vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2215036 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 octobre 2022 et le 16 décembre 2024 sous le numéro 2215036, M. C B, représenté par Me Moutoussamy, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis rejetant implicitement son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 13 décembre 2021 ordonnant la récupération d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 21 615,88 euros ;
2°) de prononcer la décharge du montant réclamé ;
3°) d'enjoindre au département de la Seine-Saint-Denis de le rembourser des montants recouvrés, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du département de la Seine-Saint-Denis la somme de 1 300 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la commission de recours amiable n'a pas été consultée préalablement ;
- la décision de récupération est irrégulière non en raison de l'insuffisance de motivation mais de l'absence de notification régulière de chaque indu ;
- la caisse a mis en œuvre l'exercice du droit de communication prévu à l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale sans l'en informer avant de mettre en recouvrement l'indu, en méconnaissance de l'article L. 114-21 du même code et de la réglementation européenne ;
- il n'est pas justifié de la nomination régulière, de l'agrément et de l'assermentation de l'agent ayant procédé au contrôle ;
- le bien-fondé de l'indu n'est pas précis et n'est pas établi, il n'a pas résidé plus de quatre-vingt-douze jours en Angleterre, où il n'a effectué que des déplacements temporaires pour une raison grave et urgente et alors qu'il n'est pas possible de déclarer sur la plateforme de la caisse des courts séjours à l'étranger ;
- il est de bonne foi, aucune disposition légale ou réglementaire n'indique à partir de quelle durée de séjour passée à l'étranger un allocataire devrait déclarer un changement de situation, aucune rubrique des déclarations trimestrielles ne le prévoyant et l'y invitant ; cette bonne foi remet en cause la levée de la prescription biennale couvrant la période de juin à décembre 2019.
Par un mémoire enregistré le 29 novembre 2024, le département conclut à sa mise hors de cause dans la mesure où la créance ne lui a pas été transmise par la caisse d'allocations familiales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
La caisse fait valoir que la requête est infondée en tous ses moyens.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 29 août 2022.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 décembre 2022 et le 16 décembre 2024 sous le numéro 2217490, M. B, représenté par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 décembre 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis ordonnant la récupération d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 152,45 euros ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis de lui rembourser les sommes retenues dans le cadre du recouvrement de l'indu réclamé ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas signée ;
- il ne soutient pas un défaut de motivation mais un vice de procédure par défaut de notification régulière de l'indu ;
- il appartient à l'administration d'apporter la preuve du versement effectif du montant dont elle se prétend créancière ; la réclamation d'indus est imprécise et infondée, tant dans son principe que dans son montant ;
- la décision de fin de droits au revenu de solidarité active, contestée devant le tribunal administratif, n'est pas définitive et la caisse ne peut pas exciper de celle-ci pour fonder la décision attaquée ;
- il est de bonne foi, il est matériellement impossible de déclarer un séjour à l'étranger.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
La caisse fait valoir que la requête est irrecevable car tardive et infondée en tous ses moyens.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 24 octobre 2022.
III. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 décembre 2022 et le 16 décembre 2024 sous le numéro 2217499, M. B, représenté par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 13 décembre 2021 ordonnant la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement ;
2°) de prononcer la décharge du montant réclamé au titre de cet indu ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis de lui reverser les sommes déjà retenues dans le cadre de la procédure de recouvrement ;
4°) de mettre à la charge du département de la Seine-Saint-Denis la somme de 1 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure faute pour la caisse d'allocations familiales d'établir que la commission de recours amiable a été saisie de son recours préalable obligatoire ;
- elle est irrégulière en raison non de son insuffisance de motivation mais de l'absence de notification de la décision de notification d'indu ;
- il incombe à l'administration de prouver le bien fondé des indus dont le remboursement est réclamé ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale faute pour la caisse d'allocations familiales d'établir qu'il a eu droit à l'information sur la teneur et l'origine des informations recueillies auprès de tiers, prévue par ces dispositions ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le principe du contradictoire a été méconnu par l'absence de communication du rapport d'enquête et de l'entier dossier au stade du recours préalable ;
- il n'est pas justifié de la nomination régulière, de l'agrément et de l'assermentation de l'agent ayant procédé au contrôle ;
- le bien-fondé de l'indu n'est pas précis et n'est pas établi, il n'a pas résidé plus de quatre-vingt-douze jours en Angleterre, où il n'a effectué que des déplacements temporaires pour une raison grave et urgente et alors qu'il n'est pas possible de déclarer sur la plateforme de la caisse des courts séjours à l'étranger ;
- il est de bonne foi, aucune disposition légale ou réglementaire n'indique à partir de quelle durée de séjour passée à l'étranger un allocataire devrait déclarer un changement de situation, aucune rubrique des déclarations trimestrielles ne le prévoyant et l'y invitant. Cette bonne fois remet en cause la levée de la prescription biennale couvrant la période juin à décembre 2019.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
La caisse fait valoir que la requête est infondée en tous ses moyens.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 24 octobre 2022.
IV. Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2022 sous le numéro 2217502, M. B, représenté par Me Bapceres, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 avril 2022 du directeur de la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis ordonnant la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 150 euros ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis de lui rembourser les sommes retenues dans le cadre du recouvrement de l'indu réclamé ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas signée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- il appartient à l'administration d'apporter la preuve du versement effectif du montant dont elle se prétend créancière ; la réclamation d'indus est infondée dans son principe et dans son montant ;
- la décision de fin de droits au revenu de solidarité active, contestée devant le tribunal administratif, n'est pas définitive et la caisse d'allocations familiales ne peut pas exciper de celle-ci pour fonder la décision attaquée.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
La caisse fait valoir que la requête est infondée en tous ses moyens et qu'une nouvelle décision de notification d'indu motivée lui a été notifiée le 27 novembre 2024 rendant inopérant le défaut de motivation de la décision initiale.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 24 octobre 2022.
V. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 janvier 2023 et le 16 décembre 2024 sous le numéro 2300165, M. B, représenté par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis a procédé à des retenues à compter du 5 septembre 2022 pour des montants excessifs et en violation de l'effet suspensif d'une contestation d'indu.
2°) d'annuler le refus de l'administration d'indemniser le préjudice résultant des retenues illégales ;
3°) d'enjoindre au département de la Seine-Saint-Denis de lui rembourser les retenues illégales pratiquées ;
4°) de condamner le département de la Seine-Saint-Denis à l'indemniser à hauteur de 5 200 euros.
Il soutient que les retenues pratiquées par l'administration à compter de septembre 2022 pour le recouvrement d'indus de RSA et de prime d'activité sont illégales dès lors que :
- les indus de RSA et de prime d'activité recouvrés ne lui ont pas été régulièrement notifiés ;
- l'indu de RSA était injustifié car il avait conservé sa résidence en France ;
- la décision de récupération de l'indu de RSA avait fait l'objet d'un recours suspensif en application des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles,
- le montant des récupérations excède le plafond prévu à l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale. Sa bonne foi remet en cause la levée de la prescription biennale couvrant la période allant de juin à décembre 2019.
Par un mémoire enregistré le 29 novembre 2024, le département conclut à sa mise hors de cause dans la mesure où la créance de RSA litigieuse ne lui a pas été transmise.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
La caisse fait valoir que la requête est infondée en tous ses moyens, les retenues opérées étant légales et la réalité du préjudice allégué n'étant en tout état de cause pas justifié.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 20 décembre 2022.
