mardi 15 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2400409 |
| Type | Décision |
| Formation | 3ème Chambre (J.U) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 29 novembre 2023 par laquelle la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis a rejeté son recours tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement.
Elle soutient qu'elle a fourni toutes les pièces complémentaires dans les délais requis contrairement à ce qu'affirme la commission. En outre, elle doit être regardée comme soutenant qu'elle est hébergée au domicile parental et qu'elle est demandeuse d'un logement social depuis un délai anormalement long.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jimenez, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Jimenez a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a saisi la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis d'un recours amiable le 15 mai 2023 tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue comme prioritaire et urgente en application du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par une décision du 29 novembre 2023, la commission de médiation a rejeté sa demande. Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir () ".
3. D'autre part, aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement () ".
4. Enfin, aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code: " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / -ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; / -être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance () " Le délai prévu à l'article L. 441-1-4 a été fixé, au regard des circonstances locales du département de la Seine-Saint-Denis, à trois ans par arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 20 décembre 2007.
5. Il résulte de ces dispositions que pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande. Toutefois, dans le cas particulier d'une personne se prévalant du fait qu'elle a présenté une demande de logement social et n'a pas reçu de proposition adaptée dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 du code de la construction et de l'habitation, la commission peut légalement tenir compte de la circonstance que l'intéressé dispose déjà d'un logement, à condition que, eu égard à ses caractéristiques, au montant de son loyer et à sa localisation, il puisse être regardé comme adapté à ses besoins.
6. Il ressort des pièces du dossier que la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis a, par la décision attaquée, rejeté la demande de Mme B au motif qu'il n'y a pas eu de réponse à la demande de pièces complémentaires obligatoires du 19 mai 2023 avec un délai de réponse fixé au 19 juin 2023 de sorte que l'éligibilité des motifs invoqués (hébergée chez un particulier, dépourvue de logement) n'a pu être vérifiée, et que la commission de médiation a invité la requérante à se rapprocher d'un travailleur social pour l'accompagner dans ses démarches en matière de logement. Si Mme B soutient qu'elle a transmis les pièces complémentaires obligatoires par courrier en date du 30 mai 2023, qui aurait été réceptionné contre signature le 2 juin suivant, la capture d'écran du suivi postal n'établit pas l'identité de son destinataire ni que les pièces requises ont bien été transmises. En outre, l'intéressée, dont la demande de logement social date du 9 juillet 2015, doit être regardée comme soutenant qu'elle est en attente d'un logement social depuis un délai anormalement long et qu'elle est hébergée chez un particulier. Toutefois, Mme B ne produit pas davantage devant le tribunal, les éléments probants qui attestent de cet hébergement, de l'identité de son hébergeant ainsi que du caractère inadapté de logement à sa situation. Dès lors, la commission de médiation n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du code de la construction et de l'habitation en rejetant le recours amiable de Mme B. Par suite, les conclusions de la requérante aux fins d'annulation doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.
Une copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2025.
La magistrate désignée,
J. JimenezLa greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2411901
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en plein contentieux, a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le rejet par la commission de médiation de sa demande de reconnaissance du caractère prioritaire et urgent pour un logement social. Le tribunal a jugé que le requérant ne satisfaisait pas aux conditions légales, notamment en ne justifiant pas de la régularité du séjour de son épouse et en ne démontrant pas se trouver dans une situation d'urgence prévue par les textes. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la construction et de l'habitation, en particulier les articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2503459
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en plein contentieux, a rejeté la requête de Mme A... visant à annuler la décision de la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis refusant de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. La juridiction a jugé que la requérante, bien que vivant dans un logement insalubre, ne satisfaisait pas à l'ensemble des conditions légales, notamment celle d'être de bonne foi et de ne pas avoir reçu de proposition adaptée dans les délais. La décision s'appuie sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2411250
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. C... visant à annuler la décision de la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis refusant de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Le tribunal a jugé que la commission avait légalement apprécié l'absence d'urgence, au regard des éléments insuffisants produits par le requérant pour justifier l'inadaptation de son hébergement chez son frère. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la construction et de l'habitation, notamment les articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1, qui encadrent les conditions de reconnaissance du caractère prioritaire et urgent d'une demande.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2411611
Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé la décision de la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis qui avait rejeté la demande de reconnaissance du caractère prioritaire et urgent d'une demande de logement social. Le tribunal a jugé que la commission avait commis une erreur de droit en exigeant des justificatifs de séjour régulier pour l'épouse du requérant, alors que celui-ci avait clairement indiqué qu'il formulait sa demande à titre personnel uniquement et que son épouse ne résidait pas en France. La solution s'appuie sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation, qui régissent les conditions d'accès au logement social et le rôle des commissions de médiation.
13/03/2026