lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2305894 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUTONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une demande enregistrée le 30 septembre 2021, M. B A a saisi le tribunal administratif de Montreuil, en application de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, des difficultés qu'il rencontre pour obtenir l'exécution du jugement n° 2009449 du 13 avril 2021 par lequel le tribunal a enjoint au préfet de la
Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans le délai de trois mois à compter de la notification dudit jugement, et de le munir, dans cette attente, d'un récépissé de demande de titre de séjour, et a mis à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le président du tribunal a, par une ordonnance du 12 mai 2023, ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement en application des articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 9 juin 2023, le préfet de la
Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête en faisant valoir que l'intéressé est muni d'un récépissé valable du 24 avril 2023 au 23 juillet 2023, dans l'attente de l'instruction du réexamen de sa demande de titre de séjour.
Par des mémoires enregistrés le 7 juillet 2023, le 25 mars et le 10 avril 2024, M. A maintient l'ensemble de ses prétentions, en faisant valoir qu'il est toujours dans l'attente d'une décision de la part du préfet.
Vu :
- le jugement dont l'exécution est demandée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Charret, président-rapporteur ;
- les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique ;
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 2009449 du 13 avril 2021, le tribunal a enjoint au préfet de la
Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. A dans le délai de trois mois à compter de la notification dudit jugement, et de le munir, dans cette attente, d'un récépissé de demande de titre de séjour, et a mis à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. M. A a informé le tribunal des difficultés rencontrées dans l'exécution de ce jugement et a présenté une demande en vue d'obtenir des mesures d'exécution par voie juridictionnelle. Par une ordonnance en date du 12 mai 2023, le premier vice-président du tribunal administratif a ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de ce jugement.
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution () ". Aux termes de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle () le président () du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle () "
3. Il résulte de l'instruction que M. A s'est vu délivrer un récépissé d'autorisation provisoire de séjour, valable du 24 avril 2023 au 23 juillet 2023, l'autorisant à travailler, dans l'attente de l'instruction du réexamen de sa demande de titre de séjour et que la somme mise à la charge de l'Etat dans le jugement dont il est demandé d'assurer l'exécution a été mise en paiement. Toutefois, le préfet n'a pas procédé au réexamen de la demande de titre de séjour dans les délais impartis par le jugement n° 2009449 du 13 avril 2021. Dès lors, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait procédé à la pleine exécution de ce jugement. Il y a en conséquence lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'y procéder dans un délai de quinze jours et ainsi de se prononcer explicitement sur la demande de M. A, et sur la possibilité pour l'intéressé d'obtenir un titre de séjour de plein droit sur un autre fondement que celui initialement sollicité dans ce même délai, et ce sous une astreinte qu'il y a lieu de fixer à 10 euros par jour de retard. Il y également lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de fournir à M. A une autorisation provisoire de séjour dès la notification du présent jugement, jusqu'à ce qu'il ait été statué explicitement sur sa demande.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis, dans un délai de quinze jours suivant la date de notification du présent jugement et sous astreinte de 10 euros par jour de retard, de statuer, par une décision explicite, sur la demande de titre de séjour de M. A, et sur la possibilité pour l'intéressé d'obtenir un titre de séjour de plein droit sur un autre fondement que celui initialement sollicité et de lui délivrer, dès la notification du présent jugement, une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la
Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nguër, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
J. Charret
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
D Charageat
Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2505581
Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté les requêtes de M. C... A... et Mme D... B... visant à annuler les arrêtés préfectoraux du 30 juin 2025 leur imposant une obligation de quitter le territoire français (OQTF), une interdiction de retour et fixant un pays de renvoi. La juridiction a estimé que le préfet de la Haute-Garonne était compétent et que les décisions attaquées, prises en application des articles L. 611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), n'étaient entachées d'aucune illégalité, notamment au regard des exigences de motivation et de la Convention européenne des droits de l'homme. Les demandes d'injonctions et de provision pour frais d'avocat ont également été rejetées.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2505951
Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté la requête en annulation d'un arrêté d'éloignement pris à l'encontre d'un ressortissant italien. Le juge a écarté les moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'incompétence de l'autorité signataire, du défaut de motivation et de la méconnaissance du droit d'être entendu. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026