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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2403120

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2403120

mardi 27 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2403120
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation4ème Chambre (JU)
Avocat requérantSELARL SAMSON & ASSOCIÉS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. A... pour contester la décision 48SI du ministre de l'intérieur constatant l'invalidité de son permis de conduire, ainsi que les retraits de points consécutifs à plusieurs infractions. En cours d'instance, le requérant s'est désisté de la plupart de ses conclusions, ne maintenant que sa contestation relative à l'infraction du 31 décembre 2022. Le tribunal a donné acte de ce désistement partiel. Sur le fond, le juge a rappelé que l'administration doit prouver qu'elle a délivré au conducteur les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route avant tout retrait de points. En l'espèce, le ministre n'ayant pas produit de document attestant du paiement spontané de l'amende pour l'infraction du 31 décembre 2022, la preuve de la délivrance de ces informations n'est pas rapportée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 6 mars, 25 mars et 23 octobre 2024, M. C... A..., représenté par la SELARL Samson & Weil, demande au tribunal d’annuler la décision référencée 48SI notifiée le 25 janvier 2024 par laquelle le ministre de l’intérieur a constaté l’invalidité de son permis de conduire en raison d’un solde de points nul ainsi que les décisions portant retrait de points à la suite des infractions en date des 31 décembre 2022, 27 octobre 2022, 21 avril 2022 et 16 avril 2022.

Il soutient que :
- il n’a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l’occasion des retraits de points ;
- la réalité des infractions n’est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :
- les mentions des infractions des 27 octobre 2022, 24 juillet 2023 et 24 août 2023 et de la décision 48SI ont été supprimées du relevé d’information intégral postérieurement à l’introduction de la requête de sorte qu’il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions afférentes ;
- les moyens relatifs aux autres infractions ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 23 octobre 2024, M. A... déclare, d'une part, se désister purement et simplement des conclusions tendant à l’annulation de la décision 48 SI du 25 janvier 2024 et des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 27 octobre 2022, 21 avril 2022 et du 16 avril 2022 et, d'autre part, maintenir le surplus de ces conclusions.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

En application des dispositions de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal administratif a désigné Mme B... pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B... a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. Dans le dernier état de ses écritures, M. A... demande au tribunal d’annuler la décision portant retrait de points à la suite de l’infractions en date du 31 décembre 2022.


Sur l’étendue du litige :

2. Si, dans sa requête, M. A... avait demandé l’annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 31 décembre 2022, 27 octobre 2022, 21 avril 2022 et 16 avril 2022, il a, dans son mémoire enregistré le 23 octobre 2024, expressément abandonné ces conclusions de sorte qu’il y a lieu de donner acte de son désistement partiel. Dès lors, il y a lieu pour le tribunal de ne statuer que sur le surplus des conclusions.


Sur le surplus conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :

3. Aux termes de l’article L. 223-3 du code de la route : « Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. (…) ». Aux termes de l’article R. 223-3 du même code : « I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. (…) ».

4. Il résulte de ces dispositions que l’administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d’une infraction dont la réalité a été établie, que si l’auteur de l’infraction s’est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l’infraction et d’en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l’administration d’apporter la preuve, par tout moyen, qu’elle a satisfait à cette obligation d’information.

S’agissant de l’infraction du 31 décembre 2022 :

5. Il résulte du relevé d’information intégral que l’infraction relevée par radar automatique le 31 décembre 2022 a donné lieu à l’émission d’un titre exécutoire pour le recouvrement d’une amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur ne produit en défense aucune copie d’un document attestant du paiement spontané de cette amende ou copie de l’avis de contravention adressé à l’intéressé, de nature à établir que M. A... aurait nécessairement reçu l’information prévue par les dispositions de l’article L. 223-3 du code de la route. Ce vice de procédure est de nature à entacher d'illégalité la décision contestée dès lors qu’en l'espèce, il a privé l’intéressé de la garantie d’information prévue par cet article, notamment en ce qui concerne la qualification de l’infraction constatée, information déterminante pour connaître le nombre de points en jeu. Il suit de là que la décision de retrait de point correspondant à l’infraction commise le 31 décembre 2022 doit être regardée comme étant intervenue au terme d’une procédure irrégulière.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... est seulement fondé à demander l’annulation de la décision de retrait de deux points intervenue à la suite de l’infraction commise le 31 décembre 2022.
D E C I D E :


Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. A... tendant à l’annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 27 octobre 2022, 21 avril 2022 et 16 avril 2022 et à l’annulation de la décision 48 SI notifiée le 25 janvier 2024.

Article 2 : La décision du ministre de l’intérieur portant retrait de deux points affectés au permis de conduire de M. A... à la suite de l’infraction commise le 31 décembre 2022 est annulée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... et au ministre de l’intérieur.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2026.


La magistrate désignée,





B. B...La greffière,





A. Capelle
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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