VI. Par une requête, enregistrée le 7 mars 2023 sous le numéro 2302685, M. B, représenté par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis a procédé à une retenue de 189,74 euros sur les prestations versés au titre du mois de février 2023 ;
2°) d'enjoindre au département de la Seine-Saint-Denis et à la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis de lui rembourser la retenue illégale pratiquée ;
3°) de mettre à la charge du département de la Seine-Saint-Denis la somme de 1 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la retenue de 189,74 euros pratiquée en mars 2023 sur les prestations au titre du mois de février 2023 est illégale dès lors, d'une part, que l'indu qu'elle vise à recouvrer fait l'objet de recours suspensif et, d'autre part, que son montant excède le plafond prévu par les dispositions de l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale.
Par un mémoire enregistré le 29 novembre 2024, le département conclut à sa mise hors de cause car il n'est pas concerné par la créance de revenu de solidarité active en cause.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
La caisse fait valoir que la requête est infondée en tous ses moyens.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 7 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022 ;
- le décret n° 2022-130 du 5 février 2022 relatif à l'expérimentation de la recentralisation du revenu de solidarité active ;
- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à la crise sanitaire aux ménages et aux jeunes de moins de vingt-cinq ans les plus précaires ;
- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baffray,
- et les observations de Mme A, dûment habilitée, pour la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'un contrôle de la situation de M. B, la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis, ayant constaté des séjours à l'étranger, a, par une décision du 13 décembre 2021, notifié à M. B une dette de 21 615,88 euros résultant du versement d'indus référencés IM5 001, correspondant au revenu de solidarité active (RSA), et IN5 005, soit l'aide personnalisée au logement (APL), sur la période allant de juillet 2019 à novembre 2021. M. B a adressé au président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis et à la caisse d'allocations familiales de ce département des recours administratifs préalables obligatoires contre chacun des indus, qui ont été reçus le 2 juin 2022 puis implicitement rejetés. Par ses requêtes enregistrées sous les numéros 2215036 et 2217499, M. B demande l'annulation de ces décisions implicites, la décharge de l'obligation de rembourser la somme de 21 615,88 euros et l'injonction au département, à l'État et à la caisse d'allocations familiales de lui reverser les sommes récupérées dans le cadre de la procédure de recouvrement engagée par la caisse. Toutefois, il résulte de l'instruction que les recours administratifs préalables obligatoires formés par M. B à l'encontre de la décision du 13 décembre 2021 de notification de ces indus ont fait l'objet, en cours d'instance, de décisions explicites de rejet rendues, sur le RSA, le 5 novembre 2024 par la commission de recours amiable de la caisse et, sur les APL, le 26 novembre 2024 par le directeur de la caisse, qui se sont substituées aux décisions de rejet implicites contestées. Ces deux requêtes doivent dès lors être regardées comme tendant à l'annulation de ces décision explicites.
2. Par ses requêtes n° 2300165 et 2302685, M. B demande l'annulation des décisions de procéder à des retenues sur ses prestations versées en août et septembre 2022 et en mars 2023, pour le recouvrement des mêmes indus de RSA et d'APL, l'injonction au département de la Seine-Saint-Denis et à la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis de lui rembourser les retenues ainsi pratiquées et de condamner le département de la Seine-Saint-Denis à lui verser une indemnité de 5 200 euros en raison du préjudice que lui cause ces retenues illégales.
3. Le 19 décembre 2021, M. B a également fait l'objet d'une décision du directeur de la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis lui réclamant le remboursement de la prime exceptionnelle de fin d'année 2020 (PEFA), d'un montant de 152,45 euros, au motif qu'il n'y avait pas droit dans la mesure où il ne bénéficiait pas du RSA sur la période novembre-décembre 2020. Par sa requête enregistrée sous le numéro 2217490, M. B demande l'annulation de cette décision et l'injonction au préfet de la Seine-Saint-Denis de reverser les sommes récupérées dans le cadre de la procédure de recouvrement de cette somme.
