lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2117505 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et cinq mémoires, enregistrés les 17 décembre 2021, 6, 8 et 17 mars, 5 avril et 26 juin 2022 M. B A demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2022 par lequel la présidente de l'Université Paris 8 l'a nommé stagiaire dans le corps des maîtres de conférences à compter du 1er septembre 2020, en tant qu'il l'a classé, à compter de cette date, au 6ème échelon de la classe normale de ce corps avec un reliquat d'ancienneté de fonctions de quatre mois et 26 jours ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2022 par lequel la présidente de l'Université Paris 8 a prononcé sa titularisation à compter du 1er septembre 2021, en tant qu'il l'a classé, à cette date, au 6ème échelon de la classe normale du corps des maîtres de conférences avec un reliquat d'ancienneté de fonctions d'un an, quatre mois et vingt-six jours ;
3°) d'enjoindre à l'Université Paris 8 de procéder à son reclassement au 7ème échelon avec un reliquat de cinq mois et dix-neuf jours au 1er septembre 2020, et à son reclassement au 7ème échelon avec un reliquat d'un an, cinq mois et dix-neuf jours au 1er septembre 2021 ou, en cas de prise en compte de son année de service national, de procéder à son reclassement, au 1er septembre 2021, au 7ème échelon avec un reliquat de 2 ans, cinq mois et quinze jours.
4°) de mettre à la charge de l'Université Paris 8 une somme de 2 000 euros au titre des frais d'instance.
Il soutient que :
- l'Université Paris 8 a méconnu les dispositions de l'article 12 du décret du 23 avril 2009 dans le cadre du calcul de sa reprise d'ancienneté concernant ses activités de metteur en scène, assistant mise en scène et comédien, dès lors :
o qu'elle n'a tenu compte que de ses jours de travail effectifs, sans prendre en compte les week-ends et des jours de congés ;
o qu'elle a appliqué le coefficient de réduction de durée prévu par l'article 12 à chaque contrat de travail plutôt qu'à la durée cumulée de tous ses contrats ;
o s'agissant des périodes de cumul d'activité, elle a pris en compte ses activités de doctorant et de maître de conférences associé au titre des articles 8 et 9 du décret du 23 avril 2009, plutôt que celles d'intermittent du spectacle au titre de l'article 12, ce qui l'a défavorisé dans le calcul de sa reprise d'ancienneté ;
- elle a méconnu les dispositions du II de l'article 15 du décret du 23 avril 2009, dès lors qu'elle n'a pas pris en compte la bonification doctorale de deux ans qui lui est applicable ;
- elle a commis une erreur d'appréciation en ne retenant que trois mois d'ancienneté au titre de son activité d'enseignement et de recherche sur le fondement de l'article 10 du décret du 23 avril 2009 ;
- elle a omis de prendre en compte son année de service militaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2022, l'Université Paris 8, représentée par Me Moreau, conclut au rejet de la requête, au motif que ses moyens sont infondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 24 avril 2024.
Sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, une pièce a été demandée à l'Université Paris 8, le 6 mai 2024, pour compléter l'instruction. L'Université Paris 8 a présenté cette pièce le 13 mai 2024, qui a été communiquée au requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du service national ;
- le décret n° 2006-1827 du 23 décembre 2006 ;
- le décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Van Maele ;
- les conclusions de Mme de Bouttemont, rapporteure publique,
- les observations de M. A ;
- les observations de Me Stefanova, représentant l'Université Paris 8.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a effectué, entre 1993 et 2020, une carrière dans le secteur privé en tant qu'artiste metteur en scène, sous le statut d'intermittent du spectacle. A compter du 1er septembre 2020, il a été nommé maître de conférences stagiaire à l'Université Paris 8 dans l'UFR Arts en " art et technologie de l'image ", par un arrêté du 5 juillet 2021 qui, après calcul de sa reprise d'ancienneté, l'a classé au 6ème échelon de la classe normale de ce corps avec un reliquat d'ancienneté de fonctions vingt-six jours. Il a été titularisé à compter du 1er septembre 2021 par un arrêté du 22 novembre 2021 et classé au 6ème échelon avec un reliquat d'ancienneté de fonctions d'un an et vingt-six jours. Par deux arrêtés du 10 mars 2022, qui annulent et remplacent les arrêtés des 5 juillet et 22 novembre 2021, l'administration a corrigé une erreur matérielle afin de prendre en compte quatre mois supplémentaires de reliquat d'ancienneté de fonctions à son bénéfice. M. A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler les arrêtés du 10 mars 2022 en tant qu'ils procèdent à son classement au 6ème échelon et fixent son reliquat d'ancienneté, et d'enjoindre à l'Université Paris 8 de procéder à son reclassement au 7ème échelon avec un reliquat d'ancienneté de fonctions d'un an, cinq mois et quinze jours au 1er septembre 2020, et de deux ans, cinq mois et quinze jours au 1er septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le calcul de la reprise d'ancienneté des activités d'intermittent du spectacle de M. A :
