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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2407410

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2407410

mardi 20 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2407410
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre (J.U)
Avocat requérantGORVITZ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande indemnitaire de M. B..., qui réclamait 10 000 euros à l'État pour son absence de relogement suite à une décision de la commission de médiation le reconnaissant prioritaire. Le tribunal a estimé que le requérant, de nationalité bangladaise, n'avait pas justifié de la régularité de son séjour et de la permanence de sa résidence en France, conditions requises par les articles L. 300-1 et R. 300-2 du code de la construction et de l'habitation pour bénéficier du droit au logement. En conséquence, la carence de l'État n'a pas été retenue, et les conclusions indemnitaires ainsi que celles relatives aux frais de justice ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juin 2024, M. B..., représenté par Me Gorvitz, demande au tribunal :

1°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des troubles de toute nature dans ses conditions d’existence résultant de son absence de relogement ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat à l’aide juridictionnelle.

Il soutient que :
- la responsabilité pour faute de l’Etat est engagée dès lors que son relogement a été reconnu prioritaire par la commission de médiation ;
- l’absence de relogement lui cause des troubles dans les conditions d’existence.


La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n’a pas présenté de mémoire en défense.

M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 23 janvier 2024.




Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


La présidente du tribunal a désigné M. A... pour statuer sur les litiges prévus aux articles R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Le rapport de M. A... a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’était pas présentes ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.



Considérant ce qui suit :

La commission de médiation du département de la Seine-Saint-Denis a, par une décision du 27 novembre 2020, désigné M. B... comme prioritaire et devant être logé en urgence. Par un courrier du 25 mars 2024, M. B... a présenté au préfet de la Seine-Saint-Denis une demande indemnitaire tendant à la réparation du préjudice subi en raison de son absence de relogement. Cette demande a été implicitement rejetée. M. B... demande la condamnation de l’Etat à lui verser la somme de 10 000 euros.

Aux termes de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le droit à un logement décent et indépendant (…) est garanti par l'État à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ». Aux termes de l’article R. 300-2 du même code : « Remplissent les conditions de permanence de la résidence en France mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-1 les étrangers autres que ceux visés à l'article R. 300-1 titulaires : / 1° Soit d'un titre de séjour d'une durée égale ou supérieure à un an, sous réserve que celui-ci ne soit pas périmé ; / 2° Soit d'un titre de séjour d'une durée inférieure à un an autorisant son titulaire à exercer une activité professionnelle ; / 3° Soit d'un visa d'une durée supérieure à trois mois conférant à son titulaire les droits attachés à un titre de séjour. / Un arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre en charge du logement fixe la liste des titres de séjour concernés ».



Par une décision du 27 novembre 2020, valant pour une personne, la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis a reconnu le caractère urgent et prioritaire de la demande de logement de M. B... au motif qu’il était dépourvu de logement. En dépit de la mesure d’instruction adressée à cet effet par le tribunal, le requérant, qui est de nationalité bangladaise, n’a produit aucun élément justifiant qu’il satisferait à la condition de régularité du séjour et de permanence de la résidence prévue par les dispositions citées au point précédent. Il ne peut, par suite, se prévaloir d’une carence de l’Etat résultant de son absence de relogement de nature à lui ouvrir droit, à ce titre, à une indemnisation.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. B... doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que les conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B..., à Me Gorvitz et au ministre de la ville et du logement.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2026.

Le magistrat désigné,



S. A...La greffière,



A. Jaiteh
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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