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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2215892

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2215892

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2215892
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantKHATRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Wersus, représentée par Me Khatri et Me Menard, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 15 juin 2022 par laquelle la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a prononcé à son encontre la sanction de suspension temporaire de son référencement sur le service dématérialisé mentionné à l'article L. 6323-9 du code du travail pour une durée de neuf mois ;

2°) à titre subsidiaire, de réduire la durée de la suspension du référencement précité à un mois ;

3°) d'enjoindre à la CDC de rétablir son référencement sur le site " Mon compte formation " sans délai et sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de condamner la CDC à lui verser la somme totale de 204 000 euros, ainsi que les intérêts au taux légal et la capitalisation de ces intérêts en réparation des préjudices subis résultant de l'illégalité de la décision du 15 juin 2022 ;

5°) de mettre à la charge de la CDC la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente à défaut de justifier d'une délégation de signature ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence d'avis motivé rendu par la commission ad hoc prévue aux stipulations de l'article 4.2.2 des conditions particulières d'utilisation applicables aux organismes de formation et édictées par la CDC ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire prévu à l'article R. 6333-6 du code du travail et à l'article 13.1.1 des conditions générales d'utilisation ainsi que du principe général des droits de la défense ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'un défaut de base légale dès lors qu'elle a été prise au motif de la méconnaissance de conditions nouvelles qui ont été édictées par la CDC en méconnaissance des règles de publicité et d'affichage des actes réglementaires prévues à l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration, du principe de

non-rétroactivité, de l'obligation d'édicter des mesures transitoires prévue à l'article L. 221-5 de ce code et du principe général de sécurité juridique ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est fondée sur la méconnaissance de conditions d'éligibilité des formations d'aide à la création d'entreprise et à la reprise d'entreprise (ACRE) au compte personnel de formation, relatives à la consistance du projet du stagiaire, à sa viabilité économique et à son adéquation avec le champ de compétence de l'organisme de formation, non prévues au III de l'article D. 6323-7 du code du travail ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation en ce que, d'une part, la société propose des formations qui répondent aux conditions d'éligibilité au compte personnel de formation telles que résultant de l'article D. 6323-7 du code du travail et du guide Formations ACRE de la CDC, d'autre part, elle s'est toujours conformée aux observations de la CDC, laquelle ne fait état d'aucune plainte de stagiaire depuis le 16 mars 2020, date à laquelle elle a commencé à dispenser des formations ACRE ;

- la sanction est disproportionnée ;

- la responsabilité de la CDC est engagée en raison de l'illégalité fautive de la décision de déférencement en litige ou, à titre subsidiaire, en raison de la méconnaissance, par la CDC, de ses obligations contractuelles ;

- il en est résulté des préjudices se décomposant comme suit : 154 000 euros correspondant au manque à gagner et 50 000 euros correspondant à l'atteinte à sa réputation professionnelle et au préjudice moral.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 février 2024, la Caisse des dépôts et consignations, représentée par la SELARL Adden avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société Wersus au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Un mémoire en défense a été enregistré, le 3 octobre 2024, pour la CDC.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires présentées par la société Wersus, faute d'avoir été précédées d'une demande préalable d'indemnisation, selon les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées par la société Wersus sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en ce qu'elles sont dirigées contre la Caisse des dépôts et consignations, laquelle agit au nom de l'Etat en vertu des articles combinés L. 518-2 du code monétaire et financier et R. 6333-12-1 du code du travail.

Un mémoire a été enregistré pour la société Wersus, le 22 octobre 2024, en réponse aux deux moyens d'ordre public.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lançon, première conseillère,

- les conclusions de M. Bernabeu, rapporteur public,

- les observations de Me Ménard, avocat de la société Wersus,

- les observations de la SELARL Adden Avocats (Me Monfront), avocat de la CDC.

Considérant ce qui suit :

1. La société Wersus est un organisme de formation professionnelle, dont l'activité est déclarée en application de l'article L. 6351-1 du code du travail et qui dispense, par l'intermédiaire de la plateforme " moncompteformation.gouv.fr ", notamment des actions de formation d'accompagnement et de conseil dispensées aux créateurs ou repreneurs d'entreprises. Par courrier du 5 mai 2022, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), gestionnaire pour le compte de l'Etat du " Compte Personnel Formation " sur la plateforme précitée, a informé la société Wersus que ses actions de formation à la création et à la reprise d'entreprise (ACRE) ne remplissaient pas les conditions d'éligibilité au compte personnel de formation, que ces manquements étaient susceptibles de conduire à son exclusion de la plateforme dédiée par une décision de déférencement et qu'elle disposait d'un délai de trois semaines pour présenter ses observations écrites et faire connaître à la CDC les mesures prises pour se conformer à la réglementation. Par un courrier électronique du 10 mai 2022, la société Wersus a demandé à la CDC, notamment, de préciser les formations de son catalogue qui ne seraient pas conformes. Par une décision du 15 juin 2022, la CDC a prononcé à l'encontre de la société Wersus une sanction de déférencement de la plateforme " Mon Compte Formation " pour une durée de neuf mois. Par la présente requête, la société Wersus demande au tribunal d'annuler la décision du 15 juin 2022 précitée et de condamner la CDC à lui verser la somme de 204 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis résultant de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 6111-1 du code du travail : " La formation professionnelle tout au long de la vie constitue une obligation nationale. Elle vise à permettre à chaque personne, indépendamment de son statut, d'acquérir et d'actualiser des connaissances et des compétences favorisant son évolution professionnelle, ainsi que de progresser d'au moins un niveau de qualification au cours de sa vie professionnelle. Elle constitue un élément déterminant de sécurisation des parcours professionnels et de la promotion des salariés. / () / Elle comporte une formation initiale, comprenant notamment l'apprentissage, et des formations ultérieures, qui constituent la formation professionnelle continue, destinées aux adultes et aux jeunes déjà engagés dans la vie active ou qui s'y engagent. / () / Afin de favoriser son accès à la formation professionnelle tout au long de la vie, chaque personne dispose dès son entrée sur le marché du travail et jusqu'à la retraite, indépendamment de son statut, d'un compte personnel de formation qui contribue à l'acquisition d'un premier niveau de qualification ou au développement de ses compétences et de ses qualifications en lui permettant, à son initiative, de bénéficier de formations. ". Aux termes de l'article L. 6111-7 du même code : " Les informations relatives à l'offre de formation, définies par un arrêté du ministre chargé de la formation professionnelle, sont collectées au sein d'un système d'information national géré par la Caisse des dépôts et consignations, dont les conditions de mise en œuvre sont précisées par décret. / Ce système est alimenté par : / 1° Les organismes mentionnés à l'article L. 6316-1 ; / 2° Les prestataires d'actions mentionnés à l'article L. 6351-1. / () / Ce système d'information identifie les formations éligibles au compte personnel de formation mentionnées à l'article L. 6323-6. Ce système d'information national est publié en ligne, dans un standard ouvert aisément réutilisable. ". L'article L. 6323-9 du même code dispose : " La Caisse des dépôts et consignations gère le compte personnel de formation, le service dématérialisé, ses conditions générales d'utilisation et le traitement automatisé mentionnés à l'article L. 6323-8 dans les conditions prévues au chapitre III du titre III du présent livre. Les conditions générales d'utilisation précisent les engagements souscrits par les titulaires du compte et les prestataires mentionnés à l'article L. 6351-1. ". Le livre III de la partie réglementaire du code du travail, intitulé " la formation professionnelle ", de la sixième partie de ce code, " la formation professionnelle tout au long de la vie " comporte un chapitre III désigné " compte personnel de formation " lequel comporte lui-même une section IV relative aux " obligations contractuelles des organismes de formation et des titulaires du compte personnel de formation ". Au sein de cette section, l'article R. 6333-5 dispose que : " La Caisse des dépôts et consignations définit dans les conditions générales d'utilisation du service dématérialisé mentionnées à l'article

