vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2202577 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | TABI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2015284 du 15 février 2022, le président de la 1ère section du tribunal administratif de Paris a transmis la requête de M. A B, enregistrée le 21 septembre 2020, au tribunal administratif de Montreuil territorialement compétent.
Par cette requête, et un mémoire, enregistré le 27 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Tabi, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des compléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquels il a été assujetti au titre des années 2013 à 2014 ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- la proposition de rectification du 27 juin 2016 est insuffisamment motivée, en méconnaissance l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;
- le service n'a pas donné suite à sa demande de saisine de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, en méconnaissance de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales ;
- les impositions notifiées ont été mises en recouvrement alors même que la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires n'a pas été saisie ;
- le service ne lui a pas communiqué les documents obtenus dans le cadre de la proposition de rectification de la société Cleanpharm et qui ont servi à établir ses propres impositions, en méconnaissance de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 15 février 2021 le 2 janvier 2024, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 28 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juillet 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Morisset ;
- et les conclusions de Mme Nour, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir procédé à une vérification de la comptabilité de la société Cleanpharm au titre des années 2013 et 2014, l'administration fiscale a imposé entre les mains de M. B, salarié de cette société, les revenus réputés distribués par celle-ci. M. B s'est alors vu notifier des rappels d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux à hauteur de 33 688 euros pour l'année 2013 et 19 771 euros pour l'année 2014, assortis d'intérêts de retards et de la majoration pour manquement délibéré prévue au a. de l'article 1729 du code général des impôts. Il a contesté ces rehaussements par une réclamation préalable qui a été rejetée par le service le 17 juillet 2020. Par sa requête, M. B demande la décharge de ces impositions et majorations.
2. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des documents et renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour mettre à même l'intéressé d'y avoir accès avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Lorsque le contribuable lui en fait la demande, l'administration est, en principe, tenue de lui communiquer, alors même qu'il en aurait eu connaissance, les renseignements, documents ou copies de documents obtenus auprès de tiers qui lui sont opposés, afin de lui permettre d'en vérifier l'authenticité ou d'en discuter la teneur ou la portée. Il en va autrement s'agissant des documents et renseignements qui, à la date de la demande de communication, sont directement et effectivement accessibles au contribuable dans les mêmes conditions qu'à l'administration. Dans cette dernière hypothèse, si le contribuable établit qu'il ne peut avoir effectivement accès aux mêmes documents et renseignements que ceux détenus par l'administration, celle-ci est alors tenue de les lui communiquer.
4. Il résulte de l'instruction que M. B a adressé à l'administration fiscale, au moyen d'une lettre recommandée en date du 18 septembre 2017, une demande tendant à la communication des documents obtenus de tiers " dans le cadre de la vérification de comptabilité de la société Cleanpharm () [et qui ont] permis de tirer des conséquences au regard des impositions de [M. B] pour l'année 2013 et 2014 ". L'administration n'est ainsi pas fondée à faire valoir que cette demande n'aurait pas été formulée dans le cadre de la procédure d'imposition suivie à l'encontre de M. B. Ce dernier produit à l'instance la copie de ce courrier en recommandé sans avis de réception n°1B 710 6736 7, la preuve de son dépôt à La Poste le 18 septembre 2017, et une copie d'une capture écran du site internet de La Poste qui indique que ce " courrier a été remis contre signature du destinataire " le 20 septembre 2017. L'administration n'est ainsi pas davantage fondée à faire valoir que le requérant n'apporte pas la preuve de la réception de cette demande. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que les documents en cause, utilisés pour fonder les impositions en litige, auraient été directement et effectivement accessibles à M. B, à raison notamment de sa seule qualité de salarié pour la société Cleanpharm. L'administration était ainsi tenue de les lui communiquer. Par suite, M. B est fondé à soutenir que, cette communication n'ayant pas été effectuée, les impositions en litige ont été établies en méconnaissance des dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, et que cette irrégularité l'a privé de la possibilité de vérifier l'authenticité ou de discuter la teneur ou la portée des documents en cause.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus auxquels il a été assujetti au titre des années 2013 et 2014, ainsi que des pénalités correspondantes.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à M. B de la somme de 1 500 euros qu'il demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est déchargé des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus qui lui ont été réclamés au titre des années 2013 et 2014, ainsi que des majorations correspondantes.
Article 2 : L'État versera à M. B une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Robbe, président,
Mme Morisset, première conseillère,
M. Hégésippe, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La rapporteure,
A. MORISSET
Le président,
J. ROBBE
Le greffier,
C. CHAUVEY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026