lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2212565 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | PARTOUCHE-KOHANA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 août 2022, et des pièces complémentaires transmises le 10 octobre 2024, Mme A D, Mme C D et M. E D, représentés par Me Partouche-Kohana, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à verser à Madame A D la somme de 15 000 euros, en réparation de son préjudice moral et psychologique, et troubles de toute nature dans ses conditions d'existence, à compter du dernier jugement indemnitaire en date du 4 mai 2022 ;
2°) de condamner l'Etat à verser à Monsieur E D la somme de 15 000 euros, en réparation de son préjudice moral et psychologique, et troubles de toute nature dans ses conditions d'existence, à compter du dernier jugement indemnitaire en date du 4 mai 2022 ;
3°) de condamner l'Etat à verser à Madame C D la somme de 15 000 euros, en réparation de son préjudice moral et psychologique, et troubles de toute nature dans ses conditions d'existence, à compter du dernier jugement indemnitaire en date du 4 mai 2022.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée dès lors qu'ils n'ont reçu aucune proposition de logement, alors qu'ils ont été reconnus prioritaires par la commission de médiation du droit au logement opposable le 22 janvier 2014 ;
- ils sont dépourvus d'un logement adapté à leurs besoins et capacités, ce qui leur a causé des troubles de toute nature dans leurs conditions d'existence.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit d'observations.
Mme A D a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur ces litiges.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Partouche-Kohana, pour les requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 22 janvier 2014, la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis a désigné Mme A D comme prioritaire et devant être logée en urgence. Par une ordonnance en date du 18 novembre 2014, le tribunal administratif de Montreuil a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d'assurer le logement de la requérante sous une astreinte de 550 euros par mois de retard à compter du 2 janvier 2015. Par deux jugements en date du 25 septembre 2017 et du 4 mai 2022, le tribunal administratif de Montreuil a condamné l'Etat à verser à Madame D les sommes de, respectivement, 7 500 euros et de 1 650 euros au titre de la réparation des préjudices subis en l'absence de relogement. N'ayant toujours pas reçu de proposition de logement, Mme A D et ses deux enfants majeurs, Mme C D et M. E D ont saisi le préfet de la Seine-Saint-Denis d'une demande indemnitaire préalable par un courrier en date du 1er juin 2022. Ils demandent au tribunal de condamner l'État à leur verser une somme de 45 000 euros en réparation de leurs troubles dans les conditions d'existence.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".
3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée en urgence par une commission de médiation en application des dispositions de l'article
L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence de l'Etat à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 de ce code. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court à compter de l'expiration du délai de trois ou six mois imparti au préfet, à compter de la décision de la commission de médiation, par l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation, pour provoquer une offre de logement. Dans le cas où le demandeur a été reconnu prioritaire au seul motif que sa demande de logement social n'a pas reçu de réponse dans le délai réglementaire, son maintien dans le logement où il réside ne peut être regardé comme entraînant des troubles dans ses conditions d'existence lui ouvrant droit à réparation que si ce logement est inadapté au regard, notamment, de ses capacités financières et de ses besoins.
4. Il résulte de ce qui vient d'être dit que la responsabilité de l'Etat ne saurait être engagée qu'à l'égard de Mme A D, seule demandeure de logement prioritaire. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par Mme C D et M. E D doivent être rejetées.
5. Par une décision du 22 janvier 2014, la commission de médiation du département de la Seine-Saint-Denis a reconnu le caractère urgent et prioritaire de la demande de Mme A D au motif " Attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral ". Par deux jugements en date du 25 septembre 2017, et du 4 mai 2022, le tribunal administratif de Montreuil a condamné l'Etat à verser à Madame D les sommes de 7 500 euros et de 1 650 euros au titre de la réparation des préjudices subis en l'absence de relogement. Il ressort de l'instruction que la requérante a été relogée en vertu d'un bail signé en date du 14 novembre 2023. S'agissant de sa composition familiale, Mme A D est célibataire et mère de deux enfants. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que ses enfants seraient restés rattachés au foyer fiscal de la requérante à compter de leur majorité. Il résulte également de l'instruction que l'intéressée présente une situation de santé fragile qui lui impose de vivre au rez-de-chaussée ou au premier étage avec ascenseur. La période d'indemnisation s'étend donc du 4 mai 2022 au 14 novembre 2023. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en fixant l'indemnisation due à la somme de 600 euros.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'État à verser à Mme A D la somme de 600 euros.
D E C I D E :
Article 1 : L'Etat est condamné à verser à Mme A D la somme de 600 euros tous intérêts confondus au jour du présent jugement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Mme C D, à M. E D, à Me Partouche-Kohana et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
La magistrate désignée
Th. B
Le greffier
L. Dionisi
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026