L. 6323-9, les engagements souscrits par les titulaires du compte personnel de formation et les prestataires mentionnés à l'article L. 6351-1 " et l'article R. 6333-6, dans sa version applicable à la date de la décision contestée, énonce que : " Lorsque la Caisse des dépôts et consignations constate un manquement de l'un des prestataires mentionnés à l'article L. 6351-1 aux engagements qu'il a souscrits, elle peut, selon la nature du manquement, lui prononcer un avertissement, refuser le paiement des prestations, demander le remboursement des sommes qu'elle lui a indûment versées et suspendre temporairement son référencement sur le service dématérialisé mentionné à l'article L. 6323-9. Ces mesures, proportionnées aux manquements constatés, sont prises après application d'une procédure contradictoire et selon des modalités que les conditions générales d'utilisation du service dématérialisé précisent. / () ".

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : [] 2° Infligent une sanction ". L'article L. 211-5 du même code dispose : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. Il ressort des pièces du dossier que la décision contestée, intitulée " lettre de clôture de la période contradictoire portant décision définitive ", se borne à indiquer que la sanction de déréférencement en litige a été prise au motif que les formations ACRE proposées par la société Wersus ne respectaient pas les critères prévus aux articles L. 6313-1, L. 6313-2 et D. 6323-7 du code du travail et que les justificatifs fournis n'étaient pas conformes à ceux attendus, lesquels devaient porter sur " la viabilité économique du projet du stagiaire et de (sa) capacité à l'accompagner dans son projet, () la réalité du suivi pédagogique mis en œuvre, (le) contenu de la formation ACRE, laquelle doit garantir l'apprentissage de compétences, entrepreneuriales, à l'exception des gestes métiers ". Si la CDC faisait référence au courrier du 5 mai 2022 qu'elle avait adressé à la société concernée mentionné au point 1, celui-ci, intitulé " lettre d'ouverture de la procédure contradictoire ", ne précisait pas en quoi et éventuellement lesquelles des actions de formation ACRE figurant au catalogue de la société Wersus ne remplissaient pas les critères d'éligibilité au compte personnel de formation. Dans ces conditions, la décision en litige, par sa formulation stéréotypée dont la CDC ne conteste pas qu'elle correspondait à un modèle-type qui a été adressé à l'ensemble des organismes de formation faisant l'objet de sa campagne de contrôle, et à défaut de préciser les griefs reprochés à la société Wersus, ne contient pas les énonciations de fait suffisantes sur lesquelles elle est fondée.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les mesures mentionnées à l'article L. 121-1 à caractère de sanction ne peuvent intervenir qu'après que la personne en cause a été informée des griefs formulés à son encontre et a été mise à même de demander la communication du dossier la concernant. ". L'article R. 6333-6 du code du travail, cité au point 2, prévoit que la sanction de suspension temporaire du référencement d'un organisme de formation sur le service dématérialisé mentionné à l'article L. 6323-9 du même code, est prise après application d'une procédure contradictoire et selon les modalités précisées par les conditions générales du service dématérialisé. L'article 13 des conditions générales d'utilisation de la plateforme " Mon compte formation " applicables aux organismes de formation et édictées par la CDC en application de l'article R. 6333-5 du code du travail, dans sa version applicable à la date d'édiction de la décision attaquée prévoit : " 13.1.1. En présence de tout différend entre la CDC d'une part et les OF ou Titulaires de compte d'autre part, les Parties conviennent d'appliquer la présente procédure aux fins de tenter de trouver un accord amiable. La CDC adresse par tout moyen physique ou dématérialisé permettant d'en garantir la date de réception, à la partie en manquement, une lettre d'observations. / A réception de la lettre d'observations, le Titulaire du compte ou l'Organisme de formation concerné bénéficie d'une période d'échange et de dialogue pour discuter des constats et observations adressés. Cette période est dite " Période Contradictoire ". / Durant cette Période Contradictoire, le Titulaire du compte ou l'Organisme de formation peut dans un délai précisé par la CDC dans la lettre d'observation qui ne peut être inférieur à 8 (huit) jours calendaires, formuler ses observations écrites, apporter les précisions nécessaires, faire part d'un éventuel désaccord, ou bien fournir tout document utile. () Au terme de la Période Contradictoire, la CDC notifie la décision par tout moyen physique ou dématérialisé permettant d'en garantir la date de réception. (). ".

