LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2302581

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2302581

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2302581
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation9ème chambre (J.U)
Avocat requérantYACOUB

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a jugé une demande en responsabilité de l'État suite à une erreur dans le recouvrement de travaux d'office. La juridiction a retenu la faute de l'administration pour avoir poursuivi le recouvrement auprès des anciens propriétaires informés de leur non-responsabilité, et a accordé 1 000 euros en réparation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence subis. La décision s'appuie sur les principes généraux de la responsabilité administrative pour faute.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 mars 2023, M. D... C... et Mme A... B... épouse C..., représentés par Me Yacoub, demandent au tribunal :

1°) de condamner l’Etat à leur verser la somme de 2 000 euros en réparation de leurs préjudices, cette somme étant assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 novembre 2021 et de la capitalisation de ces intérêts ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Ils soutiennent que :
- la responsabilité de l’Etat est engagée dès lors que la SCI Dacca, dont ils étaient les représentants, a été contrainte de payer, par un titre de perception du 8 décembre 2021, les travaux prévus par l’arrêté d’insalubrité du 25 octobre 2019 alors que, n’étant pas propriétaire des locaux visés par cet arrêté, celui-ci avait été modifié sur ce point par un arrêté du 11 décembre 2019 ;
- si le titre de perception précité a été annulé, ils ont subi des troubles dans leurs conditions d’existence et un préjudice moral évalués à la somme de 2 000 euros.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 21 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 22 juillet 2024.




Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Guérin-Lebacq, président, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer seul sur les litiges énumérés par cet article.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Guérin-Lebacq, président,
- et les conclusions de M. Bastian, rapporteur public.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.


Considérant ce qui suit :

Par un arrêté du 29 octobre 2019, le préfet de la Seine-Saint-Denis a pris les mesures nécessaires afin de faire cesser l’état d’insalubrité d’un appartement situé 32 rue Charles Perrin à Stains, en indiquant comme propriétaire la société civile immobilière Dacca dont M. et Mme C... étaient alors les associés. Ayant été informé par ces derniers de ce que l’appartement avait été cédé à un tiers le 15 mars 2019, le préfet a, par un arrêté du 11 décembre 2019, modifié celui du 29 octobre précédent afin notamment de rectifier les mentions désignant le propriétaire chargé de l’exécution des travaux. M. et Mme C..., qui indiquent avoir été contraints de s’acquitter du montant des travaux exécutés d’office par l’administration au cours de l’année 2021 alors qu’ils n’étaient plus propriétaires de l’immeuble, demandent l’indemnisation des préjudices résultant de ce dysfonctionnement du service.


Sur la responsabilité de l’Etat et le préjudice :

Il résulte de l’instruction que, alors même que le préfet de la Seine-Saint-Denis avait été informé que la société civile immobilière Dacca n’était plus propriétaire des locaux insalubres, ainsi qu’il ressort de l’arrêté modificatif précité du 11 décembre 2019, M. et Mme C... ont été destinataires d’un courrier du 4 novembre 2021 leur indiquant que les travaux nécessaires au traitement de l’insalubrité avaient été réalisés le 25 mai 2021 et seraient mis à leur charge. Ils se sont alors manifestés auprès des services compétents par un courrier du 18 novembre 2021 afin de rappeler que l’immeuble litigieux avait été cédé à un tiers avant l’intervention de l’arrêté d’insalubrité du 29 octobre 2019. Les requérants ont ensuite reçu un titre de perception émis le 8 décembre 2021 leur demandant le règlement d’une somme de 37 077,26 euros avant le 15 février 2022. Alors que leur société a été radiée du registre du commerce le 14 décembre 2021, ils indiquent avoir adressé le 5 janvier 2022 un chèque de 37 077,26 euros au comptable et s’être ainsi acquittés d’une somme dont ils n’étaient pas redevables avant que n’intervienne, le 24 août 2022, un titre d’annulation du titre de perception précité.

En premier lieu, il résulte de l’instruction qu’en mettant en œuvre une procédure de recouvrement à l’égard de M. et Mme C... afin d’obtenir le remboursement des travaux effectués par l’administration dans un immeuble dont leur société n’était plus propriétaire à la date de l’arrêté d’insalubrité du 29 octobre 2019, alors en outre qu’il en avait été informé en temps utile, le préfet de la Seine-Saint-Denis a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l’Etat.

En second lieu, le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n’a pas produit de mémoire en défense, ne conteste pas que les requérants se sont acquittés de la somme de 37 077,26 euros, ainsi qu’il ressort d’ailleurs de la copie du chèque signé le 7 février 2022 et du courrier du préfet du 2 décembre 2022 mentionnant que cette somme leur a été remboursée à la suite de l’annulation du titre de perception le 24 août 2022. Il ressort en outre de l’avis d’imposition de M. et Mme C... établi en 2022 que ces derniers, qui sont à la retraite, perçoivent des revenus pour un montant annuel total de 37 000 euros environ. Il résulte ainsi de l’instruction que le versement injustifié de la somme de 37 077,26 euros, qui correspond au montant annuel de leurs revenus, est à l’origine pour M. et Mme C... de troubles dans leurs conditions d’existence et d’un préjudice moral qu’il y a lieu d’évaluer, dans les circonstances de l’espèce, à la somme de 1 000 euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

Si M. et Mme C... soutiennent avoir droit aux intérêts au taux légal correspondant à l’indemnité de 1 000 euros à compter du 7 novembre 2021, ils ne produisent pour justifier de la réception de leur réclamation préalable qu’une attestation de dépôt de cette réclamation auprès des services postaux à la date du 7 novembre 2022. Il résulte de l’instruction, notamment du courrier précité du 2 décembre 2022, qu’il n’est pas justifié de la réception de la réclamation préalable avant cette dernière date. Dans ces conditions, il y a lieu d’assortir le montant de l’indemnisation accordée aux requérants des intérêts au taux légal à compter du 2 décembre 2022.

La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d’une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu’à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée dans la requête introductive d’instance le 2 mars 2023. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 2 décembre 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d’intérêts, ainsi qu’à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais d’instance :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de l’Etat au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.









D E C I D E :


Article 1er : L’Etat est condamné à verser la somme de 1 000 euros à M. et Mme C... en réparation de leurs préjudices, cette somme étant assortie des intérêts au taux légal à compter du 2 décembre 2022, et de la capitalisation de ces intérêts à compter du 2 décembre 2023, ainsi qu’à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Article 2 : L’Etat versera une somme de 1 500 euros à M. et Mme C... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D... C..., à Mme A... B..., épouse C..., et au ministre de l’intérieur.

Copie du présent jugement sera délivré au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2026.





Le magistrat désigné,

J.-M. Guérin-Lebacq

La greffière,

A. Kouadio-Tiacoh

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions