mercredi 5 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2206828 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | COULAUD |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 avril 2022 et 12 août 2024, sous le n° 2206828, M. A C, représenté par Me Coulaud, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Bobigny à lui verser la somme totale de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bobigny la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de la commune de Bobigny est engagée en raison de l'illégalité fautive du refus de sa réintégration dans son poste à l'issue de son congé temporaire d'invalidité imputable au service et de sa mutation sur le poste de chargé de mission projets internationaux et coopération décentralisée :
. cette décision a été prise sans consultation préalable du comité technique ;
. elle méconnaît les dispositions de l'article 37-11 du décret n° 87-602 du
30 juillet 1987 ;
. elle n'est pas motivée par l'intérêt du service et constitue une sanction déguisée ;
. elle présente un caractère discriminatoire ;
- la responsabilité de la commune de Bobigny est engagée en raison de faits de harcèlement moral et de discrimination ;
- il est fondé à solliciter une indemnisation en réparation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, du préjudice de carrière et du préjudice financier qu'il a subis à hauteur de 15 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2024, la commune de Bobigny, représentée par Me Peru, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 août 2024.
La commune de Bobigny a produit un mémoire, enregistré le 16 janvier 2025, après la clôture de l'instruction.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mai 2022 et 12 août 2024, sous le
n° 2207198, M. A C, représenté par Me Coulaud, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Bobigny a rejeté sa demande, réceptionnée le 21 janvier 2022, tendant à prendre toutes mesures pour mettre fin au harcèlement moral dont il fait l'objet, à lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, à mettre à sa disposition un bureau adapté à son handicap, à reconnaître l'imputabilité au service de son accident du 2 novembre 2021 et lui notifier la décision d'imputabilité, à l'indemniser de ses préjudices et à prendre en charge ses éventuels frais de justice en l'absence de réponse positive à ses demandes ;
2°) d'annuler la décision du 11 mars 2022 par laquelle la commune de Bobigny l'a informé de la prise de fonctions de M. B en qualité de responsable de la vie associative depuis le 1er mars 2022 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bobigny la somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'une illégalité en ce qu'elles refusent de le réintégrer sur son poste à l'issue de son congé pour invalidité temporaire imputable au service et lui imposent d'accepter le poste de chargé de mission projets internationaux et coopération décentralisée dès lors qu'elles auraient dû être précédées de la consultation du comité technique, qu'elles méconnaissent les dispositions de l'article 37-11 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987, qu'elles n'ont pas été prises dans l'intérêt du service mais constitue une sanction disciplinaire déguisée et qu'elles constituent une discrimination ;
- elles sont entachées d'illégalité dès lors qu'il remplissait les conditions pour bénéficier de la protection fonctionnelle eu égard au harcèlement moral et à la discrimination en raison de ses opinions politiques, son handicap ou sa couleur de peau qu'il a subis ;
- la décision en tant qu'elle porte refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident du 2 novembre 2021 est illégale dès lors que le lien avec l'exercice des fonctions est établi.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 juin 2024 et 16 janvier 2025 (non communiqué), la commune de Bobigny, représentée par Me Peru conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 21 mars 2022 refusant de prendre acte d'une situation de harcèlement moral sont irrecevables dès lors cette décision est inexistante ;
- les conclusions tendant à l'annulation du courriel du 11 mars 2022 sont irrecevables dès lors qu'il ne peut être regardé comme une décision faisant grief ;
- cette requête est irrecevable dès lors qu'elle a le même objet que la requête
n° 2206828 ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- les observations de Me Coulaud, représentant M. C,
- et les observations de Me Peru, représentant la commune de Bobigny.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, attaché territorial, a été recruté par la commune de Bobigny le