4. Par une décision en date du 16 avril 2022, la caisse d'allocations familiales a aussi notifié à M. B un indu d'aide exceptionnelle de solidarité (AES), d'un montant de 150 euros, au motif que, sur les mois de référence de l'année 2020, il ne bénéficiait pas d'un droit à l'allocation de RSA, au revenu de solidarité ou à l'APL. Par sa requête enregistrée sous le numéro 2217502, M. B demande l'annulation de cette décision et l'injonction au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui reverser les sommes déjà retenues dans le cadre de la procédure de recouvrement.
5. Ces six requêtes de M. B présentent à juger de questions liées, concernent des prestations d'aide sociale elles-mêmes liées et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur le non-lieu à statuer sur la décision du 16 avril 2022 ordonnant la récupération d'un indu d'AES :
6. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
7. La caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis ayant, en cours d'instance, annulé et remplacé la décision du 16 avril 2022 notifiant à M. B une dette à rembourser de 150 euros correspondant à un indu d'AES par une décision du 27 novembre 2024 ayant la même portée, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre cette décision du 16 avril 2022.
Sur la fin de non-recevoir opposée à la requête dirigée contre la décision de récupération d'un indu de PEFA :
8. Aux termes de l'article L. 112-9 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration met en place un ou plusieurs téléservices, dans le respect des dispositions de loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique et aux libertés et des règles de sécurité et d'interopérabilité prévues aux chapitres IV et V de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives. / Lorsqu'elle met en place un ou plusieurs téléservices, l'administration rend accessibles leurs modalités d'utilisation, notamment les modes de communication possibles. Ces modalités s'imposent au public. / (). "
9. Et aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. "
10. Il résulte de l'instruction que la décision du 19 décembre 2021 de récupération d'un indu de PEFA au titre de l'année 2020 a été envoyée le 20 décembre 2021 à M. B par la voie du téléservice prévu à l'article L. 112-9 du code des relations entre le public et l'administration et mis en place par la caisse d'allocations familiales, et lue par celui-ci le lendemain. Cette décision mentionne les délais et voies de recours pour la contester. Dès lors, le délai dont disposait M. B pour saisir le tribunal administratif prenait fin le 22 février 2022. Ce délai était donc expiré lorsqu'il a présenté, le 8 juin 2022, une demande d'aide juridictionnelle en vue d'une requête en annulation de la décision du 19 décembre 2021. Par suite, la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis est fondée à soutenir que la requête, enregistrée le 6 décembre 2022 sous le numéro 2217490, tendant à l'annulation de cette décision et à la décharge de l'obligation de rembourser la dette ainsi notifiée est tardive, par conséquent irrecevable, et doit être rejetée pour ce motif en toutes ses conclusions.
Sur le bien-fondé des décisions de récupération d'indus de RSA, d'APL et d'AES et la prescription des créances de RSA et d'APL sur la période allant de juin à décembre 2019 :
11. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. " Selon l'article L. 262-45 du même code : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci () ". Et l'article R. 262-37 du même code dispose que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence () ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
12. Aux termes de l'article L. 821-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale. " Aux termes de l'article R. 822-2 de ce code : " Est considéré comme résidence principale, pour l'application du premier alinéa du II de l'article L. 822-2, le logement effectivement occupé soit par le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, soit par son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 823-4, au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure ". Et en vertu de l'article R. 823-3 du même code : " Les changements survenus, au cours de la période de paiement de l'aide, dans la situation du bénéficiaire ou du ménage font l'objet de justifications fournies avec la demande de révision du montant de l'aide. "
13. Par ailleurs, l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations fait obstacle à l'application de la prescription biennale au profit de la prescription quinquennale de droit commun. Si le délai de prescription court à compter du paiement de la prestation, l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations est de nature à reporter, à la date de découverte de celles-ci, le point de départ de la prescription de l'action en répétition de l'indu. La notion de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration doit s'entendre comme visant les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative.