6. Il ressort des pièces du dossier que par courrier du 5 mai 2022, la CDC a informé la société requérante de ce que ses actions de formation ACRE ne remplissaient pas les critères d'éligibilité au compte personnel de formation en lui indiquant qu'elle avait, en conséquence été destinataire d'un rappel à l'ordre en date du 5 avril 2022 lui laissant un délai de cinq jours pour se mettre en conformité. Cependant, la société requérante conteste avoir été destinataire d'un tel courrier de rappel à l'ordre et la CDC, en défense, n'établit pas le lui avoir notifié. En outre, si la lettre du 5 mai 2022, rédigée en des termes stéréotypés comme il a été dit au point 4, laissait à la société Wersus un délai de trois semaines pour présenter ses observations et faire connaître les mesures de régularisation prises, elle ne comportait aucune indication précise quant aux griefs formulés à l'encontre de la société concernée. Par courrier électronique du 10 mai 2022, resté sans réponse, la société Wersus demandait ainsi à la CDC de lui indiquer les formations de son catalogue n'étant pas conformes aux exigences légales. Dans ces conditions, la société Wersus ne peut être regardée comme ayant été informée utilement des griefs formulés à son encontre et mise à même de formuler utilement des observations avant le prononcé de la sanction. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, qui l'a privée d'une garantie, doit être accueilli.

7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 15 juin 2022 de la DCD doit être annulée.

Sur les conclusions indemnitaires :

8. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant.

9. La société Wersus demande que la CDC soit condamnée à l'indemniser des préjudices résultant de l'l'illégalité de la décision du 15 juin 2022 prononçant à son encontre son déférencement du service dématérialisé " Mon Compte Formation ", sans accompagner sa requête introductive d'instance d'une demande préalable d'indemnisation ou d'une décision prise sur cette demande. Si, après l'information qui lui a été faite en vertu de l'article R. 611-7 du code de justice administrative sur ce point, la société requérante justifie du dépôt d'une demande indemnitaire préalable le 14 octobre 2024, aucune décision expresse ni aucune décision implicite de rejet n'est intervenue à la date du présent jugement. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par la SARL Wersus sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Il résulte de l'instruction que la sanction de déférencement du service dématérialisé prévu à l'article L. 6323-9 du code du travail prononcée pour une durée de neuf mois est entrée en vigueur le 17 juin 2022 et a été entièrement exécutée à la date du présent jugement. Dès lors, le présent jugement n'implique aucune mesure d'injonction. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Wersus, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la CDC demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la CDC une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Wersus et non compris dans les dépens..

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 15 juin 2022 de la Caisse des dépôts et consignations est annulée.

Article 2 : La CDC versera à la société Wersus une somme de 1 500 euros au titre des frais liés au litige.

Article 3 : Les conclusions présentées par la Caisse des dépôts et consignations au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Wersus et à la ministre du travail et de l'emploi.

Copie en sera adressée à la Caisse des dépôts et consignations.

Délibéré après l'audience du 20 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Baffray, président,

Mme Lançon, première conseillère,

Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

La rapporteure,

L.-J. Lançon

Le président,

J.-F. Baffray

La greffière,

S. Le Bourdiec

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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