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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2201137

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2201137

jeudi 4 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2201137
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation9ème chambre (J.U)
Avocat requérantSELARL VERPONT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 24 janvier 2022, 11 juin 2023 et 25 septembre 2023, M. F D et Mme A B, représentés par Me Lienard-Leandri, demandent au tribunal :

1°) de condamner la commune de L'Ile-Saint-Denis à leur verser une indemnité de 57 509,87 euros en réparation des préjudices résultant de l'arrêté du 15 janvier 2019 déclarant l'état de péril imminent d'un immeuble situé 5 place de la Libération dans cette commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune de L'Ile-Saint-Denis une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- en ce qui concerne la faute : l'arrêté du 15 janvier 2019 est illégal en ce que les prescriptions qu'il édicte ne relèvent pas de la procédure de péril imminent et méconnaissent ainsi l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation ; le refus de prononcer la mainlevée de l'arrêté du 15 janvier 2019 est entaché d'erreur de droit au regard des articles L. 511-2 et L. 511-3 du même code et d'erreur manifeste d'appréciation ; l'administration a tardé à prononcer cette mainlevée, alors qu'ils avaient fait réaliser les travaux prescrits, que certains travaux n'étaient pas exigés et que les occupants ont pu réintégrer leur logement le 8 février 2019 ; ce retard résulte d'une manœuvre des services municipaux visant à empêcher la levée du péril imminent ;

- en ce qui concerne les préjudices qu'ils ont subi ; ils sont la conséquence directe du refus de la commune de procéder à la mainlevée de l'arrêté de péril imminent ainsi que des décisions abusives prises par le directeur du patrimoine et du cadre de vie de la commune ; leurs préjudices doivent être réparés par l'octroi d'une indemnité de 27 509,87 euros en ce qui concerne le préjudice matériel et d'une indemnité de 30 000 euros en ce qui concerne le préjudice moral.

Par des mémoires en défense enregistrés les 25 avril 2023 et 30 juin 2023, la commune de L'Ile-Saint-Denis, représentée par Me Gauch, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'exception d'illégalité de l'arrêté du 15 janvier 2019 est tardive ;

- elle n'a commis aucune faute susceptible d'engager sa responsabilité et la mainlevée de l'arrêté du 15 janvier 2019 n'est pas intervenue tardivement ;

- à supposer cet arrêté illégal, il n'existe aucun lien direct et certain entre les préjudices invoqués et cette illégalité ;

- à supposer que la gestion du dossier de péril de l'immeuble soit fautive, les requérants ne justifient pas de préjudices indemnisables ;

- à titre subsidiaire, les montants des préjudices invoqués sont excessifs.

Par une ordonnance du 8 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 25 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. E en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les conclusions de M. Combes, rapporteur public,

- et les observations de Me Lienard-Leandri, représentant les requérants, et de Me Rasamoelina, représentant la commune de L'Ile-Saint-Denis.

Une note en délibéré présentée pour les requérants a été enregistrée le 22 décembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. D est le propriétaire d'un immeuble d'habitation situé 5 place de la Libération dans la commune de L'Ile-Saint-Denis (93450), qui est divisé en deux logements aménagés, l'un, entièrement dans le bâtiment principal jouxtant la voie publique et, l'autre, dans la partie arrière de ce bâtiment et de son extension. Cet immeuble a fait l'objet le 15 janvier 2019, en ce qui concerne ce second logement, d'un arrêté de péril imminent prononcé par le maire de cette commune. Par un arrêté du 13 janvier 2020 le maire de la commune de L'Ile-Saint-Denis a prononcé la mainlevée de l'arrêté du 15 janvier 2019. M. D et Mme B demandent au tribunal de condamner la commune de L'Ile-Saint-Denis à leur verser une somme de 57 509,87 euros, comprenant une indemnité de 27 509,87 euros en réparation de leur préjudice financier et une indemnité de 30 000 euros en réparation de leur préjudice moral.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne les fautes alléguées :

2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au litige : " Le maire peut prescrire la réparation ou la démolition des murs, bâtiments ou édifices quelconques lorsqu'ils menacent ruine et qu'ils pourraient, par leur effondrement, compromettre la sécurité ou lorsque, d'une façon générale, ils n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité publique, dans les conditions prévues à l'article L. 511-2. Toutefois, si leur état fait courir un péril imminent, le maire ordonne préalablement les mesures provisoires indispensables pour écarter ce péril, dans les conditions prévues à l'article L. 511-3. () ". Aux termes de l'article L. 511-3 du même code : " En cas de péril imminent, le maire, après avertissement adressé au propriétaire, demande à la juridiction administrative compétente la nomination d'un expert qui, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa nomination, examine les bâtiments, dresse constat de l'état des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril s'il la constate. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire ordonne les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité, notamment, l'évacuation de l'immeuble () ".

3. Il résulte de ces dispositions que, si le maire peut ordonner la démolition d'un immeuble en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation, après accomplissement des formalités qu'il prévoit, il doit, lorsqu'il agit sur le fondement de l'article L. 511-3 afin de faire cesser un péril imminent, se borner à prescrire les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité. En présence d'une situation d'extrême urgence créant un péril particulièrement grave et imminent qui exige la mise en œuvre immédiate d'une mesure de démolition, le maire ne peut l'ordonner que sur le fondement des pouvoirs de police générale qu'il tient des dispositions des articles L. 2212-2 et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales. Un arrêté ordonnant la démolition d'un immeuble sur le fondement de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation est entaché d'une illégalité qui touche au champ d'application de la loi. En outre, les pouvoirs de police reconnus au maire par le code général des collectivités territoriales, qui s'appliquent dans l'hypothèse où le danger menaçant un immeuble résulte d'une cause qui lui est extérieure, sont distincts des procédures de péril ou de péril imminent régies par les articles L. 511-1 à L. 511-4 du code de la construction et de l'habitation auxquels renvoie l'article L. 2213-24 du code général des collectivités territoriales, qui doivent être mises en œuvre lorsque le danger provoqué par un immeuble provient à titre prépondérant de causes qui lui sont propres.

4. Il résulte de l'instruction que l'arrêté de péril imminent du 15 janvier 2019 dont l'immeuble mentionné au point 1 a fait l'objet a prescrit, dans un délai de quarante-huit heures, l'évacuation des occupants du logement situé dans la partie arrière de cet immeuble ainsi que la matérialisation d'un périmètre de sécurité par la pose de barrières, dans un délai de vingt jours, la déconstruction de l'extension de l'immeuble correspondant à l'espace de cuisine de ce logement et, dans un délai de deux mois, l'installation de protections électriques indispensables pour assurer la sécurité des occupants. Toutefois, si ces mesures ont été édictées conformément aux conclusions d'un rapport établi le 11 janvier 2019 par un expert désigné par le tribunal administratif de Montreuil en application de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation, qui a constaté l'existence d'un péril grave et imminent résultant d'un risque de rupture du vide sanitaire et de liaison entre l'extension et l'ouvrage principal " entraînant l'effondrement de l'extension et la rupture des réseaux de liaison " ainsi que d'un risque " d'électrocution et d'incendie du fait de l'absence de protection différentielle " et d'un raccordement partiel à la terre, la démolition d'un immeuble comme la mise aux normes d'une installation électrique ne sont pas au nombre des mesures provisoires pouvant être prises sur le fondement de ce texte. Par suite, alors qu'en outre dans son rapport mentionné ci-dessus l'expert a relevé que " l'affaissement des sols au droit de l'angle sud-ouest de l'extension à usage de cuisine " était " sans nul doute, la cause des désordres observés ", en ordonnant cette démolition et ces travaux d'électricité le maire a méconnu le champ d'application des dispositions de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation et, par voie de conséquence, commis une faute susceptible d'engager la responsabilité de la commune.

5. Il résulte de ce qui précède que les travaux illégalement prescrits par l'arrêté de péril imminent du 15 janvier 2019 ne pouvaient faire l'objet d'aucune mesure d'exécution par les services de la commune de L'Ile-Saint-Denis et que le maire de cette commune était tenu de faire droit à la demande de mainlevée de l'arrêté que lui a adressée M. D par un courrier en date du 20 février 2019, en tant qu'elle porte sur les mesures illégalement prescrites. Par suite, en poursuivant l'exécution de ces mesures et en ne procédant à la mainlevée de l'arrêté que par un arrêté du 13 janvier 2020 le maire de la commune de L'Ile-Saint-Denis a commis une faute susceptible d'engager la responsabilité de la commune.