1er mars 2017 pour occuper les fonctions de responsable du service de la vie associative et a été titularisé le 1er décembre 2019. Après avoir été déclaré inapte temporairement à ses fonctions à la suite d'un accident reconnu imputable au service, il a été affecté à compter du 1er avril 2021 sur le poste de chargé de mission projets internationaux et coopération décentralisée. Par un courrier du 20 janvier 2022, reçu le 21 janvier suivant, il a demandé au maire de Bobigny de prendre toute mesure pour mettre fin au harcèlement moral dont il fait l'objet, de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, de mettre à sa disposition un bureau adapté à son handicap, de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident survenu le 2 novembre 2021, de l'indemniser de ses préjudices et de prendre en charge ses éventuels frais de justice en l'absence de réponse positive à ses demandes. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration pendant deux mois le 21 mars 2022. Par un courrier du 13 avril 2022,
M. C a présenté une demande indemnitaire préalable tendant à la réparation de ses préjudices résultant de l'illégalité fautive du refus de sa réintégration dans son poste à l'issue de son congé temporaire d'invalidité imputable au service et de sa mutation sur le poste de chargé de mission projets internationaux et coopération décentralisée ainsi que des agissements de harcèlement moral et de la discrimination subis. Par une requête n° 2206828, M. C demande au tribunal de condamner la commune de Bobigny à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis. Par une requête n° 2207198,
M. C demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande réceptionnée le 21 janvier 2022 ainsi que la décision du 11 mars 2022 par laquelle la commune de Bobigny l'a informé de la prise de fonctions de M. B en qualité de responsable de la vie associative depuis le 1er mars 2022.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2206828 et 2207198, présentées par le même requérant, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul et même jugement.
Sur la requête n° 2206828 :
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
S'agissant de l'illégalité fautive de la décision portant changement d'affectation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 33 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable : " Les comités techniques sont consultés pour avis sur les questions relatives :/ 1° A l'organisation et au fonctionnement des services ;/ 2° Aux évolutions des administrations ayant un impact sur les personnels ;/ 3° Aux grandes orientations relatives aux effectifs, emplois et compétences ;/ 4° Aux grandes orientations en matière de politique indemnitaire et de critères de répartition y afférents ;/ 5° A la formation, à l'insertion et à la promotion de l'égalité professionnelle ;/ 6° Aux sujets d'ordre général intéressant l'hygiène, la sécurité et les conditions de travail ".
4. En l'espèce, la décision portant changement d'affectation du poste de chef du service de la vie associative au poste de chargé de mission projets internationaux et coopération décentralisée, qui a un caractère individuel et qui ne saurait être regardée comme une question relative à l'organisation des administrations au sens des dispositions précitées de l'article 33, n'avait pas à être précédée de la consultation du comité technique.
5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 37-11 du décret du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Au terme du congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire apte à reprendre ses fonctions est réintégré dans son emploi ou, à défaut, réaffecté dans un emploi correspondant à son grade ".
6. D'autre part aux termes de l'article 2 du décret du 30 décembre 1987 portant statut particulier du cadre d'emplois des attachés territoriaux : " Les membres du cadre d'emplois participent à la conception, à l'élaboration et à la mise en œuvre des politiques décidées dans les domaines administratif, financier, économique, sanitaire, social, culturel, de l'animation et de l'urbanisme. Ils peuvent ainsi se voir confier des missions, des études ou des fonctions comportant des responsabilités particulières, notamment en matière de gestion des ressources humaines, de gestion des achats et des marchés publics, de gestion financière et de contrôle de gestion, de gestion immobilière et foncière et de conseil juridique. Ils peuvent également être chargés des actions de communication interne et externe et de celles liées au développement, à l'aménagement et à l'animation économique, sociale et culturelle de la collectivité. Ils exercent des fonctions d'encadrement et assurent la direction de bureau ou de service ".
