mercredi 29 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2305761 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LAPLANTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2023, Mme B A, représentée par Me Laplante, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 décembre 2022 par laquelle la directrice de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) a retiré la subvention qui lui avait été accordée avec remboursement de l'avance perçue et la décision du 20 février 2023 portant rejet de son recours contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
En ce qui concerne les moyens communs
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- elles méconnaissent l'article 21 du règlement général de l'ANAH selon lequel toute décision de retrait intervient après que la personne intéressée ait été invitée à présenter des observations ;
- elles reposent sur une erreur d'appréciation ; les travaux sont en cours de réalisation et elle se trouve dans une situation financière délicate ; le gain énergétique de 25% sera atteint lors de l'achèvement des travaux ; en outre, elle a dû opérer des travaux plus urgents ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2024, l'ANAH conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Un mémoire a été produit par l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat le 14 janvier 2025, après la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- l'arrêté du 21 avril 2022 portant approbation du règlement général de l'Agence nationale de l'habitat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaullier-Chatagner ;
- et les conclusions de M. Bernabeu, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A s'est vu accorder le 28 septembre 2016 le bénéfice d'une subvention de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) estimée à 10 000 euros pour un projet de rénovation énergétique, une aide financière du programme " Habiter mieux ", ainsi qu'une aide de 556 euros au titre de la prestation d'assistance à maîtrise d'ouvrage. Le 6 juin 2017, elle a reçu, à titre d'avance, le versement des sommes de 7 000 euros au titre de la subvention ANAH, de 1 400 euros au titre du programme " Habiter mieux " et de 389 euros au titre de la prestation d'assistance à maîtrise d'ouvrage. Par une décision du 9 octobre 2019, l'ANAH a accordé à Mme A une prorogation de deux ans, jusqu'au 28 septembre 2021, du délai dont elle disposait pour adresser sa demande de paiement accompagnée des pièces justifiant de l'exécution des travaux. Par un courrier du 2 novembre 2021, l'ANAH a sollicité la transmission des pièces justifiant de l'exécution des travaux auprès Mme A. Par un courrier du 24 novembre 2021, celle-ci a indiqué que ces travaux étaient en cours de finalisation et a sollicité une nouvelle prorogation du délai dont elle disposait pour transmettre ces pièces. Par une décision du 26 décembre 2022, confirmée le 20 février 2023 après présentation par Mme A d'un recours gracieux, l'ANAH a prononcé le retrait de la subvention accordée et le remboursement des sommes perçues à titre d'avance. Mme A demande l'annulation de ces deux dernières décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 321-21 du code de la construction et de l'habitation dans sa version applicable au litige : " I.- En ce qui concerne les aides versées par l'agence : () Le directeur général de l'agence notifie les griefs à la personne concernée et l'invite à présenter ses observations écrites. La notification est faite par tout moyen permettant de lui donner date certaine. Dans le délai d'un mois commençant à courir le lendemain du jour de la notification, le bénéficiaire de l'aide peut adresser des observations écrites à l'Agence. La date limite au-delà de laquelle celles-ci ne sont pas prises en considération est déterminée conformément aux prescriptions des articles L. 112-1 et L. 112-13 du code des relations entre le public et l'administration. Dans le même délai, le bénéficiaire de l'aide peut demander à présenter des observations orales devant la commission des recours, chargée de donner un avis préalable sur les sanctions, en se faisant assister, le cas échéant, par un conseil de son choix ou en se faisant représenter. / Le retrait de l'aide versée par l'agence est prononcé et le reversement des sommes perçues exigé s'il s'avère que celle-ci a été obtenue à la suite de fausses déclarations ou de manœuvres frauduleuses. / Le retrait et le reversement total ou partiel peuvent également être prononcés en cas de non-respect des prescriptions de la présente section ou des conventions conclues en application des articles L. 321-4 et L. 321-8, ou de toute autre convention liée au bénéfice des aides de l'agence, selon les modalités fixées par le règlement général de l'agence. Ce règlement prévoit une procédure de communication préalable et des éléments de calcul sur le montant du reversement et son actualisation indexée sur l'évolution de l'indice de référence des loyers mentionné à l'article 17-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs. / Ces décisions sont prises à tout moment, avant ou après le versement du solde de la subvention. / Lorsqu'elles