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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2117699

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2117699

vendredi 8 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2117699
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème chambre
Avocat requérantPEIFFER DEVONEC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 décembre 2021 et 10 mars 2022, M. A D, représenté par Me Peiffer-Devonec, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou à défaut " salarié " dans un délai d'un mois, ou à défaut, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le refus de titre de séjour est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen complet de sa demande ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée de l'illégalité du refus de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation de celle-ci ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée de l'illégalité de la mesure d'éloignement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 juin 2022 :

- le rapport de M. E,

- et les observations de Me Peiffer-Devonnec, pour le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant ivoirien né le 24 janvier 2000 et entré en France en novembre 2016, s'est vu remettre le 28 septembre 2018 une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " renouvelée jusqu'au 31 décembre 2020, avant d'être reçu le 20 janvier 2021 par les services de la préfecture afin de présenter une demande de carte de séjour temporaire sur un fondement distinct. Il demande dans le dernier état de ses écritures l'annulation de l'arrêté du 16 février 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " présentée sur le fondement des dispositions désormais codifiées à l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'a obligé à quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que par courrier reçu le 21 décembre 2020, M. D a demandé la délivrance d'une carte de séjour temporaire sur le fondement des dispositions désormais codifiées aux articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non sur le fondement de celles de l'article L. 421-1 dont il ne soutient d'ailleurs pas remplir les conditions. Le requérant allègue par ailleurs sans être contredit avoir réitéré les termes de sa demande lors de son rendez-vous au guichet le 20 janvier 2021. Dans ces conditions, il est fondé à soutenir qu'en n'examinant pas sa demande de titre de séjour au regard de ces dispositions, le préfet n'a pas examiné l'ensemble de celle-ci et ainsi commis une erreur de droit.

3. Il résulte de ce qui précède que M. D est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 février 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

4. L'exécution du présent jugement implique que le préfet de la Seine-Saint-Denis réexamine la demande de titre de séjour de M. D. Il y a lieu de faire application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, et de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au profit de M. D au titre des frais liés au litige.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 16 février 2022 du préfet de la Seine-Saint-Denis est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la demande de titre de séjour de M. D dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera à M. D la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2022 à laquelle siégeaient :

M. Hoffmann, président du tribunal,

M. Le Garzic, vice-président,

Mme Van Maele, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.

Le président,

Signé

M. C

Le rapporteur,

Signé

P. E

La greffière,

Signé

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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