mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2200013 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BOUSSOUM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 2 janvier 2022, 11 avril 2024 et
29 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Boussoum, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Sevran à lui verser la somme de 21 200 euros en réparation de ses préjudices résultant d'une promesse d'embauche non tenue et d'assortir cette somme des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sevran une somme de 3 920 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la commune a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne respectant pas la promesse d'embauche qu'elle lui a formulée ;
- elle a subi un préjudice financier, en raison d'une perte de revenus et de l'engagement de frais d'avocat, à hauteur de 15 845,98 euros ainsi que de troubles dans ses conditions d'existence et d'un préjudice moral évalué à la somme de 5 354,02 euros.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 13 octobre 2022, 15 avril 2024 et 10 mai 2024, la commune de Sevran conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une lettre en date du 27 mars 2024, les parties ont été informées que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience au cours des mois de septembre ou octobre 2024 et que la clôture de l'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 12 avril 2024.
Par une ordonnance du 24 mai 2024, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée.
Par une lettre du 22 août 2024, des pièces ont été demandées à Mme B en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative. Ces pièces et un mémoire ont été produits et communiqués le 27 août suivant.
Mme B a produit des pièces le 13 septembre 2024 qui n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Therby-Vale, rapporteure ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- et les observations de Me Boussoum pour Mme B et de Me Derridj pour la commune de Sevran.
La commune de Sevran a produit une note en délibéré enregistrée le 20 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a présenté le 26 août 2020 une candidature spontanée pour occuper le poste d'adjoint territorial du patrimoine des bibliothèques municipales au sein de la commune de Sevran. Mme B a été convoquée à un entretien et par une lettre du 13 octobre 2020, elle a été informée que sa candidature était retenue. Aucune suite n'ayant été donnée à cette lettre, l'intéressée a présenté une demande indemnitaire qui a été rejetée par la commune le
3 novembre 2021. Mme B demande au tribunal à lui verser la somme de 21 200 euros en réparation de ses préjudices résultant d'une promesse d'embauche non tenue et d'assortir cette somme des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité :
2. Une promesse non tenue, constituée par un engagement ferme, précis et inconditionnel, fut-il illégal, constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la personne publique qui l'a commise, pour autant que cette faute ait été à l'origine d'un préjudice direct et certain. Si la responsabilité de l'administration est susceptible d'être retenue en cas de promesse non tenue, il appartient au demandeur de démontrer l'existence d'un engagement ferme et précis qui n'aurait pas été respecté à son égard.
3. En l'espèce, Mme B a adressé le 26 août 2020 au maire de la commune de Sevran une candidature spontanée pour occuper le poste d'adjoint du patrimoine de la bibliothèque Albert Camus. L'intéressée a été reçue en entretien le 1er octobre 2020 par trois agents communaux, dont l'assistante du pôle recrutement de la direction des ressources humaines de la collectivité. Il résulte de l'instruction que par deux courriels du 13 octobre 2020, cette assistante lui a indiqué de manière claire et non équivoque qu'au regard de la qualité de son entretien, sa candidature était retenue pour le poste d'adjoint au patrimoine. A cet effet,
Mme B a été invitée à constituer son dossier administratif et il lui a été indiqué que la prise de poste se ferait certainement le 2 novembre suivant, bien que cette date soit à confirmer. Cette promesse d'embauche a été confirmée deux jours plus tard, le 15 octobre 2020, par le même agent qui a relancé l'intéressée pour que son dossier de recrutement soit complété. Bien que l'intéressée ne puisse se prévaloir d'un droit à être recruté pour pourvoir le poste en cause, eu égard à leur contenu suffisamment fermes et précis, ces courriels sont constitutifs d'une promesse d'embauche à l'égard de Mme B. Dès lors, en ne respectant pas son engagement, la commune de Sevran a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
En ce qui concerne les préjudices :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, le 16 octobre, Mme B a démissionné à compter du 1er novembre 2020 des fonctions d'assistante d'éducation du collège Georges Brassens qu'elle occupait depuis le 1er septembre 2020. Si Mme B demande la réparation du préjudice financier résultant de la perte de salaires provoqué par cette démission, il résulte de l'instruction que ce préjudice n'est pas en lien avec l'illégalité commise par la commune, mais avec sa propre imprudence et précipitation à présenter sa démission de ce contrat, et dans le fait ne pas avoir cherché à revenir sur la démission qu'elle avait présentée. En effet, il résulte de l'instruction que l'assistante de la direction des ressources humaines de la commune a dès le 13 octobre 2020 précisé à Mme B que la date de début de mission n'était pas encore précisée, qu'elle interviendrait sûrement le 2 novembre 2020 mais qu'il lui fallait attendre que les services de la commune reviennent vers elle pour confirmer cette date. Or, sans attendre de précision sur la date de début d'entrée en fonction, dès le 16 octobre 2020,
Mme B a démissionné de ses fonctions au collège Georges Brassens à compter du
2 novembre 2020. Par ailleurs, alors que la commune ne lui a pas indiqué de date de prise de fonctions, la requérante n'a jamais cherché à revenir sur sa démission. Dans ces conditions, le chef de préjudice allégué par Mme B relatif à la perte de salaires du fait de la rupture de son contrat passé avec le collège Georges Brassens ne peut donner lieu à réparation.
5. En deuxième lieu, Mme B demande l'indemnisation du préjudice financier résultant de la perte de chance d'obtenir une rémunération de 1 269,78 euros mensuels durant une année en qualité d'adjointe au patrimoine. Toutefois, d'une part, le préjudice financier direct et certain provoqué par la promesse non tenue par la commune n'est pas constitué par l'avantage dont elle a été privée, et d'autre part, au surplus, il ne résulte pas de l'instruction que l'emploi qui lui a été proposé correspondait à une rémunération mensuelle égale à 1 269,78 euros.
6. En troisième lieu, lorsque les frais d'avocat exposés lors de la procédure de règlement amiable sont utiles, le lien entre la faute commise et ces dépenses doit être regardé comme direct. En l'espèce, la requérante produit une facture, d'un montant de 1 200 euros émanant de son avocat au titre des frais d'introduction d'une demande indemnitaire. Cette demande présentée le 30 août 2021 a eu pour seul objet de lier le présent contentieux et ne constitue donc pas des frais précontentieux tendant à un règlement amiable du litige. Dès lors, le préjudice né de la rédaction de la demande indemnitaire préalable adressée au défendeur est intégralement réparé par la décision prise par le présent jugement sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
7. En quatrième lieu, Mme B allègue avoir subi un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence. Elle fait valoir qu'en raison de son handicap, elle n'est parvenue à retrouver un emploi qu'en février 2021 et que confrontée à des difficultés financières, elle a été contrainte d'emménager chez ses parents. Ces préjudices ne résultent néanmoins pas de l'instruction dès lors que l'intéressée a toujours justifié de la même adresse au sein de la commune de Champs-sur-Marne et que Mme B ne justifie pas dans la présente instance de ses difficultés à retrouver un emploi. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par Mme B à ce titre doivent être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à l'application d'intérêts au taux légal et leur capitalisation et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Sevran.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Deniel, présidente,
- Mme Therby-Vale, première conseillère,
- Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,La présidente,E. Therby-ValeC. DenielLa greffière,SignéA. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026