mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2213865 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | VERRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 septembre 2022, 11 juillet 2023 et 6 octobre 2023, Mme C B, représentée par Me Verrier, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 4 juillet 2022 par laquelle la commune de Montreuil a rejeté sa demande d'attribuer une place en crèche à son fils D A ;
2°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer dans l'attente de la communication par la commune de Montreuil du " compte rendu " de la commission d'admission aux modes d'accueil réunie le 13 mai 2022 ainsi que des demandes anonymisées d'attribution de places en crèche ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montreuil de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle n'a pas examiné sa demande de se voir attribuer une place en secteur 3 ;
- elle a été prise en méconnaissance des critères d'attribution ;
- elle emporte des conséquences sur sa situation personnelle et celle de ses enfants ;
- elle lui a été notifiée tardivement, entraînant des conséquences sur sa situation personnelle et celle de ses enfants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, la commune de Montreuil conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable à défaut de contenir l'exposé de moyen d'illégalité, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen tiré du défaut de motivation de la décision en litige, dès lors que la requête introductive d'instance ne contenait que des moyens de légalité interne et que ce moyen de légalité externe a été soulevé après l'expiration du délai de recours contentieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lançon, première conseillère,
- les conclusions de M. Bernabeu, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a demandé auprès de la commune de Montreuil l'admission en crèche de son fils, D A, né le 11 octobre 2020. La commission d'admission aux modes d'accueil (CAMA) s'est réunie le 13 mai 2022. Par une décision du 4 juillet 2022 dont Mme B sollicite l'annulation, la commune de Montreuil a rejeté cette demande.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée "
3. La requête introductive d'instance de Mme B, enregistrée le 9 septembre 2022, ne contenait que des moyens relatifs à la légalité interne de la décision en litige. Dans son mémoire complémentaire, enregistré le 11 juillet 2023, la requérante a soulevé un moyen de légalité externe tiré du défaut de motivation de la décision attaquée. Ce moyen, qui n'est pas d'ordre public, a été soulevé après l'expiration du délai de recours contentieux. Par suite, il est irrecevable et doit être écarté pour ce motif.
4. En deuxième lieu, la requérante soutient sans l'établir avoir effectué une demande d'attribution d'une place en crèche dans trois secteurs, 3, 4 et 5, et que sa demande en secteur 3 n'a pas été examinée. Toutefois, la requérante, qui n'a pas produit de copie de sa demande, n'établit pas avoir sollicité de place en crèche en secteur 3 tandis que la mention du " groupe 3 " dans le tableau intitulé " CAMA SECTEUR 5- Printemps 2022 Enfants nés en 2020 " est sans rapport avec le secteur demandé. Dans ces conditions, ce moyen doit aussi être écarté.
5. En troisième lieu, Mme B soutient que la décision en litige emporte des conséquences sur sa qualité de vie ainsi que celle de ses enfants et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, en particulier du tableau mentionné précédemment, qu'à l'occasion de sa réunion du 13 mai 2022, la commission d'admission aux modes d'accueil a examiné quarante demandes relevant de la tranche d'âge du fils de la requérante alors que seules douze places étaient disponibles. Il ne ressort d'aucun autre élément du dossier qu'en rejetant la demande de Mme B au motif de l'absence de place disponible après examen des trente-neuf autres candidatures, la commune de Montreuil aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des critères d'attribution d'une place en crèche.
6. En quatrième et dernier lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que la notification de la décision en litige était tardive doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de surseoir à statuer, que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la commune de Montreuil.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Baffray, président,
Mme Gaullier-Chatagner, conseillère,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
La rapporteure,
L.-J. Lançon
Le président,
J.-F. Baffray
La greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026