jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2305879 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET KOSZCZANSKI & BERDUGO |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2008938 du 28 janvier 2021, le tribunal administratif de Montreuil a annulé l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 23 juillet 2020. Il lui a également enjoint de réexaminer la demande de titre de séjour de M. B dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour. Il a enfin mis à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier, enregistré le 29 avril 2021, M. A B, représenté par Me Berdugo, a saisi le tribunal administratif de Montreuil des difficultés qu'il rencontre pour obtenir l'exécution du jugement précédemment mentionné.
Par une ordonnance du 10 mai 2023, le président du tribunal administratif de Montreuil a décidé d'ouvrir une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement rendu le 28 janvier 2021.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 août et 21 décembre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au non-lieu à prononcer des mesures d'exécution ou, à défaut, au rejet des conclusions de la requête.
Une ordonnance du 25 avril 2024 a fixé la clôture d'instruction au 10 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Doyelle, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif () qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. / () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. "
2. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite du réexamen de la situation de M. B ordonné par le jugement n° 2008938 du 28 janvier 2021 du tribunal administratif de Montreuil, le préfet de la Seine-Saint-Denis a remis à l'intéressé, le 28 mars 2023, une carte de séjour temporaire valable du 1er mars 2023 au 29 février 2024. Il n'y a donc pas lieu, dans cette mesure, de prescrire une mesure d'exécution.
3. Aux termes de l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980, ci-après reproduites, sont applicables : / " Art. 1er. - I. Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'État au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. / À défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement." ".
4. Il résulte de ces dispositions législatives qu'il appartient au requérant, en l'absence d'ordonnancement de la somme d'argent qu'une personne publique a été condamnée à lui verser par une décision passée en force de chose jugée, constatée à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la date de la notification de la décision de justice, de saisir le comptable assignataire de la dépense afin qu'il procède au paiement de cette somme. Dès lors que ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que l'État est condamné à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
5. En l'espèce, s'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait ordonnancé la totalité du paiement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il résulte du point précédent qu'en cas d'inexécution de la mise à la charge de l'État du versement de la somme allouée, M. B peut en obtenir le mandatement d'office, en saisissant le comptable assignataire de la dépense afin qu'il procède au paiement de cette somme. À cet égard, il n'établit ni même n'allègue qu'il aurait effectué une telle demande. Dès lors, sa demande d'exécution ne peut qu'être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'exécution de l'injonction adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis par le jugement n° 2008938 du 28 janvier 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Toutain, président,
M. Doyelle, premier conseiller,
M. David, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
Le rapporteur,Le président,G. DoyelleE. Toutain La greffière,
C. Yen Pon
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
3
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
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