lundi 30 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2216195 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | CABINET SPHERANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2022, M. B A représenté par Me Visscher demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui communiquer son entier dossier dans le cadre de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de communiquer les documents sollicités ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son dossier administratif lui permettra de justifier de sa présence régulière en France depuis 2009 notamment la copie de l'ensemble de ses titres de séjour qui lui aurait permis de démontrer qu'il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
- ce refus méconnaît les dispositions de l'article L. 311-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, le Préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- Il n'y a pas d'illégalité dans la circonstance que l'administration ne lui aurait pas communiqué son dossier ;
- Il n'y a pas de corrélation entre l'issue donnée à sa demande de titre de séjour et la communication de son dossier administratif ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur la requête de M. A dès lors que le fond du dossier ayant servi à l'examen de sa demande de titre de séjour et notamment son fichier TAJ a été produit par le préfet de la Seine-Saint-Denis.
Par une lettre du 13 décembre 2024, M. A a présenté des observations qui n'ont pas été communiquées.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les conclusions de Mme Nour, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux demandes du 1er avril 2021 et du 13 décembre 2021, M. A a sollicité auprès de la préfecture de la Seine-Saint-Denis la production de son entier dossier de demande de titre de séjour. En l'absence de réponse, ce dernier a saisi la commission d'accès aux documents administratifs le 28 juin 2022 qui a formulé le 6 septembre 2022 un avis favorable sur sa demande. M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du défaut de communication des documents sollicités.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 300-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le droit de toute personne à l'information est précisé et garanti par les dispositions des titres Ier, III et IV du présent livre en ce qui concerne la liberté d'accès aux documents administratifs ". Aux termes de l'article L. 300-2 de ce code : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions ".
3. Aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ".
4. Il ressort des pièces du dossier que si le préfet de la Seine-Saint-Denis a communiqué un extrait du TAJ ayant servi à l'examen du dossier de demande de titre de séjour déposé par M. A, ce seul document ne saurait constituer par lui-même l'entier dossier administratif de demande de titre de séjour de M. A. Dans ces conditions, en l'absence de communication de l'entier dossier sollicité, le préfet de la Seine-Saint-Denis a entaché sa décision d'erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision implicite de rejet de la demande de communication des documents administratifs sollicités par le requérant, doit être annulée.
6. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision implique nécessairement, compte tenu de l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, que les documents sollicités soient communiqués au requérant sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de communiquer à M. A son entier dossier de demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite rejetant la demande de communication des documents administratifs sollicités par M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de communiquer, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement, l'entier dossier de demande de titre de séjour de M. A.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au Préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2024.
La magistrate désignée,
A. C Le greffier,
C. CHAUVEY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026