14. M. B conteste le bien-fondé de la créance dont la caisse d'allocations familiales lui a demandé le remboursement le 13 décembre 2021, pour un montant de 21 615,88 euros correspondant à des indus de RSA et d'APL versés sur la période allant de juillet 2019 à novembre 2021. Il ne fournit cependant qu'une attestation de contrat de fourniture d'électricité, des photographies, treize " preuves de paiement " partiel et erratique de factures émises par la société d'HLM Vilogia, quelques quittances de loyer et des documents médicaux éparses qui ne contredisent pas les constats de l'agent de contrôle, notamment sur le peu de dépenses de la vie courantes en France et ne permettent pas de considérer qu'il résidait effectivement en France durant cette période, l'intéressé admettant au contraire des séjours non déclarés en Grande-Bretagne, dont il ne fournit pas les dates, notamment pour s'occuper de son fils qui s'y trouvait également, alors que l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles réserve le RSA aux personnes résidant en France de manière stable et effective, que le bénéfice de l'APL est subordonné à une résidence principale en France durant huit mois par an et que la prétendue impossibilité matérielle de déclarer un changement de résidence n'est nullement démontrée. Il ne résulte dès lors pas de l'instruction que la créance de 21 615,88 euros d'indu de RSA et d'APL dont la caisse d'allocations familiales lui réclame le remboursement serait mal fondée, ni que le requérant puisse se prévaloir d'une bonne foi et alors de la prescription biennale sur la période d'indu allant de juin à décembre 2019.
15. En second lieu, aux termes du I de l'article 1er du décret du 27 novembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à la crise sanitaire aux ménages et aux jeunes de moins de vingt-cinq ans les plus précaires : " Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins une des allocations suivantes au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 : 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; () 3° L'une des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation (). ". Aux termes du I de l'article 2 de ce décret : " Les bénéficiaires du revenu de solidarité active mentionné au 1° de l'article 1er ont droit, au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité, à un versement de 150 D'une part, aux termes de euros sous réserve que le montant de leur allocation dû au titre du mois de septembre ou d'octobre ne soit pas nul. " Et selon l'article 4 du même décret : " I. - Tout paiement indu de l'aide exceptionnelle de solidarité attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. () ".
16. Contrairement à ce que soutient également M. B à l'encontre de l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité (AES) au titre de l'année 2020, la seule circonstance que la décision de récupération de l'indu de RSA sur la période de juillet 2019 à novembre 2021 ait été contestée devant le tribunal ne s'opposait pas à la récupération de l'AES qui lui avaient été versée en tant que bénéficiaire du RSA sur les mois de référence de l'année 2020, en application des dispositions précitées du décret du 27 novembre 2020. Par ailleurs, comme il a été dit au point 14, il ne résulte pas de l'instruction que la décision de récupération d'un indu de RSA, couvrant la période de septembre et octobre 2020, était mal fondée. Enfin, si M. B soutient qu'il appartient à la caisse d'allocations familiales de justifier l'indu dans son principe et dans son montant en apportant la preuve du versement effectif de la somme dont elle se prétend créancière, il ne dément pas sérieusement avoir effectivement perçu une AES de 150 euros, soit le montant forfaitaire pour une personne seule fixé par le même décret du 27 novembre 2020.
17. Par suite, M. B n'est pas fondé à contester le bien-fondé des indus de RSA, d'APL et d'AES litigieux.
Sur la régularité des décisions de récupération des indus de RSA, APL et AES :
En ce qui concerne les décisions de récupération d'indus de RSA et d'APL :
18. En premier lieu, aux termes des dispositions du 19° du IV de l'article 43 de la loi du 30 décembre 2021 de finances pour 2022 applicable au litige : " Par dérogation à l'article L. 262-47, toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. / ". Il résulte de ces dispositions et de celles de l'article R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles tel que modifié par le décret du 5 février 2022 relatif à l'expérimentation de la recentralisation du revenu de solidarité active que la décision sur une réclamation relative au RSA est, en Seine-Saint-Denis, prise par la commission de recours amiable de la caisse.
