jeudi 5 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2117479 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BARATA CHARBONNEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires en réplique, enregistrés les 17 décembre 2021, 4 février et 30 août 2022, la société civile immobilière (SCI) Marly, représentée par Me Charbonnel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2021, par laquelle le maire de la commune des Pavillons-sous-Bois a préempté son bien immobilier situé sur la parcelle cadastrée section K n°71 et K n°127 sis 23 avenue Aristide Briand et 6 rue Georges, sur le territoire de sa commune, ensemble la décision rejetant son recours gracieux formé le 9 septembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune des Pavillons-sous-Bois la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par la maire de la commune, qui n'était pas compétente pour ce faire ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle méconnaît les articles L. 210-1 du code de l'urbanisme en l'absence de projet d'action ou d'opération d'aménagement réel et antérieur et répondant aux objectifs de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 janvier et 28 juillet 2022, la commune des Pavillons-sous-Bois, représentée par Me Henochsberg, conclut, d'une part, au rejet de la requête et, d'autre part, à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public ;
- et les observations de Me Charbonnel, représentant la SCI Marly, et de Me du Besset, représentant la commune.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 15 juillet 2021, la maire de la commune des Pavillons-sous-Bois a exercé le droit de préemption urbain sur un bien immobilier composé des parcelles cadastrées section K n°71 et K n°127 sises 23 avenue Aristide Briand et 6 rue Georges, sur le territoire de sa commune. La SCI Marly, propriétaire de ce terrain, demande au tribunal d'annuler cette décision, ensemble la décision rejetant implicitement son recours gracieux formé le 9 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 211-2 du code de l'urbanisme : " () la compétence () d'un établissement public territorial créé en application de l'article L. 5219-2 du code général des collectivités territoriales () en matière de plan local d'urbanisme, emporte [sa] compétence de plein droit en matière de droit de préemption urbain ". Aux termes de l'article L. 213-3 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le titulaire du droit de préemption peut déléguer son droit à l'État, à une collectivité locale, à un établissement public y ayant vocation ou au concessionnaire d'une opération d'aménagement. Cette délégation peut porter sur une ou plusieurs parties des zones concernées ou être accordée à l'occasion de l'aliénation d'un bien. Les biens ainsi acquis entrent dans le patrimoine du délégataire ". D'autre part, aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, () par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () / 15° D'exercer, au nom de la commune, les droits de préemption définis par le code de l'urbanisme, que la commune en soit titulaire ou délégataire, de déléguer l'exercice de ces droits à l'occasion de l'aliénation d'un bien selon les dispositions prévues à l'article L. 211-2 ou au premier alinéa de l'article L. 213-3 de ce même code dans les conditions que fixe le conseil municipal ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par délibération du 12 juillet 2021, régulièrement publiée et transmise en préfecture le même jour, le président de l'établissement public territorial Grand Paris Grand Est a délégué à la commune des Pavillons-sous-Bois l'exercice du droit de préemption pour le bien litigieux. Il ressort de ces mêmes pièces que par une délibération du 16 novembre 2020, également publiée et transmise en préfecture, le conseil municipal de cette commune a chargé le maire d'exercer ce droit de préemption au nom de la commune. Par suite, la maire de la commune des Pavillons-sous-Bois était compétente pour prendre la décision attaquée, sans que la requérante puisse utilement invoquer la convention d'intervention foncière liant la commune à l'établissement public foncier d'Ile-de-France (EPFIF).
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. ()". Aux termes de l'article L. 300-1 du même code : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le renouvellement urbain, de sauvegarder ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels. "
5. Il résulte de ces dispositions que les collectivités titulaires du droit de préemption urbain peuvent légalement exercer ce droit, d'une part, si elles justifient, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date et, d'autre part, si elles font apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption. En outre, la mise en œuvre de ce droit doit, eu égard notamment aux caractéristiques du bien faisant l'objet de l'opération ou au coût prévisible de cette dernière, répondre à un intérêt général suffisant.
6. D'une part, il ressort des termes de la décision attaquée que pour justifier l'exercice de son droit de préemption, la commune des Pavillons-sous-Bois a relevé l'utilité pour la commune de poursuivre les acquisitions sur le secteur afin de réaliser une " opération mixte comprenant des logements réservés au parc locatif social ", pour laquelle la parcelle limitrophe cadastrée K n°126 avait préalablement été acquise. L'arrêté attaqué précise en outre que l'acquisition s'inscrit dans le projet d'aménagement de la Fourche et a pour but de répondre aux obligations de la commune en matière de logements sociaux. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait méconnu l'exigence de motivation posée par l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le bien préempté se situe dans le secteur de la Fourche, identifié depuis 2012 par la commune comme une zone potentielle pour la construction de logements, ainsi qu'il ressort d'une étude de faisabilité de constructions de logements aux 19-23 avenue Aristide Briand de juin 2012 et d'une étude architecturale portant sur le secteur La Fourche de septembre 2013. En outre, il ressort des pièces du dossier que les parcelles litigieuses ont été identifiées en 2017 par l'EPFIF comme faisant partie d'un secteur pouvant être réaménagé en quartier mixte et sur lequel était prévu un projet de construction de 350 logements et que la parcelle limitrophe, cadastrée K n°126, avait déjà été acquise par la commune. Si la préemption litigieuse n'a pas été réalisée dans le cadre de la convention conclue à cet effet par la commune et l'EPFIF, convention qui, à la date de la décision attaquée, était presque arrivée à son terme et n'avait pas été renouvelée, ces éléments contribuent à établir la réalité et l'antériorité du projet. En outre, la circonstance que le projet ne se situe pas dans l'un des six secteurs à urbaniser visés par les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) définies en 2017 ne permet pas, à elle seule, de démontrer l'absence de réalité ou d'antériorité du projet. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que la commune justifie, à la date de décision attaquée, d'un projet d'aménagement réel au sens des dispositions précitées.
8. Enfin, à supposer que la société requérante ait entendu soulever l'absence d'intérêt général du projet en faisant valoir que celui-ci entraînera la disparition du magasin Proxi qui y est actuellement exploité, il ressort des pièces du dossier que la préemption litigieuse s'inscrit dans une opération de création de logements et pourra, au surplus, comporter, en rez-de-chaussée, l'implantation de surfaces commerciales, Par suite, le projet litigieux répond à un intérêt général suffisant.
9. Il résulte de ce qui vient d'être dit que la SCI Marly n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision contestée.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune des Pavillons-sous-Bois, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SCI Marly réclame au titre des frais de justice. Il n'y a pas non plus lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Marly la somme que la commune demande au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Marly est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune des Pavillons-sous-Bois au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Marly, à la commune des Pavillons-sous-Bois et à M. C A.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure,
Mme Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2023.
La présidente-rapporteure,
K. Weidenfeld
La première assesseure,
I. Jasmin-Sverdlin
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026