lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204964 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | MATRICON JULIE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2104153 du 28 mars 2022, le président de la 3ème chambre du tribunal administratif d'Orléans a transmis au tribunal administratif de Montreuil, sur le fondement des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par la société CRAMA Paris Val de Loire.
Par cette requête, enregistrée le 18 novembre 2021 et un mémoire complémentaire enregistré le 26 septembre 2022, la Société CRAMA Paris Val de Loire, représentée par Me Matricon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 à raison de locaux dont elle est propriétaire dans les rôles des communes d'Orléans et d'Olivet ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner un supplément d'instruction ;
3°) de mettre à la charge de l'État et d'Orléans Métropole une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération fixant le taux de la TEOM de l'année 2020 est illégale dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article 1520 du code général des impôts et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le taux de la TEOM est manifestement disproportionné ;
- les états annexes de répartition de la TEOM comportent des erreurs ;
- l'administration fiscale n'est pas fondée à solliciter une substitution de base légale dès lors que le taux de la TEOM de l'année 2019 est également manifestement disproportionné ;
- Orléans Métropole doit démontrer quels investissements ont été pris en compte et sous quelle forme ;
- les remboursements d'emprunt et le report d'investissement ne doivent pas être pris en compte ;
- les éléments du compte administratif font état d'une distorsion avec le budget primitif en ce qui concerne l'exécution des dépenses d'investissement.
Par lettres du 13 janvier 2022 et du 16 mai 2022, Orléans Métropole s'en rapporte aux écritures qui seront produites par l'administration fiscale.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 10 juin et 3 novembre 2022, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction des grandes entreprises conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 6 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 23 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,
- le code général des collectivités territoriales,
- le code de justice administrative.
L'affaire a été renvoyée en formation collégiale en application des dispositions de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nguër, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société CRAMA Paris Val de Loire a été assujettie à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères de l'année 2020 à raison de locaux dont elle est propriétaire dans les rôles des communes d'Orléans et d'Olivet. Le 8 juin 2021, elle a formé une réclamation contentieuse qui a été rejetée par une décision de l'administration fiscale en date du 30 septembre 2021. La société requérante demande la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères ainsi mise à sa charge.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes du I de l'article 1520 du code général des impôts, dans sa rédaction issue de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 : " I. - Les communes qui assurent au moins la collecte des déchets des ménages peuvent instituer une taxe destinée à pourvoir aux dépenses du service de collecte et de traitement des déchets ménagers et des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales ainsi qu'aux dépenses directement liées à la définition et aux évaluations du programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés mentionné à l'article L. 541-15-1 du code de l'environnement, dans la mesure où celles-ci ne sont pas couvertes par des recettes ordinaires n'ayant pas le caractère fiscal. / Les dépenses du service de collecte et de traitement des déchets mentionnées au premier alinéa du présent I comprennent : / 1° Les dépenses réelles de fonctionnement ; / 2° Les dépenses d'ordre de fonctionnement au titre des dotations aux amortissements des immobilisations lorsque, pour un investissement, la taxe n'a pas pourvu aux dépenses réelles d'investissement correspondantes, au titre de la même année ou d'une année antérieure ; / 3° Les dépenses réelles d'investissement lorsque, pour un investissement, la taxe n'a pas pourvu aux dépenses d'ordre de fonctionnement constituées des dotations aux amortissements des immobilisations correspondantes, au titre de la même année ou d'une année antérieure. / () ".
3. La taxe d'enlèvement des ordures ménagères n'a pas le caractère d'un prélèvement opéré sur les contribuables en vue de pourvoir à l'ensemble des dépenses budgétaires, mais a exclusivement pour objet de couvrir les dépenses exposées par la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent pour assurer l'enlèvement et le traitement des ordures ménagères et des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales et non couvertes par des recettes non fiscales affectées à ces opérations. Il s'ensuit que le produit de cette taxe et, par voie de conséquence, son taux, ne doivent pas être manifestement disproportionnés par rapport au montant des dépenses exposées pour ce service, déduction faite, le cas échéant, du montant des recettes non fiscales de la section de fonctionnement, telles qu'elles sont définies par les articles L. 2331-2 et L. 2331-4 du code général des collectivités territoriales, relatives à ces opérations.
4. Les dépenses susceptibles d'être prises en compte sont constituées de la somme, telle qu'elle peut être estimée à la date du vote de la délibération fixant le taux de la taxe, de toutes les dépenses de fonctionnement réelles exposées pour le service public de collecte et de traitement des déchets ménagers et des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14 du code général des collectivités territoriales et des dotations aux amortissements des immobilisations qui lui sont affectées lorsque la taxe n'a pas pourvu aux dépenses réelles d'investissement correspondantes ou des dépenses réelles d'investissement lorsque la taxe n'a pas pourvu aux dotations aux amortissements.
5. Il résulte de l'instruction que par une délibération du 27 février 2020, Orléans Métropole a établi le taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) de l'année 2020 des communes qui la composent, et que ce taux a été fixé à 8,73% pour les communes d'Orléans et d'Olivet. Il résulte également de l'instruction, et notamment des états annexes de répartition de la TEOM du budget primitif, qui ne sauraient en l'espèce être remis en cause, que le produit attendu de la taxe pour 2020 s'élève à 32 737 000 euros, celui de la redevance spéciale à 706 000 euros et celui des autres recettes non fiscales à 5 571 753 euros. Les dépenses réelles de fonctionnement afférentes à l'élimination des déchets s'élèvent, quant à elles, à 28 338 659 euros et les dépenses réelles d'investissement à 9 327 696 euros, déduction faite de la somme de 2 500 000 euros correspondant à un report d'investissement N-1 dépourvu de toute justification. Ainsi, à la date de la délibération, les dépenses réelles, des sections de fonctionnement et d'investissement, pour ce service public, étaient estimées à 31 388 602 euros, après soustraction de celles intégralement couvertes par la redevance spéciale et les autres recettes non fiscales précitées. En outre, les dépenses précitées incluent celles afférentes aux remboursements des emprunts contractés par la collectivité pour ce service public. Ce faisant, compte tenu du taux fixé par la délibération, le produit de la TEOM excède de 1 348 398 euros, soit de 4,30%, le montant des charges qu'il a vocation à couvrir. Dans ces conditions, le produit de la TEOM et, par voie de conséquence, son taux de 8,73%, ne peuvent être regardés comme manifestement disproportionnés, sans qu'y fassent obstacle les données du compte administratif de l'année 2020. Par suite, la société CRAMA Paris Val de Loire n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la délibération du 27 février 2020 pour obtenir la décharge de la TEOM à laquelle elle a été assujettie en 2020.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la société CRAMA Paris Val de Loire doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat et Orléans Métropole, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, supportent la charge des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions doivent, dans ces conditions, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société CRAMA Paris Val de Loire est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société CRAMA Paris Val de Loire, au directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret, à l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction des grandes entreprises et à Orléans Métropole.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nguër, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024.
La rapporteure,
M. Nguër
Le président,
J. Charret
Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026