sont prononcées avant le versement du solde de la subvention, elles sont prises par l'organisme ayant décidé de l'attribution de la subvention, qui peut être, selon le cas, l'agence ou l'autorité à laquelle cette compétence a été déléguée. / Lorsqu'elles sont prononcées après le versement du solde de la subvention, elles sont prises par l'agence () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 21 du règlement de l'ANAH approuvé par arrêté du 21 avril 2022 : " () En application du I de l'article R. 321-21 du CCH et dans les conditions fixées au présent article : () - le retrait total de l'aide versée par l'agence et le reversement des sommes perçues peuvent être prononcés en cas de non-respect des prescriptions relatives aux aides de l'ANAH (articles R. 321-12 à R. 321-21 du CCH, engagements conventionnels, présent règlement général) ; / () 1° Lorsqu'elles sont prononcées avant le versement du solde de la subvention, les décisions de retrait et de reversement sont prises : - pour les territoires concernés par une convention de gestion prévue à l'article L. 321-1-1 du CCH, dans son champ de compétence, par le délégataire en application du 3° de l'article R. 321-10-1 du CCH ; - pour les territoires hors délégation de compétence, par le délégué de l'agence dans le département en application du c du 4° du III de l'article R. 321-11 du CCH. / Par exception à ces dispositions, les décisions de retrait ou de reversement avant solde sont prises : - par le délégataire ayant attribué la subvention lorsque, sur le territoire concerné, un autre délégataire ou le délégué de l'agence dans le département est depuis lors devenu compétent pour attribuer les subventions ; / - par le délégué de l'agence dans le département, lorsque, sur le territoire concerné, un délégataire s'est depuis lors substitué au délégué de l'agence dans le département en tant qu'autorité compétente pour attribuer les subventions () ".
4. Afin de justifier de la compétence de Mme D E, signataire des décisions attaquées, l'ANAH s'est prévalue d'une décision n° 2022-03 du 14 septembre 2022 portant " subdélégation de signature du délégué adjoint de l'Agence à l'un ou plusieurs de ses collaborateur " prise par Mme F C, par ailleurs directrice régionale et interdépartementale adjointe de l'hébergement et du logement de la région Ile-de-France et directrice de l'unité départementale de l'hébergement et du logement de la Seine-Saint-Denis, en sa qualité de déléguée adjointe de l'ANAH dans le département de la Seine-Saint-Denis. Si l'article 8 de cette décision indique qu'elle fait l'objet d'une publication au recueil des actes administratifs de la préfecture du département, la preuve d'une telle publication n'a pas été apportée par l'ANAH malgré une mesure d'instruction, et l'agence n'a pas davantage justifié d'un affichage ou d'une publication sur un autre support de cette décision.
5. En outre, l'ANAH a versé au dossier, en réponse à la mesure d'instruction réalisée, le bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis du 19 septembre 2022 qui comporte, aux pages 59 et suivantes, une décision de subdélégation de signature de la directrice régionale et interdépartementale de l'hébergement et du logement de la région Ile-de-France, qui porte sur les attributions de cette direction et énonce notamment qu'une subdélégation de signature est donnée à plusieurs agents de l'unité départementale de l'hébergement et du logement de la Seine-Saint-Denis, en particulier à Mme E, cheffe de la cellule Anah, pour " l'ensemble des actes, décisions, correspondances () " relevant du bureau des interventions sur l'habitat privé. Toutefois, contrairement à la décision n° 2022-03 du 14 septembre 2022, cette décision ne comporte aucune mention relative aux compétences du délégué de l'Anah dans le département, alors que les décisions contestées ont été signée par Mme E en cette qualité.
6. Dans ces conditions, et en l'état de l'instruction, la compétence du signataire des décisions attaquées à la date de celles-ci n'est pas établie.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 26 décembre 2022 par laquelle la directrice de l'Agence nationale de l'habitat a retiré la subvention qui avait été accordée à Mme A avec remboursement de l'avance perçue et la décision du 20 février 2023 portant rejet de son recours gracieux doivent être annulées.
Sur les frais en litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ANAH une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du 26 décembre 2022 par laquelle la directrice de l'Agence nationale de l'habitat a retiré la subvention qui avait été accordée à Mme A avec remboursement de l'avance perçue et la décision du 20 février 2023 portant rejet de son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : L'ANAH versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 15 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Baffray, président,
Mme Lançon, première conseillère,
Mme Gaullier-Chatagner, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2025.
La rapporteure,
N. Gaullier-Chatagner
Le président,
J.-F. Baffray
La greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026