7. Il résulte de l'instruction que M. C a été placé en congé de maladie du 14 juillet 2020 au 31 mars 2021 à la suite d'un accident survenu le 13 juillet 2020 qui a été reconnu, par arrêté du 23 mars 2021, imputable au service. A l'issue de son congé maladie, M. C n'a pas repris ses fonctions de chef de service de la vie associative et a été affecté, le 1er avril 2021, sur le poste de chargé de mission projets internationaux et coopération décentralisée. Il résulte de l'instruction et notamment de la fiche de poste de chargé de mission projets internationaux et coopération décentralisée que celui-ci est ouvert aux attachés territoriaux, cadre d'emploi auquel appartient M. C. Les missions principales du poste consistant à participer à la définition des politiques publiques et des orientations stratégiques de la collectivité en lien avec le directeur général adjoint et l'élue du secteur, animer et suivre l'évolution des projets de coopération et de solidarité engagées et soutenues par la ville, organiser et animer les dispositifs d'observation et d'étude, participer à des réseaux professionnels et effectuer des comptes-rendus correspondent à celles qui sont dévolues à un attaché territorial. Ainsi, cet emploi correspond au grade de l'intéressé. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la commune de Bobigny a méconnu les dispositions précitées de l'article 37-11 du décret du 30 juillet 1987.
8. En troisième lieu, la commune de Bobigny fait valoir dans ses écritures que le changement d'affectation de M. C est motivé par l'intérêt du service eu égard au comportement de M. C à l'égard d'un agent affecté à son service, aux dysfonctionnements au sein du service de la vie associative, à ses absences répétées et à l'objectif de recréer des liens entre les différentes communautés de la commune et de relancer des projets de coopération avec le Mali et les Comores.
9. M. C conteste avoir entretenu des relations difficiles avec les agents placés sous son autorité et soutient en particulier qu'il ne s'est pas entretenu par téléphone, durant son congé de maladie, avec l'assistante du service et n'a, par conséquent, pas adopté un ton inapproprié à son égard. Il résulte toutefois de l'instruction, et notamment des échanges de courriels datés du 21 septembre 2020 entre le directeur général des services et l'adjoint au maire à la vie associative, à la solidarité et à la fracture numérique que l'assistante du service de la vie associative a reçu un appel téléphonique de M. C qui lui a reproché " de le dénigrer auprès d'au moins deux élus de la ville en présence " d'un second collègue à la vie associative. L'adjoint au maire, qui rapporte les faits relatés par l'assistante, mentionne qu'elle est " en larme et extrêmement affectée par cette pression psychologique sur elle par le chef de service " et qu'en conséquence elle exerce son droit de retrait.
10. M. C conteste ensuite être à l'origine des dysfonctionnements relatifs au Fonds d'initiatives associatives (FIA) et soutient qu'il appartenait à ses supérieurs hiérarchiques de pallier son absence. Il résulte toutefois de l'instruction que plusieurs dysfonctionnements au sein du service de la vie associative ont été constatés. A cet égard, la commune de Bobigny produit le compte-rendu de la commission " fond d'initiatives associatives : session 2 " du
17 novembre 2020, qui indique que " le délégué du préfet tient à souligner que l'ancien chef de service n'a pas déposé dans les délais le dossier FIA lors de l'AAP CDV 2020. Une dérogation de la PDEC a été accordée pour ne pas mettre en difficulté la ville et les associations. Un second dossier déposé hors délai n'a pas obtenu de dérogation " le café asso " qui ne relevait pas du droit dérogatoire. Il souhaite également que soit relevé l'absence quasi-permanente du chef de service dans les différents CLIP/Commission locale du contrat de ville. () Les rapports complexes entre les services municipaux, principalement ce chef de service, et la préfecture ont dégradé le travail autour du FIA et lancement du FIA 2 ".
11. Par ailleurs, il est constant que M. C a été absent à compter du 13 juillet 2020, date à laquelle il a exercé son droit de retrait, jusqu'au 31 mars 2021. Le requérant ne conteste pas sérieusement que cette absence a eu pour effet de désorganiser le service de la vie associative.
12. Enfin, M. C soutient que le poste sur lequel il a été affecté n'avait pas de " réelle consistance ". Il résulte toutefois d'une note du 16 avril 2021 présentée aux membres du comité technique intitulée " affectation du chargé de mission projets internationaux et coopération décentralisée " que le contexte et les orientations pour le mandat consistent notamment à " remettre en place ces liens avec toutes les communautés ainsi que de nouveaux projets de développement avec des pays qui ont besoin d'être accompagnés dans ces projets " en relançant les " actions avec les communautés portugaises et italiennes présentes " à Bobigny et à développer des projets de coopération avec les Comores et le Mali et qu'un projet d'action pour l'année 2022 sera présenté au bureau municipal.
