vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2203040 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | DESFARGES PIERRE-HENRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 février 2022, M. A B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis a rejeté son recours tendant à l'annulation de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge le 21 décembre 2020 pour un montant de 1 482,15 euros ;
2°) de le décharger du paiement de la somme de 1 482,15 euros ;
3°) d'enjoindre au conseil départemental de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision litigieuse, pour définir les modalités de calcul du revenu de solidarité active auquel il peut prétendre, ne prend pas en compte le fait qu'il a la garde alternée de ses enfants ;
- il peut bénéficier du droit à l'erreur, en application de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration.
Le département de la Seine-Saint-Denis a produit des observations, enregistrées le 22 avril 2024, et qui ont été communiquées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2024, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que, d'une part, la requête est irrecevable car tardive et, d'autre part, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bernabeu, conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Bernabeu a été lu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été différée à l'issue de l'audience au 8 mai 2024, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, allocataire du revenu de solidarité active, a fait l'objet d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 482,15 euros, par un courrier du 21 décembre 2020. Par un courrier du 4 février 2021, M. B a formé un recours préalable obligatoire à l'encontre de l'indu de RSA mis à sa charge. Par une décision du 25 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis a rejeté son recours administratif préalable obligatoire. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions relatives à l'indu de revenu de solidarité active :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. /Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire ". Aux termes de l'article R. 262-3 du code précité : " Pour le bénéfice du revenu de solidarité active, sont considérés comme à charge : /1° Les enfants ouvrant droit aux prestations familiales ; /2° Les autres enfants et personnes de moins de vingt-cinq ans qui sont à la charge effective et permanente du bénéficiaire à condition, lorsqu'ils sont arrivés au foyer après leur dix-septième anniversaire, d'avoir avec le bénéficiaire ou son conjoint, son concubin ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité un lien de parenté jusqu'au quatrième degré inclus [] ".
4. Il résulte de ces dispositions que, pour calculer le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, doivent être regardés comme à la charge de l'allocataire du revenu de solidarité active les enfants ouvrant droit aux prestations familiales, ainsi que les autres enfants à sa charge effective et permanente, sous réserve des conditions définies au 2° de l'article R. 262-3 du même code. Eu égard à l'objet du revenu de solidarité active, qui est notamment, en vertu de l'article L. 262-1 du même code, d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, lorsqu'un parent allocataire du revenu de solidarité active bénéficie pour son enfant, conjointement avec l'autre parent dont il est divorcé ou séparé de droit ou de fait, d'un droit de résidence alternée qui est mis en œuvre de manière effective et équivalente, ce parent doit être regardé comme assumant la charge effective et permanente de l'enfant et a droit, sauf accord contraire entre les parents ou mention contraire dans une décision du juge judiciaire, au bénéfice de la moitié de la majoration pour enfant à charge du montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles.
5. M. B soutient, d'une part, que la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas pris en compte la situation de résidence alternée de ses enfants dans le calcul du montant de son allocation de revenu de solidarité active pour la période comprise entre le 1er janvier 2019 et le 9 octobre 2020, de sorte que l'indu de revenu de solidarité active ne serait pas fondé. Il résulte toutefois de l'instruction que la décision du 25 janvier 2022, confirmant l'indu mis à sa charge, est motivée par le fait, d'une part, que l'intéressé a déclaré être en concubinage à compter du 1er juin 2020, de sorte que devaient être prises en compte les ressources de sa compagne dans le calcul de son revenu de solidarité active et, d'autre part, qu'il a indiqué à la caisse d'allocations familiales avoir perçu une somme mensuelle de 1 350 euros pour les mois de février à avril 2020 alors qu'il avait perçu respectivement les sommes de 2 700 euros en février, de 2 900 euros en mars et de 2 150 euros en avril. En outre, il résulte de l'avis de la commission de recours amiable du 4 janvier 2022, qui propose le rejet de son recours préalable, que l'intéressé a eu en même temps un droit supplémentaire lié à la garde alternée mais aussi une diminution de ses droits accompagnée d'un indu en raison de l'actualisation de sa situation professionnelle et familiale. Par suite, M. B n'est pas fondé à contester le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge au motif que la caisse d'allocations familiales n'aurait pas pris en compte la situation de garde alternée.
6. D'autre part, M. B ne saurait utilement invoquer le droit à l'erreur prévu à l'article L. 123-1 du code de relations entre le public et l'administration à l'encontre de la décision du 25 janvier 2022 confirmant l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge dès lors qu'une telle décision ne présente pas le caractère d'une sanction.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision litigieuse. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins de décharge et d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
Le magistrat désigné,
S. Bernabeu
La greffière,
D. Coulibaly
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026