mercredi 22 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2300557 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | BROCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 janvier 2023 et le 2 janvier 2024, Mme A D née E et M. C D, agissant en leur nom propre et en leur qualité de représentants légaux de leurs quatre enfants mineurs, représentés par Me Brochard, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 30 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande préalable, en réparation des troubles de toute nature dans leurs conditions d'existence résultant du manquement à une obligation de relogement prononcée par la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à leur conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée dès lors que leur relogement a été reconnu prioritaire par la commission de médiation ;
- leur famille, qui est composée d'un couple et de quatre enfants, âgés de 5, 10, 13 et 16 ans, vit dans un logement de type T3 de 51,92 m², moyennant un loyer mensuel de 1 261,15 euros, cette typologie n'étant pas compatible avec la composition du foyer ;
- l'absence de relogement leur cause des troubles dans les conditions d'existence.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une décision du 6 décembre 2022, Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges prévus aux articles R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La commission de médiation du département de la Seine-Saint-Denis a, par une décision du 3 mars 2021, désigné Mme D comme prioritaire et devant être logée en urgence. N'ayant pas reçu de proposition de logement, M. et Mme D ont saisi le préfet de la Seine-Saint-Denis d'une demande indemnitaire préalable par un courrier du 28 juin 2022. Cette demande a été implicitement rejetée. Ils demandent, en leur nom propre et au nom de leurs enfants mineurs, la condamnation de l'Etat à leur verser la somme de 30 000 euros.
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant, mentionné à l'article 1er de la loi n° 90-449 du
31 mai 1990 visant à la mise en oeuvre du droit au logement, est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".
3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court à l'expiration du délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour provoquer une offre de logement.
4. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les conclusions indemnitaires présentées par M. et Mme D au nom de leurs enfants mineurs ainsi que celles présentées par M. D en son nom propre, doivent être rejetées.
5. La commission de médiation a reconnu le 3 mars 2021 le caractère urgent et prioritaire de la demande de Mme D au motif qu'elle était dépourvue de logement. Il résulte de l'instruction que la requérante a conclu le 16 septembre 2020 un contrat de bail, prenant effet au 1er octobre 2020, pour un logement, comprenant un séjour, une salle de bain et deux chambres, d'une superficie de 55 m², moyennant un loyer d'un montant de 1 261,15 euros charges comprises. D'une part, la production d'une attestation établie le 6 juin 2022 par le représentant de la société Renobat ne permet pas, à elle seule, de remettre en cause la superficie du logement telle qu'elle figure dans le contrat de bail. Ainsi, et contrairement à ce qui est soutenu, le logement que la requérante occupe avec son mari et leurs quatre enfants n'est pas sur-occupé. D'autre part, la seule circonstance que le logement de la requérante soit composé de deux chambres et d'un séjour et que ses enfants partagent la même chambre, ne peut, à défaut de tout élément concret résultant d'une situation particulière du ménage imposant une configuration spécifique du lieu d'habitation, suffire à le faire regarder comme inadapté à ses besoins. Enfin, à supposer que Mme D ait entendu soutenir que son loyer était manifestement disproportionné à ses ressources, il résulte de l'instruction que son époux est gérant de la SARL Tanit Bâtiment depuis le 26 octobre 2020 et perçoit à ce titre, ainsi qu'il est indiqué dans la requête, un revenu mensuel compris entre 1 500 euros et 2 000 euros, que le ménage a déclaré, au titre des impôts sur le revenu de 2021 à 2023, un revenu annuel de 16 535 euros, de 27 454 euros et de 29 855 euros et a en outre perçu, entre 2022 et 2024, des prestations sociales pour un montant mensuel d'environ 1 200 euros, comprenant l'allocation de logement, les allocations familiales avec conditions de ressources, le complément familial et la prime d'activité. Dès lors, Mme D, qui au demeurant ne produit pas l'intégralité des attestations de paiement de la caisse d'allocations familiales pour la période en cause, en dépit de la mesure d'instruction adressée par le tribunal, ne peut être regardée comme supportant un loyer excédant notablement ses capacités financières. Il ne résulte pas enfin de l'instruction que la requérante continuerait de se trouver dans une situation lui permettant d'être reconnue comme prioritaire et devant être relogée en urgence en application des dispositions de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation. Dans ces conditions, Mme D n'est pas fondée à soutenir que l'absence de proposition de logement social adapté lui ouvrirait droit à réparation.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. et Mme D doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D née E, à M. C D, à Me Brochard et au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
S. B
La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026