13. Il s'ensuit qu'en procédant au changement d'affectation de M. C dans l'intérêt du service, la commune de Bobigny n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
14. En quatrième lieu, une mesure revêt le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.
15. M. C soutient que la décision du maire de la commune de Bobigny de le changer d'affectation constitue une sanction déguisée dès lors que les missions de son nouveau poste ne sont pas clairement définies et conduisent à une " mise au placard ". Il résulte toutefois de l'instruction que si cette mutation a eu pour effet une perte de ses fonctions d'encadrement, son nouvel emploi correspond aux fonctions dévolues à son grade et sa rémunération a été maintenue. Par ailleurs, aucun élément du dossier ne permet de retenir que la décision de mutation aurait été prise dans le but de sanctionner l'intéressé pour une faute relevant de la procédure disciplinaire.
16. En cinquième lieu, si M. C soutient sans autre précision que sa mutation présente un caractère discriminatoire à raison de " son appartenance politique, de son handicap et/ou de sa couleur de peau ", il n'apporte aucun élément de nature à faire présumer une discrimination à son égard.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que la commune de Bobigny a commis une faute en le mutant sur le poste de chargé de mission projets internationaux et coopération décentralisée.
S'agissant du harcèlement moral :
18. Aux termes des dispositions de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique, anciennement contenues au premier alinéa de l'article 6 quinquiès de la loi susvisée du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ".
19. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
Quant aux conditions matérielles de travail :
20. M. C soutient d'abord que son nom a été retiré de l'organigramme. Toutefois, à supposer ce fait établi, M. C ne précise pas à compter de quelle date cette suppression de l'organigramme en tant que chef de service de la vie associative a été effectuée alors qu'à compter du 1er avril 2021 il a été affecté sur le poste de chargé de mission coordinateur des projets internationaux et de la coopération décentralisée.
21. M. C soutient ensuite que son nouveau bureau est exigu et qu'il est éloigné de l'équipe du service de la vie associative. Toutefois, comme le fait valoir la commune, le changement de bureau de M. C est lié à son changement de poste. En outre, il résulte de l'instruction que M. C occupe un bureau individuel qui n'est pas isolé.
22. M. C soutient que ses accès au bâtiment ont été " désactivés et suspendus ". Il résulte de l'instruction notamment du courrier du directeur général des services du 23 mars 2021, que les droits d'accès au parking -2 et au bureau n° 517 n'ont été suspendus qu'à la suite de dysfonctionnements techniques et ont immédiatement été réactivés.
23. Enfin, M. C soutient que le 12 août 2021 il a signalé à son supérieur hiérarchique que l'unité centrale de son ordinateur a été retirée de son bureau sans qu'il en ait été avisé et sans qu'il ait sollicité le service informatique. Il résulte de l'instruction que l'ordinateur de M. C été retiré par un des agents de la direction des technologies de l'information et du numérique, le 4 février 2021, en raison " d'un bip continu qui dérangeait les collègues du bureau contigu ". Il résulte également de l'instruction que le directeur général des services a répondu à l'intéressé, par un courriel du même jour, que son ordinateur, qui avait été réparé, lui serait restitué le lendemain soir. En outre, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne résulte pas de l'instruction que le retrait de l'ordinateur ait été motivé par une volonté de la commune de prendre connaissance des données qu'il contenait.
