lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2212297 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET DRAGHI-ALONSO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 juillet 2022 et 11 mars 2024, la société ENEDIS, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la société Bureau Veritas Exploitation à lui verser une somme de 4 436,91 euros TTC en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait du dommage de travaux publics survenu le 24 juillet 2017 ;
2°) de mettre à la charge de la société Bureau Veritas Exploitation la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance n'est pas prescrite : l'étendue du dommage n'a été connue que lorsque la société a pu chiffrer l'intégralité du coût des réparations, soit à la date du courrier de mise en cause du 9 août 2017, et la réclamation préalable adressée le 13 avril 2022 à la société Bureau Véritas Exploitation a interrompu le délai de prescription ;
- en sa qualité de tiers aux travaux à l'origine du dommage, elle est fondée à demander l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis sur le terrain de la responsabilité sans faute de l'entrepreneur ;
- la responsabilité sans faute de la société Bureau Veritas Exploitation en sa qualité d'entrepreneur en charge des travaux est engagée, sans qu'elle ne puisse se prévaloir des fautes éventuellement commises par son sous-traitant pour s'exonérer de sa responsabilité ;
- la société Bureau Veritas Exploitation a commis des fautes en omettant de transmettre la DICT, qu'elle avait bien réalisée, et les plans des réseaux à son sous-traitant, et en omettant de procéder au marquage piquetage ;
- les travaux de réparation se sont élevés à la somme de 4 436,91 euros : 2 128,46 euros au titre de l'intervention d'un prestataire extérieur pour le terrassement, et 2 308,45 euros au titre des dépenses liées à l'intervention d'opérateurs et d'assistants pour la réalisation des travaux de reprise.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 novembre 2022 et 3 avril 2024, la société Bureau Veritas Exploitation, représentée par Me Draghi-Alonso, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête de la société ENEDIS ;
2°) à titre subsidiaire, de ramener l'indemnité allouée à la société ENEDIS à de plus justes proportions ;
3°) de mettre à la charge de la société ENEDIS la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance dont se prévaut ENEDIS est prescrite : le délai de prescription a commencé son cours le 24 juillet 2017, date de la manifestation du dommage dans son intégralité, et a expiré le 25 juillet 2022 ; la lettre du 13 avril 2022 de la société ENEDIS n'est ni suspensive ni interruptive de prescription ;
- elle n'est pas responsable du dommage, lequel incombe à la société Astaruscle Environnement ;
- le préjudice n'est pas justifié dans son quantum.
L'affaire a été renvoyée en formation collégiale, en application des dispositions de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dupuy-Bardot, première conseillère,
- les conclusions de Mme Nguër, rapporteure publique,
- et les observations de Me Sene, substituant Me Draghi-Alonso, représentant la société Bureau Veritas Exploitation.
La société ENEDIS n'était pas représentée.
Considérant ce qui suit :
1. L'établissement public territorial Plaine Commune a, par acte du 6 décembre 2016, confié à la société Bureau Veritas Exploitation une mission d'expertises environnementales des sites et sols pollués pour le campus Condorcet à Aubervilliers. Le
24 juillet 2017, alors que la société Astaruscle Environnement, sous-traitante de la société Bureau Veritas Exploitation, procédait à la réalisation des sondages à proximité du 10, rue Waldeck Rochet à Aubervilliers, un engin de terrassement mécanique a endommagé un câble électrique HTA enfoui dans le sol, appartenant au réseau d'exploitation de la société ENEDIS. Par la présente requête, la société ENEDIS demande au tribunal de condamner la société Bureau Veritas Exploitation, en sa qualité d'entrepreneur en charge des travaux, à l'indemniser des conséquences dommageables de ce dommage.
Sur la prescription :
2. Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ". La prescription instituée par ces deux dispositions court à compter de la date à laquelle la victime a une connaissance suffisamment certaine de l'étendue du dommage. Les conséquences futures et raisonnablement prévisibles des désordres apparus ne constituent pas une aggravation du dommage de nature à reporter le point de départ du délai de prescription.
3. Le délai de prescription est interrompu notamment dans les conditions prévues par les articles 2240, 2241 et 2244 du même code.
4. Il résulte de l'instruction que la société ENEDIS a eu une connaissance suffisamment certaine de l'étendue du dommage le 25 juillet 2017, date à laquelle les travaux de reprise de celui-ci ont été achevés. Si la société ENEDIS a demandé l'indemnisation de son préjudice à la société Bureau Veritas Exploitation par courrier du 13 avril 2022, une telle demande ne constitue pas une cause interruptive du délai de prescription. Dans ces conditions, la société Bureau Veritas Exploitation est fondée à soutenir que la créance dont se prévaut la société ENEDIS était prescrite lors de l'introduction de la requête le 31 juillet 2022. Par suite, les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Bureau Veritas Exploitation, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par la société ENEDIS au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Bureau Veritas Exploitation au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société ENEDIS est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Bureau Veritas Exploitation au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Enedis et à la société Bureau Veritas Exploitation.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
Mme Tahiri, première conseillère,
Mme Dupuy-Bardot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
La rapporteure,
N. Dupuy-Bardot
Le président,
J. Charret
La greffière,
L. Valcy
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026