vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2206642 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | ATHON-PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 avril 2022 et 3 juin 2024, Mme C A, représentée par Me Athon-Perez, demande au tribunal :
1°) de condamner le département et la caisse d'allocations de la Seine-Saint-Denis à lui verser la somme totale de 21 395,50 euros au titre des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux qu'elle estime avoir subis du fait des erreurs dans la gestion de ses droits au revenu de solidarité active, assortie des intérêts capitalisés à compter de la réclamation préalable du 27 décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge du département et de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis le versement d'une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis a commis une faute dans la gestion de son dossier de nature à engager sa responsabilité ;
- elle a notamment commis plusieurs erreurs ayant conduit à lui verser des allocations de revenu de solidarité active alors que sa situation ne lui permettait pas d'en bénéficier ;
- l'arrêt du versement des allocations de revenu de solidarité active, en ce qu'il l'a placée dans une situation difficile financièrement, lui a causé, d'une part, un préjudice tenant à l'acquittement de frais bancaires, d'autre part, des troubles dans ses conditions d'existence et, enfin, un préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2023, le département de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il n'a commis aucune faute, que la matérialité des préjudices invoqués n'est pas établie et que la requérante a bénéficié de plusieurs remises de dette, totale pour la prime exceptionnelle de fin d'année et partielles pour les indus d'aides personnalisées au logement et de revenus de solidarité active.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis conclut, à titre principal, à ce qu'elle soit mise hors de cause et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'elle n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité et que les préjudices allégués par Mme A ne sont pas établis.
La présidente du tribunal a désigné M. Bernabeu, conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bernabeu ;
- les observations de Me Athon-Perez, représentant Mme A, ainsi que celles de Mme A ;
- et les observations de Mme B, représentant la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, allocataire au revenu de solidarité active, à l'aide personnalisée au logement et à la prime d'activité, a formé deux réclamations préalables, réceptionnées le 29 décembre 2021 par la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis et le 21 avril 2022 par le département de la Seine-Saint-Denis, tendant à l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait des erreurs dans la gestion de son dossier par la caisse d'allocations familiales. A défaut de réponse dans un délai de deux mois à compter de la réception de ces demandes indemnitaires, deux décisions implicites de rejet sont nées les 29 février 2022 et 21 juin 2022. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de condamner le département et la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis à lui verser la somme de 21 395,50 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Mme A, qui relève que le département et la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis ont commis une faute du fait des erreurs dans la gestion de son dossier, ayant entraîné un indu de revenu de solidarité active, d'aides personnalisées au logement et de prime d'activité d'un montant de 23 094,50 euros, soutient que de telles erreurs lui ont causé, d'une part, un préjudice patrimonial d'un montant de 1 395,50 euros correspondant aux frais bancaires qu'elle a dû payer à la suite de découverts bancaires induits par l'arrêt brutal du versement des allocations qu'elle percevait de la caisse d'allocations familiales, d'autre part, des troubles dans ses conditions d'existence dès lors que l'arrêt brutal du versement des allocations qu'elle percevait a bouleversé son budget et, partant, a généré de nombreuses difficultés financières et dettes la plaçant dans une situation de grande précarité financière et, enfin, un préjudice moral dès lors que les préoccupations financières induites par ces erreurs l'ont perturbée sur le plan somatique et psychique.
3. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'une erreur du système informatique de la caisse d'allocations familiales, Mme A a perçu entre 2009 et 2017 l'aide personnalisée au logement, le revenu de solidarité active et la prime exceptionnelle de fin d'année alors qu'elle n'y avait plus droit, dès lors qu'elle avait repris une activité professionnelle lui permettant de bénéficier de ressources dépassant les plafonds d'attribution. La caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis, constatant une telle erreur, a alors poursuivi le recouvrement d'un indu d'aides personnalisées au logement d'un montant de 7 129,35 euros pour la période courant d'avril 2015 à février 2017, un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 16 986,36 euros pour la période courant de mai 2015 à mai 2017 et un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2015 et 2016. De telles erreurs, qui n'ont été corrigées que très tardivement, sont de nature à caractériser une faute de l'administration susceptible d'engager sa responsabilité.
4. S'agissant du préjudice patrimonial, un tel chef de préjudice, assis sur les frais bancaires que la requérante a dû payer à la suite de découverts bancaires, ne trouve néanmoins pas sa cause directe dans les erreurs de gestion du dossier de Mme A par la caisse d'allocations familiales. Par suite, les conclusions de sa requête tendant à l'indemnisation de la somme de 1 395 euros ne peuvent qu'être rejetées.
5. S'agissant du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, que Mme A évalue pour un montant de 10 000 euros chacun, la requérante produit, à l'appui de sa requête, un courrier du 6 juillet 2017 faisant état d'un refus de prélèvement automatique pour le paiement de son forfait imagine R, un courrier du 16 octobre 2017 relatif à une amende forfaitaire d'un montant de 110 euros, une mise en demeure de payer la cotisation de son contrat BNP Paribas Protection familiale du 17 juillet 2017, la résiliation du contrat précité par un courrier du 28 août 2017, des impayés d'abonnement à Canalsat Grand Panorama du 5 août 2017, des captures d'écran de son espace client Cetelem faisant état de retard de paiement de mensualités dans le cadre d'un prêt à la consommation non datées, un avis de signification du 1er février 2018 d'une assignation en référé expulsion devant le tribunal d'instance, des avis d'échéances de loyers pour les mois de mars 2017 à février 2018, deux courriers de décembre 2017 et février 2018 relatifs à son inscription sur le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers et à un retard de paiement et, enfin, un courrier du 17 janvier 2018 du centre communal d'actions sociales d'Aulnay-sous-Bois lui accordant une prise en charge partielle de ses factures d'électricité à hauteur de 200 euros. De tels éléments, eu égard à leur nombre, sont de nature à caractériser l'existence de troubles dans ses conditions d'existence et un préjudice moral. Toutefois, il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis a accordé à l'intéressée, en premier lieu, une remise totale de dettes pour les indus de prime exceptionnelle de fin d'année 2015 et 2016 par deux décisions des 12 juin 2017 et 20 février 2018, en deuxième lieu, une remise partielle de dettes à hauteur de 7 982,59 euros pour le reliquat d'indus de revenu de solidarité active mis à sa charge, par une décision du 20 février 2018 et, en dernier lieu, une remise partielle de dettes à hauteur de 2 460,01 euros pour l'indu d'aides personnalisées au logement, par une décision du 25 mai 2018. En outre, le tribunal administratif de Montreuil a, par deux jugements des 15 octobre 2018 et 15 juin 2020, a accordé à Mme A deux remises partielles de dettes d'un montant de 6 000 euros au titre de l'indu de revenu de solidarité active et d'un montant de 3 500 euros au titre de l'indu d'aides personnalisées au logement. Dans ces conditions particulières, eu égard au fait que la requérante a bénéficié de la remise gracieuse d'une très grande partie de sa dette, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence subis à hauteur des sommes qu'elle a déjà perçues au titre des différentes remises de dettes qui lui ont été accordées, pour un montant de 19 942,60 euros. Par suite, et alors que l'intéressée a définitivement bénéficié d'indus de revenu de solidarité active, d'aides personnalisées au logement et de prime exceptionnelle de fin d'année pour la période courant du mois de septembre 2009 à janvier 2015, il n'y a pas lieu d'accorder à Mme A la somme de 20 000 euros qu'elle demande au titre du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence.
Sur les frais d'instance :
6. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales et du département de la Seine-Saint-Denis le versement d'une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis et au département de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le rapporteur,
S. Bernabeu
La greffière,
D. Coulibaly
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026