2. Aux termes de l'article 12 du décret du 23 avril 2009 relatif aux règles de classement des personnes nommées dans les corps d'enseignants-chercheurs des établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur, dans sa version alors en vigueur : " Les personnes qui justifient de l'exercice d'une ou plusieurs activités professionnelles accomplies sous un régime juridique autre que celui d'agent public, dans des fonctions et domaines d'activité de niveau et de nature comparables à ceux dans lesquels exercent les membres du corps d'accueil, sont classées lors de leur nomination à un échelon déterminé en prenant en compte ces activités, à raison de la moitié de leur durée jusqu'à douze ans et des deux tiers au-delà de douze ans. / Le niveau des fonctions et le domaine d'activité sont appréciés par le conseil scientifique de l'établissement ou l'organe en tenant lieu. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'Université Paris 8 a pris en compte lors de la nomination de M. A dans le corps des maîtres de conférences, ses activités de metteur en scène, assistant mise en scène et comédien, à hauteur de quatre ans, deux mois et dix-sept jours au titre de la reprise d'ancienneté.
4. M. A soutient que ce calcul est erroné dès lors qu'il ne tient compte que des jours effectivement travaillés, sans prendre en compte les jours de week-end et de congés, et propose à l'appui de son raisonnement une méthode de calcul fondée sur la situation des salarié de droit commun, dont la durée de travail est annualisée.
5. Toutefois, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment du tableau de calcul produit par l'Université, que celle-ci aurait systématiquement retranché les jours de week-end de son calcul. S'il ressort de ce tableau que l'Université n'a pris en compte, concernant certains contrats de travail, qu'un nombre limité de jours de travail et non la totalité de la période considérée, M. A, qui ne produit pas les contrats de travail en cause, n'établit pas que l'administration aurait, ce faisant, inexactement apprécié la durée de travail effective de ses contrats, dérogatoire du droit commun.
6. D'autre part, si le requérant fait valoir que l'Université aurait dû prendre en compte ses jours de " congés spectacle ", en produisant à l'appui de ses allégations les relevés de la caisse des congés spectacle procédant au calcul de ses jours de congés, il résulte de l'instruction que le régime de congés des intermittents du spectacle, dérogatoire du droit commun, ne prévoit pas l'existence de jours de congés en tant que tels, mais a pour objet le versement d'une indemnité, calculée au prorata de la durée totale travaillée sur une année. Compte-tenu des particularités de ce régime, justifié par le caractère temporaire des activités exercées et l'alternance de périodes travaillées et non travaillées pour le compte d'une multitude d'employeurs, et en l'absence de toute disposition prévoyant la prise en compte des " congés spectacle " au titre de la reprise d'ancienneté lors du recrutement dans la fonction publique, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'Université Paris 8 a méconnu les dispositions de l'article 12 du décret du 23 avril 2009 précité en ne comptabilisant pas les jours de " congés spectacles ".
7. En second lieu, aux termes de l'article 8 du décret du 23 avril 2009 susvisé : " Les personnes recrutées dans le corps des maîtres de conférences ou dans l'un des corps assimilés à celui des maîtres de conférences, en application de l'arrêté prévu par l'article 6 du décret du 16 janvier 1992 susvisé, sont classées dans la classe de début de ce corps à un échelon déterminé en prenant en compte la totalité des services effectués en qualité : () 4° De doctorant contractuel des établissements publics d'enseignement supérieur ou de recherche, régi par le décret n° 2009-464 du 23 avril 2009 () ". Aux termes de l'article 9 du même décret : " Lorsque des personnes ont exercé antérieurement à leur nomination dans l'un des corps mentionnés à l'article 1er du présent décret des fonctions en qualité d'enseignant associé en application du décret du 17 juillet 1985 susvisé, du décret du 6 mars 1991 susvisé et du décret du 20 septembre 1991 susvisé, la durée de ces fonctions est prise en compte en totalité pour le classement dans le corps de niveau correspondant. ". Aux termes du I de l'article 15 du même décret, dans sa version alors en vigueur : " Lorsque les personnes nommées en application des articles ci-dessus peuvent se prévaloir des dispositions des articles 4 à 12 du présent décret, ces dispositions sont cumulables, sous réserve que ces services n'aient pas déjà été pris en compte lors de l'accès initial à un corps de fonctionnaire. / Pour l'application du présent décret : () 2° Une même période ne peut donner lieu à prise en compte qu'une seule fois ; / () ".
