lundi 13 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2200658 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | NOMOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement les 14 janvier et 17 octobre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Groupe Matfer Bourgeat, représentée par Me Nomos, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction, en droits et pénalités, de la taxe sur les salaires à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle doit être regardée comme disposant de deux secteurs d'activité, mettant en œuvre des cycles distincts d'opérations, constitués de ses activités de prestation de service et de celles financières ; la taxe sur les salaires ne saurait être appliquée au personnel exclusivement affecté au secteur " prestations de services " et ne peut trouver à s'appliquer qu'au personnel " mixte ", affecté à l'ensemble de ses activités ; cette sectorisation avait précédemment été admise par l'administration ; rien n'impose la tenue préalable d'une comptabilité distincte, ainsi que cela résulte de la jurisprudence et du §130 de la doctrine référencée BOI-TVA-DED-20-20-20140513 ; rien n'impose non plus l'affectation exclusive de salariés au secteur financier ; les éléments produits procédant de son résultat financier permettent de faire apparaître distinctement les données comptables propres à chaque secteur ; en application de la doctrine référencée BOI-TPS-TS-20-30 §195, l'assiette de la taxe sur les salaires doit nécessairement être limitée aux seuls personnels communs à ses deux secteurs d'activité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Nguër, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Matfer Bourgeat, société holding détenant des participations au sein du groupe Matfer Bourgeat, spécialisé dans les équipements pour cuisines et laboratoires professionnels, exerce, d'une part, une activité de prestation de services au profit des sociétés du groupe, soumise à la taxe sur la valeur ajoutée, et, d'autre part, une activité de placement et mise à disposition de sommes d'argent rémunérées par des intérêts ou des distributions de dividendes. Elle a fait l'objet d'un contrôle sur pièces à l'issue duquel elle a été assujettie à des cotisations de taxe sur les salaires au titre des années 2014, 2015 et 2016. Elle demande au tribunal la réduction, en droits et pénalités, de ces impositions supplémentaires.
Sur l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 231 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux années en litige : " Les sommes payées à titre de rémunérations aux salariés, à l'exception de celles correspondant aux prestations de sécurité sociale versées par l'entremise de l'employeur, sont soumises à une taxe égale à 4,25 % de leur montant évalué selon les règles prévues à l'article L. 136-2 du code de la sécurité sociale, sans qu'il soit toutefois fait application du deuxième alinéa du I et du 6° du II du même article. Cette taxe est à la charge des entreprises et organismes qui emploient ces salariés, () qui paient ces rémunérations lorsqu'ils ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée ou ne l'ont pas été sur 90 % au moins de leur chiffre d'affaires au titre de l'année civile précédant celle du paiement desdites rémunérations. L'assiette de la taxe due par ces personnes ou organismes est constituée par une partie des rémunérations versées, déterminée en appliquant à l'ensemble de ces rémunérations le rapport existant, au titre de cette même année, entre le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la taxe sur la valeur ajoutée et le chiffre d'affaires total. () ".
3. Lorsque les activités d'une entreprise sont, pour l'exercice de ses droits à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée, réparties en plusieurs secteurs distincts au sens de l'article 209 de l'annexe II au code général des impôts, la taxe sur les salaires doit être déterminée par secteur, en appliquant aux rémunérations des salariés affectés spécifiquement à chaque secteur le rapport d'assujettissement propre à ce secteur. Toutefois, la taxe sur les salaires des personnels concurremment affectés à plusieurs secteurs doit être établie en appliquant à leurs rémunérations le rapport existant pour l'entreprise dans son ensemble entre le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la taxe sur la valeur ajoutée et le chiffre d'affaires total.
4. Il est constant que la SAS Matfer Bourgeat, bien que redevable partielle de la taxe sur la valeur ajoutée à raison du produit de ses seules opérations non financières, n'a pas, durant les années en litige, constitué de secteurs distincts d'activité pour l'exercice de ses droits à déduction de cette taxe. Si cette circonstance ne fait pas obstacle à ce qu'elle fasse valoir que certains des salaires qu'elle a versés correspondent à des activités non soumises à la taxe sur la valeur ajoutée, il lui appartient néanmoins d'établir la nature exacte des activités des salariés en cause.
5. La SAS Matfer Bourgeat fait valoir que la comptabilité des opérations du secteur financier était réalisée en externe par un cabinet d'expertise comptable, qu'aucun de ses salariés n'était affecté exclusivement au secteur financier, que seule l'une d'entre eux recrutée en qualité d'assistante de direction était affectée concurremment à ses activités de prestation de service et à ses activités financières et qu'en conséquence seuls les salaires versés à cette dernière doivent être inclus dans l'assiette de la taxe sur les salaires due par la société au titre des années 2014 à 2016. Toutefois, elle n'en justifie pas en se bornant à produire le seul contrat de travail signé par l'assistante de direction, qui ne détaille pas ses missions, les bulletins de paie de ses autres salariés au titre de l'année 2017, des extraits de son grand livre retranscrivant les comptes de produits et de charges financiers au titres des années en litige ainsi que la convention de gestion centralisée de trésorerie du 1er avril 2012, confiant au demeurant à la société requérante une pluralité de missions financières incluant l'utilisation des excédents de trésorerie de certaines sociétés du groupe pour financer les besoins d'autres sociétés du groupe, l'obtention auprès des banques des ressources nécessaires pour satisfaire les besoins de trésorerie des sociétés du groupe et la négociation auprès des banques des meilleures conditions applicables aux opérations courantes du groupe ainsi que l'obtention des banques des meilleures conditions de rémunération des placements ou des dépôts de leurs excédents de trésorerie. Dès lors, la SAS Matfer Bourgeat n'établit pas, même rétroactivement, la sectorisation de son activité, lui permettant de calculer ainsi la taxe sur les salaires dont elle était redevable selon des activités distinctes.
Sur l'interprétation administrative de la loi fiscale :
6. En premier lieu, la société requérante n'est pas fondée à invoquer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, l'instruction référencée BOI-TPS-TS-20-30 § 195 ni, en tout état de cause, celle référencée BOI-TVA-DED-20-20-20140513 § 130, dès lors qu'elles ne font pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle dont il est fait application dans le présent jugement.
7. En second lieu, la seule circonstance que l'administration, à l'occasion d'une vérification de comptabilité portant sur la période 2009 à 2011, a inclus dans l'assiette de la taxe sur les salaires uniquement ceux versés au directeur de la société requérante est sans incidence sur le présent litige et ne saurait, en tout état de cause, constituer une prise de position formelle opposable à l'administration sur le fondement de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Matfer Bourgeat n'est pas fondée à demander la réduction de la taxe sur les salaires mise à sa charge au titre des années 2014, 2015 et 2016. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent aussi être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Matfer Bourgeat est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Matfer Bourgeat et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 16 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
Mme A et Mme B, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2025.
La rapporteure,
S. A
Le président,
J. Charret
La greffière,
L. Valcy
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, et au ministre chargé du budget et des comptes publics, chacun en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026