Quant aux pressions exercées par la commune pour accepter le poste de chargé de mission projets internationaux et coopération décentralisée :
24. M. C soutient qu'il a été " poussé à formuler lui-même une demande de mobilité en transmettant son curriculum vitae et en demandant le contenu des fiches de poste " et qu'il aurait subi des menaces consistant à " diminuer drastiquement son traitement mensuel en cas de réintégration sur son poste de chef de service de la vie associative ". S'il résulte de l'instruction que, d'une part, le directeur général des services, par un courriel du 31 mars 2021, s'est engagé à maintenir le régime indemnitaire de l'intéressé et, d'autre part que, par un courrier du 15 février 2021, M. C n'a pas consenti à transmettre son curriculum vitae, il ne résulte pas de l'instruction que M. C ait fait l'objet de menaces en vue de son changement d'affectation. Au demeurant, il résulte de l'instruction que la commune de Bobigny et
M. C ont participé, le 18 mars 2021, à une réunion de médiation au centre de gestion interdépartemental de la petite couronne ayant pour objet " le refus de Monsieur le maire de la ville de Bobigny de réintégrer Monsieur A C dans son emploi de chef de service de la vie associative à la fin de son congé pour accident de service formulé par un courrier du
29 janvier 2021 () " et que cette médiation a pris fin à l'initiative de M. C.
Quant à l'exercice des fonctions de chargé de mission de projets internationaux et coopération décentralisée :
25. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 que les missions confiées au chargé de mission de projets internationaux et coopération décentralisée, dont le contenu est détaillé dans la fiche de poste, correspondent au grade d'attaché territorial. En outre, si M. C se plaint de l'absence de directive de la part de son supérieur hiérarchique et de missions effectives à remplir, il résulte de l'instruction d'une part, qu'il a occupé ces fonctions seulement au cours du mois d'avril 2021 puis à compter du 1er septembre 2021 avant d'être déclaré inapte par le médecin agréé à compter du 15 septembre 2021 jusqu'au 12 mars 2022 et, d'autre part, que le directeur général adjoint en charge des solidarités, de l'action culturelle et du personnel lui a rappelé, dans un courriel du 3 septembre 2021, la demande de réalisation d'une " note de diagnostic sur l'histoire de la ville et les relations internationales qu'elle a entretenu ces dernières années ". Dans ces conditions, eu égard à la brève période durant laquelle il a occupé ces fonctions, il ne résulte pas de l'instruction que M. C ait été privé de missions.
Quant au refus de télétravailler :
26. M. C soutient qu'en raison de son état de santé vulnérable, le refus opposé par la commune à sa demande de télétravailler à hauteur de trois jours par semaine est constitutif de faits de harcèlement moral. Il est constant que M. C a adressé le 20 avril 2021 une demande d'autorisation de télétravailler à hauteur de trois jours par semaine et que, par un courriel du 21 avril 2021, le directeur général des services l'a autorisé à télétravailler à hauteur d'un jour par semaine. Il résulte de l'instruction que la note d'information de la direction des collectivités locales, datée du 8 février 2021 relative au renforcement du télétravail dans la fonction publique territoriale reprend la circulaire 6246 du 5 février 2021 précisant que le télétravail doit être généralisé dès que cela est possible et rappelant que le télétravail doit être la règle pour les agents dont les fonctions peuvent être exercées totalement ou principalement à distance. Si la commune justifie sa décision portant refus d'autorisation de télétravail à hauteur de trois jours par semaine par la mise à disposition d'un bureau individuel et d'équipements de protection individuelle tels que le gel hydroalcoolique et les masques FFP2, elle ne justifie pas la nécessité de la présence de M. C quatre jours par semaine. Toutefois, ce fait isolé ne permet pas à lui seul de caractériser l'existence d'un harcèlement moral.
27. S'agissant de la décision du 30 juillet 2021 autorisant M. C à télétravailler deux jours par semaine, la note du 1er juin 2021 de la direction générale des collectivités locales, reprenant les principes arrêtés par la circulaire du 26 mai 2021 relative au télétravail dans la fonction publique d'Etat préconisait que, à compter du 1er juillet, le nombre de jours télétravaillés soient fixés à deux. Dans ces conditions, et alors que M. C occupait un bureau individuel et disposait des équipements de protection individuels, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que cette décision ne serait pas justifiée et révèlerait des faits de harcèlement moral.