8. Il résulte des dispositions précitées qu'une même période ne peut donner lieu à prise en compte qu'une seule fois, pour le calcul de la reprise d'ancienneté. Il ressort des pièces du dossier que l'administration a pris en compte pour le calcul de l'ancienneté de M. A, la totalité des deux années qu'il a effectuées au sein de l'Université en qualité de doctorant entre novembre 1993 et octobre 1995, sur le fondement de l'article 8 du décret du 23 avril 2009 précité, et la totalité des six années qu'il a effectuées en qualité de maître de conférences associé entre septembre 2013 et août 2019, sur le fondement de l'article 9 du même décret. M. A soutient que l'Université aurait plutôt dû prendre en compte, au titre de ces périodes, ses activités d'intermittent du spectacle sur le fondement de l'article 12 dudit décret. Il fait valoir que, de cette façon, il aurait atteint les douze ans d'ancienneté de service, ce qui lui aurait permis de bénéficier d'une reprise des deux tiers de sa durée d'activité, au lieu de seulement la moitié.
9. Toutefois, il résulte des dispositions de l'article 12 du décret du 23 avril 2009 précitées que seule la période d'activité exercée au-delà de douze années doit être comptabilisée à hauteur des deux tiers de sa durée, et non, comme le soutient M. A, l'ensemble du temps travaillé sous condition qu'il atteigne douze années. En tout état de cause, le requérant n'établit pas de manière probante que la prise en compte de ses contrats d'intermittent du spectacle pour les périodes mentionnées au point 7, lui aurait, à elle seule, permis d'atteindre une ancienneté de douze ans d'activité en qualité d'intermittent du spectacle. Enfin, il résulte de l'instruction que l'application des articles 8 et 9 faite par l'administration lui était plus favorable, dès lors qu'elle a permis la prise en compte de la totalité des services effectués par le requérant durant les périodes considérées. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'administration a fait une inexacte application des dispositions citées aux points 2 et 7 en lui appliquant les dispositions plus favorables des articles 8 et 9 du décret du 23 avril 2009 pour le calcul de sa reprise d'ancienneté au titre de ses périodes de cumul d'activité.
10. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à se prévaloir d'une durée d'exercice supérieure à douze ans au titre de ses activités professionnelles accomplies en qualité d'intermittent du spectacle. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration aurait méconnu les dispositions, citées au point 2, de l'article 12 du décret du 23 avril 2009 en ne prenant en compte, pour chaque contrat de travail produit par l'intéressé, que la moitié de leur durée d'activité, doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration a entaché d'erreur le calcul de sa reprise d'ancienneté correspondant à ses activités de metteur en scène, assistant mise en scène et comédien.
En ce qui concerne l'absence de prise en compte de la bonification doctorale :
12. Aux termes du II de l'article 15 du décret du 23 avril 2009, dans sa version alors en vigueur : " Lorsque la période de préparation du doctorat, du doctorat d'Etat, du doctorat de troisième cycle, du diplôme de docteur ingénieur ou de diplômes universitaires, qualifications et titres français ou étrangers de niveau jugé équivalent par le conseil scientifique de l'établissement, ou l'organe en tenant lieu, n'a pas été accomplie sous contrat de travail et qu'elle n'a pas été prise en compte en application des dispositions du présent décret, elle ouvre droit à une bonification d'ancienneté de deux ans pour l'accès au corps des maîtres de conférences ou pour l'accès à l'un des corps assimilés à celui des maîtres de conférences, en application de l'arrêté prévu par l'article 6 du décret du 16 janvier 1992 susvisé ".
13. En l'espèce, il est constant que M. A a bénéficié pendant la période de préparation de son doctorat d'un contrat de doctorant entre le 1er novembre 1993 et le
31 octobre 1995 et que ses services en qualité de doctorant contractuel ont été pris en compte pour la détermination de son classement dans le corps des maîtres de conférences à hauteur de deux années. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la période de préparation de son doctorat lui ouvre également droit à une bonification d'ancienneté de deux ans, ce quand bien même il n'aurait soutenu sa thèse qu'en février 2001.