6. Enfin, il résulte de l'instruction que les services de la commune ont exigé la pose d'un garde-corps à la porte-fenêtre du logement frappé par l'arrêté de péril imminent en date du 15 janvier 2019, dès lors que cette ouverture donnant accès à la terrasse surmontant l'extension était devenue inutilisable et dangereuse à la suite de la démolition de cette extension. Toutefois, si la pose d'un tel équipement était indispensable pour assurer la sécurité des occupants des lieux, elle n'était pas prévue par l'arrêté du 15 janvier 2019 et ne pouvait être unilatéralement décidée par la commune en dehors du respect de toute procédure. Par suite, une telle obligation mise à la charge du propriétaire dans ces conditions constitue une faute susceptible d'engager la responsabilité de la commune.

En ce qui concerne les préjudices :

S'agissant des préjudices matériels :

7. En premier lieu, les requérants soutiennent que pour faire héberger les occupants du logement frappé de l'arrêté de péril imminent, ils ont engagé une dépense somme de 1 449 euros pour la location de deux chambres durant deux semaines, alors que ces frais ne pouvaient excéder la somme de 301,90 euros, soit le prix de la location d'une chambre pour une durée d'une semaine. Toutefois, d'une part, ils ne justifient pas qu'ils n'auraient dû ne louer qu'une chambre, alors qu'il résulte de l'instruction que ce logement est de type T3, d'une superficie de 55 m2, comprenant deux chambres et que celui-ci était occupé à la date de l'arrêté du 15 janvier 2019 par sa locataire, Mme C, l'époux et la mère de celle-ci ainsi que deux enfants. Si les requérants allèguent qu'ils ont dû reloger six personnes en faisant valoir que le logement était suroccupé au regard du droit au bail, une telle circonstance, à la supposer établie, ne peut être imputée à la commune de L'Ile-Saint-Denis. D'autre part, il résulte des énonciations non contestées du rapport d'expertise du 11 janvier 2019 mentionné au point 4, que le logement en cause représentait un péril grave et imminent compte tenu du risque d'effondrement de l'extension de l'immeuble qui impliquait l'évacuation à bref délai de ses occupants. Si les requérants allèguent que l'hébergement de ces occupants aurait dû se limiter à une semaine, il ne résulte pas de l'instruction que ces derniers auraient pu matériellement réintégrer les lieux dans un tel délai, alors qu'au demeurant la suppression de l'extension conduisait à priver ce logement de son espace de cuisine. Par suite, la demande de versement par les requérants d'une somme de 1 147,10 euros au titre de frais d'hébergement qu'ils auraient injustement supportés est infondée.

8. En deuxième lieu, les requérants demandent que la commune de L'Ile-Saint-Denis soit condamnée à leur verser une somme de 16 500 euros au titre de la perte de loyers qu'ils ont subie durant une période de douze mois à compter du 8 février 2019. Il résulte de l'instruction que cette somme est calculée sur la base du loyer mensuel d'un montant de 875 euros dû au titre du logement faisant l'objet de l'arrêté de péril imminent du 15 janvier 2019 ainsi que du loyer mensuel de 500 euros dû au titre de l'autre logement du même immeuble également mis en location. Toutefois, il est constant que ce dernier logement n'est pas concerné par l'arrêté de péril mentionné ci-dessus, de sorte que les fautes commises par la commune dans la mise en œuvre de la procédure de péril ne sont pas susceptibles d'avoir causé la perte de loyers correspondants. En outre, s'agissant du logement loué à Mme C, il résulte de ce qui est dit aux points 6 et 7 que le 8 février 2019 il présentait un caractère dangereux en l'absence d'installation d'un garde-corps sur l'une de ses ouvertures et qu'il était dépourvu d'espace de cuisine, consécutivement à la démolition de l'extension de l'immeuble, dont il est constant qu'elle était réalisée le 7 février 2019. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que ce logement aurait été en état d'être loué à cette dernière date, ni, par suite, que le loyer mentionné ci-dessus aurait été exigible, alors même que la locataire aurait de nouveau occupé constamment les lieux à compter du 8 février 2019, avant de les quitter définitivement en novembre 2019 après avoir obtenu l'attribution d'un logement social. Il suit de là que la perte de loyer concernant ce logement ne constitue pas un préjudice certain. Dès lors, la demande de condamnation de la commune de L'Ile-Saint-Denis au versement d'une indemnité de 16 500 euros au titre de la perte de loyers doit être rejetée.