Quant à la tardiveté des réponses à ses demandes de consultation du médecin de prévention :
28. M. C soutient que la commune de Bobigny a tardé à répondre à sa demande de consultation du médecin de prévention du 15 juillet 2021, renouvelée le 8 août suivant et que la psychologue du travail n'a pas répondu à ses sollicitations. Il résulte toutefois de l'instruction que par un courriel du 30 juillet 2021, le directeur général adjoint en charge des solidarités, de l'action culturelle et du personnel l'a invité à prendre attache auprès de la psychologue du travail pour envisager, s'il le souhaitait, une " éventuelle prise en charge accompagnement ". En outre, il ne résulte pas de l'instruction que M. C n'aurait pas pu, par lui-même, prendre rendez-vous auprès du médecin de prévention alors que, au demeurant, il a sollicité, par un courriel du 16 février 2021, auprès du pôle administratif et santé du service santé au travail une visite médicale avant le 1er mars 2021 et que le même jour un rendez-vous lui a été proposé le 4 mars suivant. Enfin, à la suite de ses demandes des 15 juillet, 4 août et 18 août 2021, l'intéressé a été reçu, à la demande de la collectivité, par le Dr D, médecin agréé, le 15 septembre 2021 puis le 8 novembre 2021. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la réponse apportée par la commune de Bobigny à ses demandes présente un caractère tardif et constituerait un agissement de harcèlement moral.
Quant au traitement tardif de sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident du 13 juillet 2020 :
29. Aux termes de l'article 37-5 du décret du 30 juillet 1987 : " Pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie, l'autorité territoriale dispose d'un délai :/ 1° En cas d'accident, d'un mois à compter de la date de réception de la déclaration prévue à l'article 37-2 ;/ 2° En cas de maladie, de deux mois à compter de la date de réception de la déclaration prévue à l'article 37-2 et, le cas échéant, des résultats des examens complémentaires prescrits par les tableaux de maladies professionnelles./ Un délai supplémentaire de trois mois s'ajoute aux délais mentionnés au 1° et au 2° en cas d'enquête administrative diligentée à la suite d'une déclaration d'accident de trajet ou de la déclaration d'une maladie mentionnée au troisième alinéa du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée, d'examen par le médecin agréé ou de saisine de la commission de réforme compétente. Lorsqu'il y a nécessité d'examen ou d'enquête complémentaire, l'employeur doit en informer l'agent ou ses ayants droit./ Au terme de ces délais, lorsque l'instruction par l'autorité territoriale n'est pas terminée, l'agent est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire pour la durée d'incapacité de travail indiquée sur le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 ou au dernier alinéa de l'article 37-9. Cette décision, notifiée au fonctionnaire, précise qu'elle peut être retirée dans les conditions prévues à l'article 37-9 ".
30. M. C soutient que le délai de traitement de sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de son accident du 13 juillet 2020 présente un caractère excessif. Il résulte de l'instruction que M. C a déclaré un accident le 13 juillet 2020 et que, malgré deux courriels des 15 décembre 2020 et du 7 janvier 2021 dans lesquels il mentionnait l'absence de transmission de l'arrêté de reconnaissance de l'imputabilité au service, c'est seulement le
23 mars 2021 que cet arrêté lui a été transmis, soit près de huit mois après l'accident alors qu'au demeurant il ne résulte pas de l'instruction que la commune de Bobigny ait au préalable diligenté une enquête administrative, que M. C ait été examiné par un médecin agréé pour se prononcer sur l'imputabilité au service de son accident ou que la commission de réforme ait été saisie. La commune de Bobigny se borne à soutenir qu'elle a reconnu l'imputabilité au service de cet accident malgré l'avis défavorable de la psychologue du travail qu'elle ne produit pas, et n'apporte aucun élément de nature à justifier ce délai. Toutefois, alors qu'il a été placé en congé maladie à compter du 14 juillet 2020, le délai pris dans le traitement de sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de son accident ne révèle pas à lui seul une situation de harcèlement moral.
