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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2202528

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2202528

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2202528
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre (J.U)
Avocat requérantCABINET LECLERE ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 février 2022 et 2 septembre 2022,

M. D B, agissant en qualité de représentant légal de Mme A B, représenté par Me Nicolas, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 décembre 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Créteil a rejeté sa demande indemnitaire ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 728 euros en réparation du préjudice subi par Mme A B du fait de sa carence fautive dans l'organisation du service public de l'enseignement public ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 9 décembre 2021 rejetant sa réclamation préalable a été signée par une autorité incompétente ;

- sa fille a été privée de 144 heures d'enseignement durant l'année scolaire 2018-2019 et cette carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- sa fille a subi un préjudice du fait des heures d'enseignement non assurées, dès lors qu'elle a été privée d'accompagnement et de connaissances nécessaires à son développement et à son épanouissement, qu'elle sera, tôt ou tard, amenée à se trouver être comparée avec des élèves ayant bénéficié d'un enseignement complet ou " moins amputé ", que ses efforts scolaires sont dépréciés. Il est ainsi bien fondé à demander l'allocation de la somme de 1 728 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2022, le recteur de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive et, comme telle, irrecevable ;

- en tout état de cause, les moyens de la requête sont mal fondés.

Par ordonnance du 14 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au

6 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier,

Vu :

- le code des postes et des communications électroniques ;

- l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Gauchard, vice-président, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gauchard,

- les conclusions de M. Terme, rapporteur public,

- et les observations de Me Nicolas, représentant M. C.

Le recteur de l'académie de Créteil n'était pas présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B dont la fille, A, était scolarisée en classe de troisième au collège Fabien de Saint-Denis au cours de l'année 2018-2019, a, par une lettre du 8 juillet 2019, sollicité du ministre chargé de l'éducation nationale l'indemnisation du préjudice subi par son enfant en raison d'heures de cours non dispensées. Cette demande a été rejetée par une décision du recteur de l'académie de Créteil du 9 décembre 2021. Par la présente requête, il demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 1 728 euros en réparation des préjudices subis par sa fille à raison de la carence fautive de l'Etat dans l'organisation du service public de l'enseignement public.

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier et notamment des mentions portées sur l'accusé de réception du pli contenant la décision rectorale du 9 décembre 2021 rejetant la demande indemnitaire préalable du requérant, que cette décision a été effectivement notifiée le 10 décembre 2021 à M. B, qui avait été avisé, le même jour, de la mise en instance de ce courrier. A cet égard, alors qu'aucune des dispositions du code des postes et des communications électroniques ni de l'arrêté du 7 février 2007 susvisé ne prévoient ni n'imposent un délai entre l'information à son destinataire de ce qu'un pli recommandé a été mis en instance et le retrait de ce pli, M. B ne peut utilement soutenir que, dès lors qu'il a été avisé, le 10 décembre 2021, de la mise en instance du pli, ce dernier ne pouvait lui être délivré avant le 11 décembre 2021. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne résulte pas de l'instruction que l'indication de la même date du 10 décembre 2021 comme date de mise en instance et date de délivrance du courrier résulterait d'un " effet de calque ". En tout état de cause, le requérant a, lors du retrait du pli, apposé sa signature sur l'accusé de réception comportant l'indication de sa distribution le 10 décembre 2021. Dans ces conditions, le recteur de l'académie de Créteil établit dans la présente instance que la décision rejetant la demande indemnitaire du requérant lui a été notifiée le 10 décembre 2021. Ainsi, la présente requête, enregistrée le 14 février 2022, postérieurement à l'échéance du délai de recours le 11 février précédent, est tardive et, comme telle irrecevable. Il suit de la que la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie et que cette requête ne peut qu'être rejetée comme irrecevable.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la ministre de l'éducation et de la jeunesse.

Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Créteil.

Délibéré après l'audience du 29 avril 2024,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.

Le magistrat désigné,

L. Gauchard

La greffière,

D. Bakouma

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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