jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2207090 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | BOULISSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 avril 2022 et 7 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Boulisset, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation qui lui a été notifiée en dernier lieu par la mise en demeure, valant commandement, en date du 16 juin 2021 de payer la somme de 2 058 euros correspondant au solde des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 à raison de la perception de revenus fonciers de source française ainsi qu'au solde de la majoration de 10 % appliquée à ces cotisations ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la somme de 2 058 euros qui resterait à payer au titre de l'année 2017 n'est pas due dès lors qu'il résulte de la mise en demeure du 16 juin 2021 qu'à cette date, il avait effectué un versement, en droits, de 7 534 euros sur les 9 179 euros dus et que l'administration avait prononcé, par une décision du 16 décembre 2019, un dégrèvement à hauteur de 5 049 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents conclut au rejet de la requête. Elle soutient que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Syndique, première conseillère,
- les conclusions de M. Khiat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui réside en Espagne, a été assujetti au titre de l'année 2017, à raison de ses revenus fonciers de source française, à des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour des montants respectifs de 4 130 euros et 5 049 euros, soit un total de 9 179 euros. Le comptable public du service des impôts des particuliers non-résidents lui ayant en dernier lieu notifié une mise en demeure, valant commandement, en date du 16 juin 2021, il demande au Tribunal la décharge de l'obligation de payer la somme de 2 058 euros correspondant, à hauteur de 1 645 euros, au solde des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux et, à hauteur de 413 euros, au solde de la majoration de 10 % appliquée à ces cotisations.
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable à la requête : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : () 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. () ". Il résulte de ces dispositions qu'un contribuable ne peut invoquer des moyens relatifs à la régularité de la procédure d'imposition ou au bien-fondé des impositions dans le cadre d'une contestation relevant du contentieux du recouvrement.
3. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 16 décembre 2019, antérieure à la mise en demeure, l'administration a prononcé un dégrèvement total d'un montant de 5 049 euros des cotisations de prélèvements sociaux auxquelles M. A avait été assujetti au titre de l'année 2017. Il résulte en outre de la mise en demeure du 16 juin 2021 qu'à cette date, l'intéressé avait effectué un versement de 7 534 euros sur le montant de 9 179 euros dû initialement au titre des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ainsi qu'un versement de 413 euros au titre de la majoration de 10 % appliquée à ces cotisations. En conséquence tant du dégrèvement que des versements déjà effectués tels qu'ils résultent de la mise en demeure, dont les éléments ne sont pas contredits par l'administration en défense, cette dernière n'était fondée à réclamer à M. A au titre de l'année 2017 ni la somme de 1 645 euros en droits ni la somme de 413 euros au titre du solde de la majoration, dès lors que ce dernier montant est inférieur au montant de la majoration sur le montant dégrevé.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A doit être déchargé de l'obligation de payer de 2 058 euros.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est déchargé de l'obligation de payer 2 058 euros procédant en dernier lieu de la mise en demeure, valant commandement, en date du 16 juin 2021.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents.
Délibéré après l'audience du 27 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Garzic, président,
Mme Syndique, première conseillère,
Mme Fabre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La rapporteure,
N. Syndique
Le président,
P. Le Garzic Le greffier,
S. Werkling
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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