19. Et selon l'article R. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable. / Ses décisions sont motivées ".
20. Comme il a été dit au point 1, les recours administratifs préalables obligatoires formés par M. B à l'encontre de la décision du 13 décembre 2021 de notification des indus de RSA et d'APL ont fait l'objet, en cours d'instance, de décisions explicites de rejet respectivement prise les 5 et 26 novembre 2024 qui se sont substituées aux décisions de rejet implicites initialement contestées et aux décisions initiales de récupération, qui lui ont d'ailleurs été nécessairement notifiées puisqu'il a formé des recours préalables à leur encontre. Ces nouvelles décisions explicites ont été rendues, pour celle relative au RSA, par la commission de recours amiable et, pour celle relative aux APL, par le directeur de la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis sur et par référence à l'avis du 5 novembre 2024 de la commission de recours amiable qui lui est jointe. Ces deux décisions indiquent les motifs de fait et de droit qui les fondent de manière suffisamment précise pour les comprendre et les discuter. Ainsi les moyens tirés d'incompétence, de vice de procédure par défaut de saisine pour avis de la commission de recours amiable, d'insuffisance de motivation et d'un défaut de notification des décisions du 13 décembre 2021 de récupération des indus de RSA et d'APL versés sur la période de juillet 2019 à novembre 2021 doivent être écartés.
21. En deuxième lieu, selon l'article L. 114-9 du code de la sécurité sociale, les directeurs des caisses d'allocations familiales " sont tenus, lorsqu'ils ont connaissance d'informations ou de faits pouvant être de nature à constituer une fraude, de procéder aux contrôles et enquêtes nécessaires. () ". Aux termes de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes de sécurité sociale confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale (), le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations (). Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire ".
22. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que les contrôles portant sur les déclarations des bénéficiaires ne peuvent être conduits que par des agents assermentés et agréés, chargés d'une telle mission par le directeur de la caisse d'allocations familiales assurant le service de cette prestation. Il en résulte également que l'agrément d'un agent établit que celui-ci est affecté à un emploi comportant une mission de contrôle, dont il a été chargé par le directeur de la caisse d'allocations familiales qui l'emploie.
23. En l'espèce, la caisse d'allocations familiales a justifié de ce que l'agent ayant procédé au contrôle de la situation de M. B préalablement à la notification des indus de RSA et d'APL était un agent de contrôle agréé et assermenté.
24. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale : " Le droit de communication permet d'obtenir, sans que s'y oppose le secret professionnel, les documents et informations nécessaires : () 3° Aux agents des organismes de sécurité sociale pour recouvrer les prestations versées indûment (). Le droit prévu au premier alinéa s'exerce quel que soit le support utilisé pour la conservation des documents et peut s'accompagner de la prise immédiate d'extraits et de copies. Les documents et informations sont communiqués à titre gratuit dans les trente jours qui suivent la réception de la demande. () ". Aux termes de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande ".
25. Les articles L. 114-19 et L. 114-20 du code de la sécurité sociale ont instauré, à des fins de contrôle, un droit de communication auprès de tiers limitativement énumérés au bénéfice des organismes de sécurité sociale. En vertu de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale, il incombe à l'organisme de sécurité sociale qui fait usage de ce droit de communication d'informer l'allocataire de l'origine et de la teneur des renseignements qu'il a effectivement utilisés pour décider de supprimer l'octroi des prestations et de récupérer l'indu. Cette obligation a pour objet de permettre à celui-ci, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement de l'indu qui en procède, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Ces dispositions instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'administration demeure sans conséquence sur le bien-fondé de l'indu s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.
26. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête du 8 décembre 2021 de l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis, que M. B a été entendu en entretien par ce dernier durant l'enquête et mis en mesure de s'expliquer sur ses propres relevés bancaires faisant apparaître des opérations en Grande-Bretagne ne pouvant avoir été réalisées que dans ce pays et établissant ainsi qu'il y résidait habituellement du 1er juillet 2019 au 31 octobre 2021, contrairement à ses déclarations. Il n'apparaît par ailleurs pas que M. B aurait vainement demandé copie des documents ainsi utilisés pour fonder la décision de récupération. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit aussi être écarté.
27. Par suite, M. B n'est pas non plus fondé à contester la régularité des décisions de rejet de ses recours administratifs préalables obligatoires à l'encontre de la décision de récupération des indus de RSA et d'APL.
En ce qui concerne la décision de récupération d'indu d'AES :
28. Comme il a été dit aux points 6 et 7, les conclusions de M. B contestant la décision de récupération de l'indu d'AES versée en application du décret du 27 novembre 2020 doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 27 novembre 2024 ayant remplacée, en cours d'instance, celle du 16 avril 2022.
29. En premier lieu, la décision du 27 novembre 2024 de récupération d'indu d'AES mentionne les prénom, nom et fonctions de son auteur, et comporte sa signature, conformément aux dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
30. En second lieu, ladite décision, qui impose une sujétion, comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit précises et circonstanciées qui en constituent le fondement, conformément aux dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut aussi qu'être écarté.
31. Par suite, M. B n'est pas davantage fondé à contester la régularité de la décision du 27 novembre 2024 de récupération d'indu d'AES.
32. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions ordonnant la récupération d'indus de RSA, d'APL et d'AES versés entre juillet 2019 et novembre 2021.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
33. Il découle également de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge de l'obligation de rembourser les indus de RSA, d'APL et d'AES en cause.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de décisions de retenues pratiquées en août 2022, septembre 2022 et mars 2023, d'injonction de remboursement et d'indemnisation du préjudice causé par ces retenues :
34. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. () ".
35. Il ne résulte d'aucun élément de l'instruction que la caisse d'allocations familiales, qui indique que les retenues faites tendaient à la récupération de l'indu d'APL et au recouvrement d'une amende administrative pour fraude, ait pratiqué des retenues pour la récupération de l'indu de RSA, ou d'un indu de prime d'activité, après la réception du recours administratif préalable exercé le 2 juin 2022 contre la décision de récupération de l'indu de RSA. Ainsi, M. B n'est pas fondé à soutenir que la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis a décidé irrégulièrement ou à tort, en août 2022, septembre 2022 et mars 2023, d'effectuer des retenus pour la récupération de l'indu de RSA en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ou de celles de l'article R. 262-92-1 de ce code.
36. En second lieu, si M. B soutient que, sur ces périodes de retenue, il ne disposait que du RSA et les APL, il ne fournit aucun élément l'établissant et permettant de vérifier ses revenus mensuels et alors le montant mensuel du prélèvement pouvant être effectué sur ses prestations. Il ne démontre ainsi pas que le montant retenu sur ses prestations dépassait le plafond fixé par les dispositions de l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale.
37. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions de pratiquer des retenus en violation de l'effet suspensif d'une contestation d'indu de RSA et pour des montants excédant le plafond de l'article D. 553-1 du code de la sécurité sociale, ni par conséquent, à demander le remboursement de ces retenues ou l'indemnisation, par le département de la Seine-Saint-Denis, du préjudice, au demeurant non avéré, qu'elles lui auraient causé.
Sur les frais d'instance :
38. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'État ou du département de la Seine-Saint-Denis, qui ne sont pas les parties perdantes, le versement à Me Moutoussamy ou à Me Bapceres d'une somme au titre des frais que M. B aurait exposés s'il n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la décision du 16 avril 2022 ordonnant la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes susvisées de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Moutoussamy, à Me Bapceres, à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, à la caisse d'allocations familiales de Seine-Saint-Denis et au département de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.
Le magistrat désigné,La greffière,
J.-F. BaffrayA. Macaronus
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles et au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui les concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Nos 2215036
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026