9. En troisième lieu, les requérants soutiennent qu'ils ont dû à plusieurs reprises interrompre leurs activités professionnelles pour gérer le dossier relatif à leur immeuble et qu'il en a résulté une perte de revenus d'un montant total de 5 060,66 euros en ce qui concerne Mme B et de 1 000 euros en ce qui concerne M. D. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que Mme B serait la propriétaire du bien ayant fait l'objet de l'arrêté de péril imminent du 15 janvier 2019. En tout état de cause les requérants ne justifient pas, par les pièces produites, que les fautes commises par la commune de L'Ile-Saint-Denis seraient à l'origine d'une perte de revenus d'activité de l'intéressée. En outre, les requérants ne justifient pas davantage que le congé de maladie prescrit à M. D pour la période du 5 au 12 avril 2019, qui au demeurant est de nature à ouvrir droit au versement d'indemnités journalières, serait la conséquence de la mise en œuvre de l'arrêté du 15 janvier 2019 déjà mentionné. Par suite, les préjudices invoqués n'étant pas établis, la demande de condamnation de la commune de L'Ile-Saint-Denis au versement d'une indemnité au titre de la perte de revenus d'activité doit être rejetée.

10. En quatrième lieu, les requérants soutiennent qu'ils ont dû débourser la somme de 550 euros à la suite de l'annulation de l'intervention de l'entreprise chargée de l'installation du garde-corps. Toutefois, il résulte de ce qui est dit au point 6 que, bien que prescrite selon des modalités irrégulières, la pose de cet équipement était indispensable pour assurer la sécurité des occupants des lieux. En outre, s'il résulte de l'instruction que l'entreprise mandatée par les requérants pour réaliser ces travaux leur a demandé le 19 juillet 2019 le paiement d'une somme de 550 euros à titre de dédommagement de l'intervention qu'elle n'a pu réaliser le 17 juillet 2019 en raison de l'opposition des occupants des lieux, une telle circonstance découle exclusivement du comportement de cette dernière. Par suite, le paiement par les requérants de la somme de 550 euros ne constitue pas un préjudice indemnisable.

11. En cinquième lieu, les requérants soutiennent avoir supporté une dépense de 252,11 euros correspondant à des frais de signification par voie d'huissier le 5 décembre 2019 à Mme C d'un commandement d'avoir à justifier de l'occupation du logement mentionné ci-dessus dont elle était la locataire. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que cette dépense serait en lien avec les fautes de la commune de L'Ile-Saint-Denis qu'ils invoquent. Par suite en l'absence de préjudice direct et certain, leur demande de condamnation de cette commune à leur verser une indemnité de 252,11 euros doit être rejetée.

12. En sixième lieu, les requérants soutiennent avoir supporté des frais d'avocat d'un montant de 2 400 euros pour obtenir la mainlevée de l'arrêté de péril imminent du 15 janvier 2019. Toutefois, s'ils produisent pour étayer leur demande une note d'honoraire établie le 13 août 2019 par un cabinet d'avocat, ils ne justifient pas avoir eu recours à ce cabinet d'avocat pour obtenir la mainlevée de cet arrêté auprès de la commune de L'Ile-Saint-Denis, ni même pour présenter leur demande d'indemnisation préalable. Par suite en l'absence de préjudice direct et certain, leur demande de condamnation de cette commune à leur verser une indemnité de 2 400 euros doit être rejetée.

S'agissant du préjudice moral :

13. Les requérants soutiennent qu'ils ont tous deux subi un préjudice moral qui doit être indemnisé par le versement à chacun d'une somme de 15 000 euros. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par M. D en condamnant la commune de L'Ile-Saint-Denis à lui verser une somme de 1 500 euros, Mme B ne justifiant pas d'un préjudice indemnisable à ce titre dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'elle serait la propriétaire du bien ayant fait l'objet de l'arrêté de péril imminent du 15 janvier 2019.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander la condamnation la commune de L'Ile-Saint-Denis à leur verser la somme de 1 500 euros en réparation du préjudice moral subi par M. D.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de L'Ile-Saint-Denis demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de L'Ile-Saint-Denis une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de L'Ile-Saint-Denis est condamnée à verser aux requérants une somme de 1 500 euros en réparation du préjudice moral subi par M. D.

Article 2 : La commune de L'Ile-Saint-Denis versera aux requérants une unique somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions de la commune de L'Ile-Saint-Denis tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et Mme A B et à la commune de L'Ile-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

D. ELe greffier,

C. Chauvey

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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