En ce qui concerne le calcul la reprise d'ancienneté au titre de l'activité exercée dans le cadre de son contrat Enseignement Recherche (CER) :
14. Aux termes de l'article 10 du décret du 23 avril 2009 susvisé : " Les personnes nommées dans l'un des corps mentionnés à l'article 1er du présent décret qui antérieurement à leur nomination avaient la qualité d'agent non titulaire de l'Etat, des collectivités locales ou de leurs établissements publics, autres que celles mentionnées aux articles 4, 5, 6, 7, 8 et 9 ci-dessus, sont classées à l'échelon de la classe de début de ce corps ou éventuellement de la classe de ce corps au titre duquel un recrutement a été ouvert. Ce classement est déterminé en prenant en compte, sur la base des durées de service fixées pour l'avancement à l'ancienneté dans chacun des échelons de ce corps, une fraction de l'ancienneté de service dans les conditions prévues aux 1°, 2° et 3° du I et au II de l'article 7 du décret du 23 décembre 2006 susvisé ". Aux termes de l'article 7 de ce décret : " I. - Les agents qui justifient de services d'agent public non titulaire autres que des services d'élève ou de stagiaire, ou de services en tant qu'agent d'une organisation internationale intergouvernementale, sont classés à un échelon déterminé en prenant en compte une fraction de leur ancienneté de services publics civils dans les conditions suivantes : / 1° Les services accomplis dans des fonctions du niveau de la catégorie A sont retenus à raison de la moitié de leur durée jusqu'à douze ans et des trois quarts de cette durée au-delà de douze ans ; / () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que l'administration a pris en compte, pour la détermination du classement de M. A dans le corps des maîtres de conférences, sur le fondement des dispositions de l'article 10 précité, l'activité qu'il a exercée dans le cadre d'un contrat d'enseignement et de recherches (CER) conclu à temps partiel (50%) avec l'Université paris 8 entre le 1er septembre 2019 et le 31 août 2020, à hauteur de trois mois, soit la moitié de la durée d'activité correspondant à six mois à temps plein. Si le requérant soutient que ce contrat avait été conclu pour une activité à temps complet et non, comme indiqué dans le tableau de calcul de l'administration, à temps partiel, et produit à cet égard ses fiches de paie faisant état d'un volume horaire de 151 heures, il résulte des mentions même de ce contrat, produit en défense par l'Université, qu'il a été conclu pour une activité exercée à 50% et pour une rémunération correspondant à l'indice 397. Il résulte en outre des explications de l'administration, non contestées par le requérant, que la mention d'un volume horaire de 151 heures mensuelles dans les bulletins de salaire de l'intéressé n'est qu'une formalisation de la trésorerie pour déterminer le taux horaire de l'activité mais ne correspond pas à la durée de travail réellement effectuée, tandis que les bulletins de salaire mentionnent l'indice 397 dans la case " indice ou nombre d'heures ", lequel correspond bien à un temps partiel. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'Université aurait commis une erreur en se fondant, pour calculer la durée de sa reprise d'ancienneté, sur un contrat d'enseignement et de recherches conclu à temps partiel (50%).
En ce qui concerne l'absence de prise en compte du service militaire :
16. Aux termes de l'article L. 63 du code du service national : " () Le temps de service national actif est compté, dans la fonction publique, pour sa durée effective dans le calcul de l'ancienneté de service exigée pour l'avancement et pour la retraite () ".
17. M. A, qui soutient que l'administration a omis de prendre en compte la durée de son service national au titre de la reprise d'ancienneté, doit être regardé comme invoquant la méconnaissance des dispositions de l'article L. 63 du code du service national.
18. Il ressort des pièces du dossier que M. A justifie avoir accompli son service national du 6 août 1991 au 1er août 1992, soit un période de onze mois et vingt-six jours qui devait, en application des dispositions précitées, faire l'objet d'une reprise. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que les arrêtés attaqués sont entachés d'une erreur d'appréciation en tant qu'ils omettent de prendre en compte son service national.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation des arrêtés attaquées en tant qu'ils ne prennent pas en compte, à leur article 2, la durée de son service national au titre de la reprise d'ancienneté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. L'exécution du présent jugement implique seulement que l'Université Paris 8 réexamine la situation de M. A en prenant en compte son service national, conformément au point 17 du présent jugement. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à l'Université d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
21. M. A qui a présenté sa requête sans avocat, ne justifie pas de frais liés au litige. Ses conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent par suite être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du 10 mars 2022, par lesquels l'Université Paris 8 a nommé M. A en qualité de stagiaire puis de titulaire dans le corps des maîtres de conférences, sont annulés en tant qu'ils ne prennent pas en compte, à leur article 2, la durée du service national de M. A au titre de la reprise d'ancienneté.
Article 2 : Il est enjoint à l'Université Paris 8 de procéder au réexamen de la situation administrative de M. A, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, en prenant en compte son service national.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Université Paris 8.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Van Maele, première conseillère,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juin 2024.
La rapporteure,
S. Van Maele
La présidente,
N. Ribeiro-Mengoli La greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026