LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2301887

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2301887

lundi 8 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2301887
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7ème Chambre
Avocat requérantGABORIT RUCKER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés respectivement les 14 février 2023 et 4 décembre 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la société AGB, représentée par Me Debray, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis des sommes à payer n° 811 du 7 décembre 2022 émis pour un montant de 31 550,40 euros au profit de la commune du Raincy ;

2°) de la décharger du paiement de cette somme ;

3°) de mettre à la charge de la commune du Raincy une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

- que le titre exécutoire est entaché d'un défaut de signature ;

- qu'il est entaché d'un défaut de motivation ;

- qu'il est illégal par voie d'exception d'illégalité de l'arrêté n° 22 T.230 du 3 octobre 2022 qui est entaché d'incompétence, d'illégalité en l'absence de sa transmission au contrôle de légalité, d'illégalité en l'absence de détermination des droits de voirie, et d'une erreur de fait ;

- que la créance n'est pas certaine, liquide ni exigible.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2023, la commune du Raincy, représentée par Me Savignat, conclut au rejet de la requête, et à ce qu'il soit mis à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Charret,

- les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique,

- et les observations de Me Savignat, pour la commune du Raincy, qui se rapporte à ses écritures.

La société AGB n'était ni présente, ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Par un avis des sommes à payer du 7 décembre 2022, la commune du Raincy a mis à la charge de la société AGB une somme de 31 550,40 euros, correspondant au montant de la redevance due pour l'occupation de dépendances de son domaine public pour la période du 1er au 28 septembre 2022. La société AGB demande d'une part, l'annulation de ce titre exécutoire, et d'autre part, la décharge du paiement de cette somme.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.

3. Aux termes de l'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance (). ". Aux termes de l'article L. 2125-3 du même code : " La redevance due pour l'occupation ou l'utilisation du domaine public tient compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l'autorisation. ".

4. Lorsqu'une commune entend affirmer l'existence d'une créance à l'égard d'un tiers, il lui appartient d'émettre un titre de recettes, dont le caractère exécutoire sera le cas échéant suspendu par la saisine du juge compétent en vertu de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales. Le fondement de la créance ainsi constatée doit cependant se trouver dans les dispositions d'une loi, d'un règlement ou d'une décision de justice, ou dans les obligations contractuelles ou quasi-délictuelles du débiteur. Il appartient ainsi au juge de vérifier qu'à la date à laquelle il statue, la créance a un caractère exigible, certain et liquide et, par suite, si cette créance est fondée sur l'application d'un contrat, d'examiner si l'ordonnateur a fait une correcte application des clauses de ce contrat.

5. En l'espèce, la commune du Raincy, qui sollicite de la société AGB le versement d'une créance correspondant au montant de la redevance due pour l'occupation du domaine public, produit un rapport de constatation de l'occupation irrégulière par la société requérante de la parcelle du domaine public en litige pour la période du 1er au 28 septembre 2022. Dans ces conditions, et dès lors que toute occupation du domaine public donne lieu au paiement d'une redevance, la créance de la commune du Raincy doit être regardée comme revêtant un caractère certain, liquide et exigible. Par suite, le moyen tiré de ce que la créance litigieuse n'est ni certaine, ni liquide et ni exigible ne peut qu'être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 31 550,40 euros mise à la charge de la société AGB doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de l'arrêté du 3 octobre 2022 :

7. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.

8. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par une délibération du 15 juillet 2020, le conseil municipal a donné délégation au maire de la commune, M. B A, pour fixer les tarifs des droits de voirie. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales : " Sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal et, en particulier : / 1° De conserver et d'administrer les propriétés de la commune et de faire, en conséquence, tous actes conservatoires de ses droits ; / () ".

10. Il résulte de l'instruction que l'arrêté contesté n'a pas été transmis au contrôle de légalité. Toutefois, le défaut de transmission d'un acte pris par une autorité communale au représentant de l'État est sans incidence sur sa légalité et fait seulement obstacle à ce qu'il devienne exécutoire. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de l'arrêté attaqué en l'absence de transmission au contrôle de légalité doit être écarté.

11. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 13 mai 2019, le conseil municipal a voté en faveur d'une augmentation des prestations communales et notamment les droits de voirie. Ladite délibération, qui a été transmise au préfet le 27 mai 2019, est devenue exécutoire le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'absence de détermination des droits de voirie doit être écarté.

12. En quatrième et dernier lieu, il résulte de l'instruction qu'un rapport de constatation a été établi par la police municipale de la commune du Raincy, le 28 septembre 2022, attestant de la présence de la société AGB sur la parcelle du domaine public située au 66 allée Gambetta au Raincy. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

En ce qui concerne la régularité du titre exécutoire :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () / 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public vaut notification de ladite ampliation. / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. / (). "

14. Il résulte de l'instruction que l'avis des sommes à payer du 7 décembre 2022 comporte la mention " A Jean Michel Maire ". Ce titre exécutoire mentionne ainsi les nom, prénom et la qualité de son émetteur. En outre, en application des dispositions précitées, seul le bordereau de titres doit comporter la signature de l'ordonnateur. Par suite, le moyen tiré de l'absence de signature de son auteur doit être écarté.

15. En second lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () " Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.

16. Le titre exécutoire en litige n° 811 comporte la mention : " arrêté n° 22.T 230 AGB- 07/12/2022 1/09-28/09/22 ". Une telle mention constitue une indication suffisante des bases de liquidation de la créance de la commune du Raincy, dès lors qu'elle fait référence de manière suffisamment explicite à l'arrêté précité fixant les droits de voirie applicables. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la commune a adressé à la société requérante, par un courriel en date du 3 octobre 2023, ledit arrêté, l'informant ainsi qu'elle faisait l'objet d'une facturation des droits de voirie avec une pénalité de trois fois le tarif journalier comme le prévoyait la délibération n° 2019-05-039 du 13 mai 2019. Cette même délibération renvoie à une annexe mentionnant les tarifs des droits de voirie. Dans ces conditions, la société AGB a été régulièrement informée de la nature et de l'objet de la somme mise à sa charge par la commune du Raincy. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation du titre exécutoire doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire présentées par la société AGB doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune du Raincy, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, supporte la charge des frais exposés par la société AGB et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions doivent, dans ces conditions, être rejetées. En revanche, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société AGB une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune du Raincy et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société AGB est rejetée.

Article 2 : La société AGB versera à la commune du Raincy une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société AGB et à la commune du Raincy.

Délibéré après l'audience du 18 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Charret, président,

Mme Nguër, première conseillère,

Mme Courcet-Desvaux, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2024.

Le président-rapporteur,

J. Charret

L'assesseur le plus ancien,

M. Nguër

La greffière,

L. Valcy

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions