lundi 10 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2406853 |
| Type | Décision |
| Formation | 1ère Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | NAMIGOHAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2024, M. A B, représenté par Me Namigohar, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 22 mai 2024 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est signée par une autorité qui n'est pas habilitée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est signée par une autorité qui n'est pas habilitée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que l'arrêté du 22 mai 2024 est un arrêté de placement en rétention administrative et relève de la compétence du juge judiciaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Aymard pour statuer sur les requêtes relevant de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aymard, lequel a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation en l'absence de décisions prises le 22 mai 2024 par le préfet de la Seine-Saint-Denis qui porteraient obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français ;
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né en 1990, demande au tribunal d'annuler les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi, et interdiction de retour sur le territoire français que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait prises à son encontre le 22 mai 2024.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Le bureau d'aide juridictionnelle ayant constaté le 9 décembre 2024 la caducité de la demande d'aide juridictionnelle de M. B, il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de l'intéressé tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait édicté le 22 mai 2024 à l'encontre de M. B des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français. Il suit de là que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être regardées comme dirigées contre des décisions inexistantes et doivent, par conséquent, être rejetées comme étant irrecevables.
Sur le surplus des conclusions présentées par le requérant :
4. Dès lors que les conclusions à fin d'annulation du requérant sont rejetées, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent, par voie de conséquence, être rejetées. Doivent également être rejetées les conclusions formées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant au bénéfice de l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Namigohar et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2025.
Le magistrat désigné,
F. Aymard La greffière,
C. Yen Pon
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2406853
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2416546
Le Tribunal Administratif de Montreuil annule la décision du 10 juillet 2024 par laquelle la commission de médiation du droit au logement opposable de la Seine-Saint-Denis a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement de Mme A..., hébergée avec ses deux enfants chez sa mère dans un logement surpeuplé. Le tribunal estime que cette situation entre dans les prévisions des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation, conférant un caractère prioritaire et urgent à la demande. Il enjoint à la commission de médiation de déclarer la demande prioritaire et urgente dans un délai de deux mois, sans astreinte.
30/01/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2416802
Le Tribunal Administratif de Montreuil annule la décision du 19 mars 2025 par laquelle la commission de médiation du droit au logement opposable de la Seine-Saint-Denis a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement de M. A.... Le juge estime que M. A..., dépourvu de logement et hébergé chez un tiers, remplit les conditions des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l’habitation. Il enjoint à la commission de déclarer la demande prioritaire et urgente dans un délai de deux mois.
30/01/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2417309
Refus de reconnaissance du caractère prioritaire et urgent d’une demande de logement par la commission de médiation du droit au logement opposable de la Seine-Saint-Denis. Le Tribunal administratif de Montreuil rejette le recours pour excès de pouvoir formé par M. B..., estimant que le motif du refus – absence de production des justificatifs de ressources – n’est pas matériellement inexact. La décision est fondée sur l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation.
30/01/2026
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2417355
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A... B... contestant le refus de la commission de médiation du droit au logement opposable de la Seine-Saint-Denis de le reconnaître comme prioritaire pour un hébergement d'urgence. Le requérant invoquait une insuffisance de motivation et l'accomplissement de démarches préalables. Le tribunal a estimé que M. A... B... ne produisait aucun élément établissant des démarches en vue d'un hébergement, conformément à l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris les demandes d'injonction et de frais.
30/01/2026