vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2115946 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 novembre 2021 et 20 mai 2022, M. C D et Mme B A épouse D, représentés par Me Pierre, demandent au Tribunal :
1°) de condamner l'Etat, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à leur verser la somme provisionnelle de 155 708, 99 euros au titre des préjudices subis en raison de l'illégalité fautive des décisions du 10 décembre 2016 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a implicitement refusé de renouveler de leur titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Pierre renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- l'illégalité des décisions implicites du 10 décembre 2016 portant refus de renouvellement de leurs titres de séjour, annulées par un jugement du 19 mars 2019 du tribunal administratif de Montreuil, sont constitutives d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat à leur égard ;
- cette illégalité fautive est la cause directe et certaine :
o du préjudice financier d'un montant de 77 667 euros correspondant à la perte de chance sérieuse de M. D d'achever sa formation de concepteur développeur informatique et de trouver un emploi dans ce secteur d'activité ;
o à tout le moins, du préjudice matériel d'un montant de 32 425, 38 euros résultant de l'absence de versement de l'allocation de retour à l'emploi à M. D ;
o du préjudice financier d'un montant de 15 792, 35 euros correspondant à la perte de salaire de Mme D ;
o du préjudice financier résultant du non-versement de l'allocation adulte handicapé, de l'allocation d'aide au logement, des allocations familiales, de l'allocation de rentrée scolaire, de l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant et de l'allocation enfant handicapé, entre le mois d'aout 2017 et le mois de juillet 2019 ;
o d'un préjudice moral et de troubles dans leurs conditions d'existence ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient :
- que l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour n'est pas fautive ;
- que les préjudices évoqués par les requérants ne remplissent pas les conditions du préjudice réparable.
M. et Mme D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 octobre 2021.
La clôture de l'instruction a été fixée au 7 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les demandes de référé prévues au livre V du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D sont des ressortissants ghanéens respectivement entrés sur le territoire français en 2001 et 2005, qui ont bénéficié, s'agissant de Mme D, d'un titre de séjour pour motif de santé à compter du 6 juin 2008, par la suite régulièrement renouvelé, et, s'agissant de M. D, d'un titre de séjour en qualité d'accompagnateur de son épouse malade à compter du 14 juin 2010, régulièrement renouvelé également à l'instar du titre de son épouse, dont ils ont demandé le renouvellement le 10 août 2016. Le préfet de la Seine-Saint-Denis ayant gardé le silence pendant quatre mois sur leur demande, une décision implicite de rejet est née à l'égard de chacun des deux époux le 10 décembre 2016, les intéressés continuant de bénéficier des effets du récépissé de demande de renouvellement de leur titre jusqu'au 2 juin 2017 pour M. D et jusqu'au 9 août 2017 pour Mme D. Par un jugement n° 1801901-1801955 du 19 mars 2019, le tribunal administratif de Montreuil a annulé ces décisions et a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à M. et Mme D un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. En exécution de ce jugement, le préfet de la Seine-Saint-Denis a délivré à chacun des époux un titre de séjour valable du 26 juillet 2019 au 25 juillet 2020. Après le rejet implicite de leur réclamation préalable reçue le 26 juillet 2021 par la préfecture de Seine-Saint-Denis, M. et Mme D demandent, par la présente requête, au juge des référés sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la réparation des différents qu'ils estiment résulter du non-renouvellement fautif de leurs titres de séjour.
Sur la demande de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui paraît revêtir un caractère de certitude suffisant.
S'agissant de la faute :
3. Pour demander la condamnation de l'Etat au paiement d'une provision, M. et Mme D soutiennent que la responsabilité de ce dernier est engagée du fait de l'illégalité des décisions du 10 décembre 2016 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a implicitement refusé de renouveler leurs titres de séjour, lesquelles ont été annulées par un jugement du tribunal de céans du 19 mars 2019 en raison de l'atteinte disproportionnée portée par ces décisions au droit au respect de leur vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ressort des motifs de ce jugement que la durée de séjour en France des intéressés et l'intensité de leur intégration dans la société française leur permettaient de bénéficier d'un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale. Ce jugement étant devenu définitif, cette illégalité est fautive et de nature à engager la responsabilité de l'Etat à l'égard des époux D à raison des préjudices certains et directs qu'elle a causés. Toutefois, cette faute ne peut faire naître une obligation non sérieusement contestable de l'Etat à l'égard de M. et Mme D que dans la mesure où les préjudices qu'ils invoquent, apparaîtraient, avec un degré suffisant de certitude, comme étant la conséquence directe de cette faute.
S'agissant de la réparation des préjudices subis :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du planning de formation produit par le requérant, que la formation de concepteur développeur informatique, qu'il a débutée le 18 avril 2016, devait s'achever le 21 octobre 2016. En particulier, la période de stage, que M. D soutient n'avoir pu effectuer faute d'être en possession d'un titre de séjour, devait s'accomplir entre le 22 août et le 18 octobre 2016, soit antérieurement à l'intervention de la décision implicite de refus de titre de séjour litigieux du 16 décembre 2016. Dans ces conditions, M. D n'établit pas le lien de causalité entre la non validation de sa formation et le refus de renouvellement de son titre de séjour. Au demeurant, et en tout état de cause, la circonstance que deux camarades de M. D soient parvenu à trouver un emploi à la suite de cette formation n'est pas suffisante pour caractériser la perte de chance sérieuse de M. D de trouver lui-même un emploi à l'issue de cette formation. Par suite, la somme demandée par le requérant au titre de la réparation du préjudice résultant de la perte de chance sérieuse de trouver un emploi ne peut être regardée comme étant non sérieusement contestable.
5. En deuxième lieu, si M. D affirme qu'il n'a pu bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi du fait du non-renouvellement de son titre de séjour, il n'établit pas, par la seule production du courrier de Pôle emploi daté du 2 juin 2017 prononçant sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi au motif de l'absence de titre de séjour, qu'il remplissait l'ensemble des conditions d'éligibilité au versement de cette aide. Par suite, sa demande indemnitaire tendant au remboursement des sommes non perçues à ce titre doit être rejetée.
6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que Mme D a été licenciée le 23 avril 2018 au motif du non-renouvellement de son titre de séjour. La requérante demande le versement d'une somme de 15 792, 35 euros au titre de la réparation du préjudice résultant de la perte de ses salaires, calculée sur la base de la rémunération mensuelle brute de 1 048, 63 euros mentionnée dans son contrat de travail conclu le 29 juin 2015. Il ressort toutefois des bulletins de salaires des mois de janvier 2017 à juin 2018 produits par la requérante que le montant des rémunérations perçues diffère de celui indiqué dans le contrat de travail et est différent est chaque mois, parfois même négatif ou nul, sans que la requérante ne s'en explique, la moyenne mensuelle des rémunérations perçues pour la période citée s'élevant seulement à 676 euros net. Dans ces conditions, la fraction du montant de la provision demandée par Mme D revêtant un caractère suffisamment certain peut être évaluée à la somme de 676 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat.
7. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que, du fait du non renouvellement illégal de son refus de titre de séjour, Mme D, à qui la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées avait accordé, par une décision du 7 décembre 2016, le bénéfice de l'allocation adulte handicapé pour la période comprise entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2019, a été privée de cette allocation entre le mois d'août 2017, à l'expiration de son récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, et le mois de juillet 2019. Il résulte de l'instruction qu'au titre de ces prestations, Mme D avait droit à la somme mensuelle de 810, 89 euros jusqu'au mois de mars 2018, puis à la somme de 819 euros à compter du mois d'avril 2018, compte tenu de la revalorisation de l'allocation adulte handicapé par le décret n° 2018-328 du 4 mai 2018, puis à la somme de 860 euros à compter du mois de novembre 2018, compte tenu de la revalorisation de l'allocation adulte handicapé par le décret n° 2018-948 du 31 octobre 2018. Il suit de là que Mme D est fondée à obtenir le versement de la somme de 19 960, 12 euros au titre de la provision qu'elle sollicite en réparation du préjudice résultant du non versement de cette aide durant vingt-quatre mois.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article D. 512-1 de ce code : " L'étranger qui demande à bénéficier de prestations familiales justifie la régularité de son séjour par la production d'un des titres de séjour ou documents suivants en cours de validité : () 2° Carte de séjour temporaire ; () 4° Récépissé de demande de renouvellement de l'un des titres ci-dessus ; () ".
9. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'attestation établie par le directeur de la caisse d'allocation familiales de Seine-Saint-Denis du 30 mars 2021, que M. et Mme D n'ont plus perçu aucune prestation sociale entre le mois d'aout 2017, durant lequel a expiré le dernier récépissé de demande de titre de séjour de Mme D, et le mois de juillet 2019, à l'issu duquel les requérants ont obtenu la délivrance d'un titre de séjour, alors que les requérants justifient qu'ils percevaient les allocations familiales et l'allocation de logement jusqu'au mois de juillet 2017 et qu'ils ont de nouveau bénéficié de ces aides dès la régularisation de leur séjour en août 2019. Par suite, le lien de causalité entre la suspension du versement de ces aides durant la période d'irrégularité de leur séjour et le non-renouvellement litigieux de leur titre de séjour doit être regardé comme établi.
10. Les requérants percevaient une somme de 222 euros par mois au titre de l'aide au logement avant l'arrêt des versements en août 2017. Si les intéressés se prévalent de ce qu'ils perçoivent, depuis août 2019, un montant de 351 euros au titre de cette aide et soutiennent qu'il y a lieu de prendre en compte cette revalorisation dans le cadre du calcul du montant de leur préjudice, ils ne produisent toutefois aucun élément permettant de déterminer la date à laquelle cette revalorisation devrait être prise en compte. Dans ces conditions, il y a lieu d'évaluer le montant de l'obligation non sérieusement contestable relative à la réparation du préjudice résultant de la perte de l'aide au logement entre aout 2017 et juillet 2019 à la somme de 5 328 euros.
11. Il résulte également de l'instruction que les requérants percevaient une somme de 296, 71 euros au titre des allocations familiales avant la perte de leurs droits en aout 2017. Le montant de ces allocations étant calculé en fonction, notamment, du nombre d'enfants, les requérants sont fondés à se prévaloir de la naissance, le 31 juillet 2017, de leur quatrième enfant, pour le calcul du montant du préjudice résultant du non versement de cette aide entre aout 2017 et juillet 2019. Il s'en suit que les requérants avaient droit à la somme mensuelle de de 463,55 euros jusqu'au mois de mars 2018, puis à la somme de 469,59 euros à compter du mois d'avril 2018 compte-tenu de la revalorisation du montant de cette aide, puis à la somme de 470 euros à compter du mois d'avril 2019 compte-tenu de la nouvelle revalorisation intervenue. Il suit de là que M. et Mme D sont fondés à obtenir le versement de la somme de 11 223,48 euros au titre de la provision qu'ils sollicitent en réparation du préjudice résultant de la perte des allocations familiales.
12. En sixième lieu, compte-tenu, d'une part, de ce que l'attribution de l'allocation de rentrée scolaire est subordonnée à la régularité du séjour de l'étranger qui demande à en bénéficier, en application de l'article D. 512-1 du code de la sécurité sociale cité au point 8, et, d'autre part, de ce qu'il résulte de l'instruction que M. et Mme D, ont pu bénéficier de cette allocation en août 2017 avant l'expiration du récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour de Mme D, et de nouveau en août 2019 après la délivrance de leur titre de séjour, le lien de causalité entre le non-versement de cette aide en août 2018 et le refus illégal de délivrance de titre de séjour opposé aux intéressés doit être regardé comme établi. Dans ces conditions, il y a lieu d'accorder à M. et Mme D, dont deux des quatre enfants ouvraient droit à l'allocation de rentrée scolaire en 2018, une somme de 755,75 euros au titre de la provision qu'ils sollicitent en réparation de ce préjudice.
13. En septième lieu, il résulte de l'instruction que les requérants bénéficient d'un versement mensuel de 184,62 euros au titre de l'allocation de base à taux plein relative à la prestation du jeune enfant, concernant leur enfant né le 31 juillet 2017, depuis la régularisation de leur séjour en août 2019. Il résulte de ce qui a été dit aux points 8 et 9 que le lien de causalité entre le refus illégal de renouvellement de leur titre de séjour et l'absence de versement de cette aide entre le 1er août 2017, date d'expiration du récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour de Mme D, et le 31 juillet 2019 doit être regardée comme établi. Par suite, les requérants sont fondés à demander le versement de la somme de 4 430,88 euros au titre de la provision qu'ils sollicitent en réparation de ce préjudice.
14. En huitième lieu, la seule production de la décision du 5 juin 2020 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées a attribué aux intéressés une allocation d'éducation de l'enfant handicapé au bénéfice de leur fils né 31 juillet 2017, valable du 31 janvier 2020 au 30 janvier 2024, ne permet ni d'établir l'éligibilité de leur enfant à cette aide antérieurement au 31 janvier 2020, ni, en tout état de cause, l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre le refus de titre de séjour litigieux et l'absence de perception de cette aide dès la naissance de l'enfant. Par suite, la somme demandée au titre de la réparation du préjudice résultant du non versement de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé entre le 1er août 2017 et le 31 janvier 2020 ne peut être regardée comme étant non sérieusement contestable.
15. En neuvième lieu, si les requérants soutiennent que les difficultés financières auxquelles ils ont été confrontées suite au non-renouvellement de leur titre de séjour ne leur ont pas permis de payer leur loyer, qu'ils ont été expulsés de leur logement et ont dû débourser des frais de procédure à cet égard, il ressort de l'ordonnance de référé du tribunal d'instance d'Aubervilliers du 26 octobre 2018 que les requérants ont cessé de payer leur loyer en mars 2017, date à laquelle ils étaient en séjour régulier sous couvert d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour. Dans ces conditions, les requérants n'établissent pas l'existence d'un lien de causalité direct entre le refus de titre de séjour litigieux et le préjudice moral ou financier, au demeurant non chiffré, qu'ils estiment résulter du refus de renouvellement de leur titre de séjour.
16. En dernier lieu, M. et Mme D, parents de quatre enfants, qui étaient tous deux en situation régulière depuis respectivement 2010 et 2008 sur le territoire français, ont nécessairement subi un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence du fait de l'illégalité des décisions de refus de renouvellement de leur titre de séjour, dont il sera fait une juste appréciation en évaluant à 4 000 euros la provision qu'il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat au titre de ces chefs de préjudice.
17. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser aux requérants une indemnité provisionnelle d'un montant total de 46 374, 23 euros.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
18. Les requérants ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par décision du 19 octobre 2021. Par suite, leur avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Pierre, de la somme de 1 000 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. et Mme D une somme provisionnelle de 46 374, 23 euros (quarante-six mille trois cent soixante-quatorze euros et vingt-trois centimes).
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : L'Etat versera à Me Pierre, avocate de M. et Mme D une somme de 1 000 euros dans les conditions mentionnées au point 18.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et Mme B A épouse D, à Me Pierre, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 8 juillet 2022.
La juge des référés,
Signé
S. E
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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