jeudi 29 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2214237 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | GOEAU-BRISSONNIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête n° 2214237, enregistrée le 19 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Goeau-Brissonniere, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) de condamner l'État à lui verser, au titre de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, la somme de 5 000 euros ;
3°) de mettre à la charge du préfet de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée par l'Etat directement.
Il soutient que :
- les décisions du 28 mai 2022 par lesquelles le préfet de police a, d'une part, refuser d'octroyer un délai de départ volontaire et prononcé une interdiction de retour sur le territoire et, d'autre part, ordonné son placement en centre de rétention administrative, ont été annulées par un jugement du 7 juin 2022 qui, faute d'appel dans les délais, est devenu définitif ;
- cette illégalité est constitutive d'une faute susceptible d'engager la responsabilité de l'État ;
- le lien de causalité est établi ;
- son préjudice moral et ses troubles dans ses conditions d'existence sont évalués à la somme de 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2023, le préfet de police, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Israël, premier conseiller, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, né le 1er janvier 2004, a fait l'objet le 28 mai 2022 d'un arrêté par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné. Par un arrêté du même jour, le préfet de police lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois. Par jugement n° 2211919/8 en date 7 juin 2022 le tribunal administratif de Paris a annulé les décisions du 28 mai 2022 par lesquelles le préfet de police a refusé d'octroyer à M. A un délai de départ volontaire et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois sont annulées. Le même jour, le préfet de police a ordonné la remise en liberté de l'intéressé. Par un courrier reçu en préfecture le 12 septembre 2022, le conseil de M. A a présenté une demande préalable indemnitaire. En l'absence de réponse, une décision implicite de rejet est née. M. A demande au tribunal l'annulation de ce refus implicite et la condamnation du préfet de police à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices subis à raison de l'illégalité des décisions du 28 mai 2022 par lesquelles le préfet de police a, d'une part, refuser d'octroyer un délai de départ volontaire et prononcé une interdiction de retour sur le territoire et, d'autre part, ordonné son placement en centre de rétention administrative.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En l'absence de toute demande d'aide juridictionnelle figurant au dossier la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire présentée par M. A doit être rejetée.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le principe de la responsabilité :
3. Par le jugement susmentionné du 7 juin 2022, devenu définitif, le tribunal administratif de Paris a annulé les décisions du 28 mai 2022 par lesquelles le préfet de police a refusé d'octroyer à M. A un délai de départ volontaire et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois au motif que la première décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Ce moyen, qui entache la décision annulée d'illégalité, constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat à raison des préjudices directs et certains qu'elle a causé au requérant.
En ce qui concerne les préjudices :
4. M. A soutient avoir subi un trouble dans ses conditions d'existence ainsi qu'un préjudice moral en raison de la précarité de sa situation administrative et de son placement en rétention administrative en compagnie d'adultes, dont certains l'ont agressé. Le requérant se fonde notamment sur la décision du préfet de police de le placer en rétention administrative le 28 mai 2023. Il résulte cependant de l'instruction que s'il a été placé en rétention administrative, ce placement s'est achevé le 7 juin 2022 en raison du jugement du tribunal administratif de Paris. Dans ces conditions, il est constant que la décision préfectorale du 28 mai 2022 a entraîné des troubles dans les conditions d'existence du requérant qui a été irrégulièrement privé de sa liberté de circuler. En revanche M. A ne verse aucun élément de nature à établir avoir fait l'objet d'agression lors de cette rétention. De même, si M. A soutient également " avoir vécu avec l'angoisse liée à l'irrégularité de son séjour et le risque permanent d'un éloignement ", il est constant qu'il fait toujours l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qu'il lui appartient d'exécuter, le jugement du tribunal administratif de Paris ayant rejeté les conclusions dirigées à l'encontre de cette décision. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ces chefs de préjudice en évaluant l'indemnité due à ce titre à la somme de 1 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
5. M. A n'a pas demandé l'aide juridictionnelle. Dès lors, son avocat ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A une somme de 1 000 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Caldoncelli Vidal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 février 2024.
Le rapporteur,
M. Israël
La présidente,
Mme DelamarreLe greffier
M. B
La République mande et ordonne au préfet de police, ou à tout autre préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026