LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2406305

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2406305

mardi 30 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2406305
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantOUHDI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a examiné la requête de la SARL NSM contestant les sanctions pécuniaires infligées par l'OFII pour emploi de travailleurs étrangers sans titre. Le tribunal a annulé la contribution forfaitaire de 4 248 euros, représentative des frais de réacheminement, en application de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 qui a abrogé les articles L. 822-2 et L. 822-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, constituant une loi plus douce applicable au litige. En revanche, la contribution spéciale de 40 100 euros, fondée sur l'article L. 8253-1 du code du travail, a été maintenue.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mai 2024, la société à responsabilité limitée (SARL) NSM, représentée par Me Ouhdi, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 3 novembre 2023 par laquelle le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) a mis à sa charge, d’une part, la somme de 40 100 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l’article L. 8253-1 du code du travail et, d’autre part, la somme de 4 248 euros au titre la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue aux articles L. 822-2 à L. 822-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la décision indique que l’infraction a été commise en Seine-Saint-Denis alors que le contrôle a été effectué dans la commune de Plaisir, dans le département des Yvelines ;
- elle n’est pas suffisamment motivée.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2024, le directeur général de l’OFII conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par la requérante sont infondés.

Par un courrier du 25 novembre 2025, les parties ont été informées, sur le fondement de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office tiré de ce qu’il appartient au juge administratif, statuant comme juge de plein contentieux sur une contestation portant sur une sanction que l’administration inflige à un administré, de faire application, le cas échéant, d’une loi nouvelle plus douce entrée en vigueur entre la date à laquelle l’infraction a été commise et celle à laquelle il statue, et à ce titre de tenir compte de l’abrogation par la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 des articles L. 822-2 et L. 822-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ayant fondé une partie des amendes contestées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code du travail ;
- la loi n° 2024-642 du 26 janvier 2024 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Gaullier-Chatagner ;
- et les conclusions de M. Bernabeu, rapporteur public.


Considérant ce qui suit :

La société NSM, qui exerce son activité dans le domaine du bâtiment, a fait l’objet d’un contrôle, intervenu sur un chantier de réhabilitation extérieure d’immeubles d’habitation à Paris (75013). Le procès-verbal rédigé à la suite du contrôle réalisé le 11 avril 2023 constate, d’une part, l’emploi, par la société NSM, d’un salarié intervenant en qualité de ravaleur, ressortissant égyptien dépourvu de titre l’autorisant à résider en France et à y exercer une activité salariée et l’emploi par la société et, d’autre part, l’emploi par la société d’un second ouvrier dépourvu de titre de séjour et de travail. Par une décision du 3 novembre 2023, dont la société NSM demande l’annulation, le directeur général de l’OFII, a mis à la charge de la société, d’une part, la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, pour un montant de 40 100 euros, d’autre part, la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement, pour un montant de 4 248 euros.

Sur la contribution forfaitaire :

Aux termes de l’article L. 822-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Sans préjudice des poursuites judiciaires qui peuvent être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui a occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquitte une contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français de cet étranger ». Aux termes du VII de l’article 34 de la loi du 26 janvier 2024 : « La section 2 du chapitre II du titre II du livre VIII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est abrogée ».

Il appartient au juge administratif, statuant comme juge de plein contentieux sur une contestation portant sur une sanction que l’administration inflige à un administré, de faire application, le cas échéant, d’une loi nouvelle plus douce entrée en vigueur entre la date à laquelle l’infraction a été commise et celle à laquelle il statue.

Les sanctions encourues en vertu des articles L. 822‑2 et L. 822‑3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers ont le caractère d’une sanction que l’administration inflige à un administré. Il y a lieu pour le tribunal de relever d’office que ces dispositions, qui fondent la sanction correspondant à la créance en litige, ont été abrogées par la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024.

Il s’ensuit, sans qu’il soit besoin de statuer sur les moyens de la requête relatifs à la contribution forfaitaire représentative des frais d’éloignement du territoire français, que la société requérante est fondée à solliciter l’annulation, pour ce motif, de la décision du 3 novembre 2023, en tant qu’elle met à sa charge la somme de 4 248 euros au titre de cette contribution.

Sur la contribution spéciale prévue à l’article L. 8253-1 du code du travail :

D’une part, aux termes de l’article L. 8271‑17 du code du travail, dans sa rédaction applicable au litige : « Outre les agents de contrôle de l'inspection du travail mentionnés à l'article L. 8112-1, les agents et officiers de police judiciaire, les agents de la direction générale des douanes et les agents du Conseil national des activités privées de sécurité commissionnés par son directeur et assermentés sont compétents pour rechercher et constater, au moyen de procès-verbaux transmis directement au procureur de la République, les infractions aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler et de l'article L. 8251-2 interdisant le recours aux services d'un employeur d'un étranger non autorisé à travailler. / Afin de permettre la liquidation de la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du présent code et de la contribution forfaitaire mentionnée à l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration reçoit des agents mentionnés au premier alinéa du présent article une copie des procès-verbaux relatifs à ces infractions ». Aux termes de l’article R. 8253‑3 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : « Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique à l'employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou par tout autre moyen permettant de faire la preuve de sa date de réception par le destinataire, que les dispositions de l'article L. 8253-1 sont susceptibles de lui être appliquées et qu'il peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours ».

D’autre part, aux termes de l’article L. 211‑2 du code des relations entre le public et l'administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : (…) 2° Infligent une sanction ».

En premier lieu, la décision mettant à la charge de la société la contribution spéciale mentionne expressément les textes applicables, notamment les dispositions de l’article R. 8253‑2 du code du travail explicitant les modalités de calcul du montant de cette contribution. Elle vise le procès-verbal établi à son encontre le 11 avril 2023 par les services de l’inspection du travail et précise, en annexe jointe à la décision, le nom des deux salariés démunis de titre autorisant le travail et autorisant le séjour dont l’emploi par la société est à l’origine de l’amende infligée. La décision comporte ainsi les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement.

En deuxième lieu, si la requérante fait état de ce que la décision attaquée mentionne à tort que l’infraction aurait été commise dans le département de la Seine-Saint-Denis, alors que le contrôle a été opéré dans un autre département, une telle erreur de plume est sans incidence sur sa légalité.

Il résulte de tout ce qui précède que la société NSM n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision du 3 novembre 2023 par laquelle le directeur général de l’OFII a mis à sa charge la somme de 40 100 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l’article L. 8253-1 du code du travail.

Sur les frais d’instance :

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre à la charge de l’OFII la somme demandée par la société NSM sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


DÉCIDE :


Article 1er : La décision du 3 novembre 2023 du directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration est annulée en tant qu’elle met à la charge de la société NSM la somme de 4 248 euros au titre la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée NSM et à l’Office français de l'immigration et de l'intégration.


Délibéré après l’audience du 18 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Baffray, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2025.

La rapporteure,
Le président,



N. Gaullier-Chatagner
J.-F. Baffray

La greffière,


M. A...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions