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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2405905

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2405905

mardi 27 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2405905
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation4ème Chambre (JU)
Avocat requérantLESAGE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a examiné la requête de M. A... contestant la décision 48SI du 29 novembre 2023 invalidant son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les retraits de points sous-jacents. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur la plupart des infractions et la décision 48SI, celles-ci ayant été retirées du relevé d'information intégral par le ministre de l'intérieur. Les conclusions relatives à l'infraction du 13 novembre 2019 ont été déclarées irrecevables en raison d'une reconstitution totale du capital de points intervenue le 3 mars 2023. Le moyen tiré du défaut d'information préalable n'a été examiné que pour l'infraction restante du 11 octobre 2022, sur la base des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 mai 2024, M. B... A..., représenté par Me Lesage, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision référencée 48SI du 29 novembre 2023 par laquelle le ministre de l’intérieur a constaté l’invalidité de son permis de conduire en raison d’un solde de points nul et lui a interdit de conduire, ainsi que les décisions antérieures portant retrait de points à la suite des infractions en date des 13 novembre 2019, 16 août 2020, 6 mai 2022, 19 juin 2022, 8 septembre 2022, 1er octobre 2022 et 11 octobre 2022, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux afférents aux infractions des 16 août 2020, 6 mai 2022 et 19 juin 2022 ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui restituer les points illégalement retirés et de retirer sa décision d’invalidation de son permis de conduire ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- il n’a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l’occasion des retraits de points ;
- la réalité des infractions n’est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.


Il soutient que :
- les mentions des infractions des 16 août 2020, 6 mai 2022, 19 juin 2022, 8 septembre 2022 et 1er octobre 2022 et de la décision 48SI ont été supprimées du relevé d’information intégral de sorte qu’il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions afférentes ;
- la mention du retrait de trois points pour l’infraction du 13 novembre 2019 est antérieure à la reconstitution du capital de points intervenue le 3 mars 2023, de sorte que les conclusions afférentes sont irrecevables ;
- les moyens relatifs aux autres infractions ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

En application des dispositions de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal administratif a désigné M. Le Merlus pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Le rapport de M. Le Merlus a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... demande au tribunal d’annuler la décision référencée 48SI du 29 novembre 2023 par laquelle le ministre de l’intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ainsi que l’ensemble des décisions de retrait de points y étant récapitulées, consécutives aux infractions des 13 novembre 2019, 16 août 2020, 6 mai 2022, 19 juin 2022, 8 septembre 2022, 1er octobre 2022 et 11 octobre 2022, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux afférents aux infractions des 16 août 2020, 6 mai 2022 et 19 juin 2022.


Sur l’étendue du litige :

2. D’une part, il résulte de l'instruction que, postérieurement à l’introduction de la requête, les mentions relatives aux infractions des 16 août 2020, 6 mai 2022, 19 juin 2022, 8 septembre 2022 et 1er octobre 2022 et à la décision 48SI contestée ont été supprimées dans le relevé d’information intégral relatif au permis de conduire de l’intéressé. Par suite, les conclusions relatives à ces infractions et à la décision 48SI, réputée retirée, sont sans objet et il n’y a plus lieu d’y statuer.

3. D’autre part, il résulte du relevé d’information intégral produit par le ministre de l'intérieur que le 3 mars 2023, le permis de conduire de M. A... a été totalement reconstitué en application des dispositions de l’article L. 223-6 du code de la route, à l’expiration du délai de trois ans visé par ces dispositions. Par suite, les conclusions relatives à l’infraction commise le 13 novembre 2019 sont dépourvues d’objet et doivent être déclarées irrecevables.


Sur le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :

4. Aux termes de l’article L. 223-3 du code de la route : « Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. (…) ». Aux termes de l’article R. 223-3 du même code : « I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. (…) ».

5. Il résulte de ces dispositions que l’administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d’une infraction dont la réalité a été établie, que si l’auteur de l’infraction s’est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l’infraction et d’en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l’administration d’apporter la preuve, par tout moyen, qu’elle a satisfait à cette obligation d’information.

6. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date par procès-verbal électronique, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.

7. Il résulte du relevé d’information intégral relatif au permis de conduire de M. A... que l’infraction du 11 octobre 2022 a été constatée par un procès-verbal électronique du même jour, qui est produit par le ministre à l’instance. Ce procès-verbal porte la signature de l’intéressé et comporte l’ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, le moyen tiré de ce que M. A... n’aurait pas reçu l’ensemble de l’information prescrite par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être écarté pour cette infraction.

8. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête de M. A... doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête relatives à la décision 48SI du 29 novembre 2023 et aux décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 16 août 2020, 6 mai 2022, 19 juin 2022, 8 septembre 2022 et 1er octobre 2022.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2026.


Le magistrat désigné,





T. Le MerlusLa greffière,





A. Capelle
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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