation ;

- elles sont entachées d'un vice de procédure dès lors que le comité médical n'a pas été consulté en méconnaissance des dispositions de l'article 7 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- la décision lui refusant le bénéfice d'un congé longue maladie est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 ;

- la décision du 29 septembre 2021 méconnaît le principe de non-rétroactivité dès lors qu'elle modifie sa situation à compter du 2 novembre 2020 ;

En ce qui concerne le titre de recettes :

- le titre de recettes méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il ne comporte ni la signature ni le nom de son auteur ;

- il est entaché d'un défaut de motivation au regard des dispositions des articles

L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il ne comporte ni la nature de la créance, ni les bases de liquidation ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'il n'est pas établi que le bordereau du titre de recettes comporte les mentions des nom, prénom et qualité de son auteur ;

- la créance est infondée dès lors qu'elle aurait dû être placée en congé longue maladie eu égard à l'impossibilité d'exercer ses fonctions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2023, la commune de Bondy, représentée par Me de Froment, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'il n'y a plus lieu à statuer sur la requête dès lors que, par une décision du 15 février 2022, Mme A a été placée en congé longue maladie du 2 novembre 2020 au 1er mai 2022 et que cette décision a eu pour effet d'annuler l'avis des sommes à payer en litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Biscarel,

- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, adjointe d'animation territoriale principale de 2ème classe au sein de la commune de Bondy, a bénéficié d'un arrêt maladie à compter du 2 novembre 2020. Le 18 décembre 2020, elle a sollicité le bénéfice d'un congé de longue maladie. Par un arrêté du

29 septembre 2021, Mme A a été placée en congé maladie ordinaire à compter du

2 novembre 2020 pour une durée de 334 jours. La commune de Bondy a émis un titre de recettes le 20 octobre 2021 d'un montant de 2 959,49 euros correspondant à un trop-perçu de rémunération de février à mai 2021. Mme A demande au tribunal d'annuler d'une part, la décision du 29 septembre 2021 la plaçant en congé maladie ordinaire ainsi que la décision ayant implicitement rejeté sa demande de bénéficier d'un congé longue maladie et d'autre part, l'avis des sommes à payer du 20 octobre 2021 d'un montant de 2 959,49 euros.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

3. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 15 février 2022, devenu définitif, le maire de la commune de Bondy a placé Mme A en congé de longue maladie pour une période de dix-huit mois à compter du 2 novembre 2020 jusqu'au 1er mai 2022 inclus et a décidé qu'elle serait rémunérée à plein traitement du 2 novembre 2020 au 1er novembre 2021 puis à demi-traitement du 2 novembre 2021 au 1er mai 2022. Le maire de la commune de Bondy doit ainsi être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré la décision rejetant implicitement la demande de Mme A de bénéficier d'un congé de longue maladie et l'arrêté du 29 septembre 2021 la plaçant en congé maladie ordinaire. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions sont devenues sans objet.

4. En revanche, contrairement à ce que soutient la commune de Bondy, la décision du 15 février 2022 n'a pas eu pour effet de faire disparaître de l'ordonnancement juridique l'avis des sommes à payer émis le 20 octobre 2021 pour le recouvrement de la somme de 2 959,49 euros correspondant à un trop-perçu de rémunération de février à mai 2021. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier, et n'est pas même allégué, que cet avis des sommes à payer aurait fait l'objet d'un retrait. Par suite, les conclusions dirigées contre cet acte conservent un objet et il n'y a pas lieu de faire droit sur ce point à l'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune de Bondy.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

5. Le titre exécutoire émis le 20 octobre 2021 par le maire de la commune de Bondy pour le recouvrement d'un trop perçu de rémunération correspondant à un demi-traitement d'un montant de 2 959,49 euros sur la période de février à mai 2021 trouve son fondement dans l'arrêté du 29 septembre 2021 plaçant Mme A en congé de maladie ordinaire pour une durée de 334 jours à compter du 2 novembre 2020, lequel a disparu de l'ordonnancement juridique du fait de son retrait devenu définitif par l'arrêté du 15 février 2022. Par suite, le titre exécutoire attaqué étant dépourvu de base légale, Mme A est fondée à en demander l'annulation.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête soulevés à l'appui des conclusions dirigées contre l'avis des sommes à payer du 20 octobre 2021 d'un montant de 2 959,49 euros, que cet avis des sommes à payer doit être annulé.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de Mme A aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bondy, partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros à verser à

Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 29 septembre 2021 et la décision implicite rejetant la demande de Mme A d'un congé de longue maladie.

Article 2 : L'avis des sommes à payer n° 1219 du 20 octobre 2021 est annulé.

Article 3 : La commune de Bondy versera la somme de 1 500 euros à Mme A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au maire de la commune de Bondy.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Deniel, présidente,

Mme Bazin, conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

La rapporteure,La présidente,SignéSigné B. BiscarelC. Deniel La greffière,SignéA. Capelle

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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