Quant au refus d'imputabilité au service de l'accident du 2 novembre 2021 :
31. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. () / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. / () ". Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service.
32. Il résulte de l'instruction que le 2 novembre 2021, M. C s'est rendu spontanément à la mairie pour rencontrer la directrice des ressources humaines " pour connaître précisément les conditions d'exercice de ses fonctions et sa situation administrative " et qu'à l'occasion de cet échange il a fait un malaise qui a conduit à son admission au sein du service des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny. Toutefois, à cette date, et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que le comportement ou les propos de la directrice des ressources humaines ait excédé l'exercice normal de ses fonctions, M. C avait été déclaré inapte temporairement à l'exercice de ses fonctions pour une durée de deux mois par le médecin agréé qui l'avait examiné le 15 septembre 2021. Dans ces conditions, l'accident de M. C ne peut être regardé comme remplissant les conditions posées par les dispositions précitées de l'article 21 bis de la loi du
13 juillet 1983. Le refus d'imputabilité au service ne constitue ainsi pas un agissement de harcèlement moral.
Quant aux propos tenus par le premier adjoint au maire lors du conseil municipal du 11 février 2021 :
33. Contrairement à ce que soutient M. C les termes employés par le premier adjoint au maire lors du conseil municipal du 11 février 2021 ne peuvent être regardés comme une menace à son encontre, alors au demeurant qu'à cette date M. C n'était pas présent lors de cette réunion en raison de son placement en congé de maladie.
34. Il résulte de tout ce qui précède que les faits énoncés par le requérant, pris ensemble ou séparément, ne peuvent être regardés comme soumettant au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'agissements de harcèlement moral à son encontre.
35. Il s'ensuit que M. C n'est pas fondé à rechercher la responsabilité pour faute de la commune de Bobigny. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur la requête n° 2207198 :
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'absence de caractère décisoire du courriel du 11 mars 2022 informant M. C de la prise de fonctions du responsable du service de la vie associative :
36. Aux termes de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".
37. Si M. C soutient que la décision par laquelle le maire de la commune de Bobigny a refusé de le réintégrer dans son poste de chef de service de la vie associative à l'issue de son congé pour invalidité temporaire imputable au service a été révélée par le courriel du
11 mars 2022, il ressort toutefois des termes mêmes de ce courriel que l'assistante du directeur général des services s'est bornée à l'informer de la prise de fonctions de M. B en qualité de responsable de service de la vie associative depuis le 1er mars 2022. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de ce courriel sont dirigées contre un acte non décisoire. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense sur ce point par la commune de Bobigny doit être accueillie.
En ce qui concerne la décision implicite née le 21 mars 2022 en tant qu'elle porte refus du bénéfice de la protection fonctionnelle en raison de faits de harcèlement moral :
38. Aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ". Aux termes de l'article L.134-5 du même code : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. / Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. ".
39. Il résulte de ce qui a été dit aux points 18 à 34 que les faits invoqués par M. C ne sont pas de nature à faire présumer l'existence d'un harcèlement moral à son encontre. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui accorder la protection fonctionnelle à raison de prétendus agissements de harcèlement moral dont il aurait fait l'objet, le maire de la commune de Bobigny a entaché sa décision d'illégalité.
En ce qui concerne la décision implicite née le 21 mars 2022 en tant qu'elle porte refus de reconnaissance d'imputabilité au service de son accident du 2 novembre 2021 :
40. Il résulte de ce qui a été dit au point 32 que la décision implicite née le 21 mars 2022 en tant qu'elle porte refus de reconnaissance d'imputabilité au service de son accident du
2 novembre 2021 n'est pas entachée d'illégalité.
41. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 21 mars 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
42. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bobigny, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C réclame au titre des frais liés au litige. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C la somme demandée par la commune de Bobigny au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er: Les requêtes n° 2206828 et n° 2207198 de M. C sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Bobigny présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Bobigny.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Deniel, présidente,
Mme Biscarel, première conseillère,
Mme Fabre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.
La rapporteure,
B. BiscarelLa présidente,
C. DenielLa greffière,
A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026