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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2416239

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2416239

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2416239
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a annulé le refus du préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer une carte de résident de dix ans à un ressortissant bangladais. La juridiction a jugé que le préfet avait commis une erreur d'appréciation, l'étranger justifiant bien de ressources stables, régulières et suffisantes sur les cinq dernières années, conformément aux exigences de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint à l'administration de réexaminer la situation du demandeur dans un délai de quatre mois.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 novembre 2024 et le 16 janvier 2026, M. C... A... doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 26 juillet 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une carte de résident d’une durée de dix ans ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation.

Il soutient que la décision attaquée est entachée d’une erreur d’appréciation dès lors qu’il justifie de ressources stables et suffisantes.

La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n’a pas produit d’observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l’audience.
A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de Mme Lamlih.

Les parties n’étaient pas présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :


M. A..., ressortissant bangladais, né le 6 mai 1980, a sollicité la délivrance d’une carte de résident d’une durée de dix ans. Par une décision du 26 juillet 2024, dont M. A... doit être regardé comme demandant l’annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer cette carte.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 426-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui justifie d’une résidence régulière ininterrompue d’au moins cinq ans en France au titre d’une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d’une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d’une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l’article L. 426-18, une carte de résident portant la mention "résident de longue durée-UE" d’une durée de dix ans. (…) Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l’article L. 262-1 du code de l’action sociale et des familles ainsi qu’aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. / La condition de ressources prévue au premier alinéa n’est pas applicable lorsque la personne qui demande la carte de résident est titulaire de l’allocation aux adultes handicapés mentionnée à l’article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l’allocation supplémentaire mentionnée à l’article L. 815-24 du même code. (…) ». Aux termes de l’annexe 10 au code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, l’étranger sollicitant la délivrance de la carte de résident prévu par ces dispositions doit notamment produire des justificatifs de ses ressources « qui doivent être suffisantes, stables et régulières sur les 5 dernières années ».

Pour refuser la délivrance d’une carte de résident d’une durée de dix ans, le préfet de la Seine-Saint-Denis s’est fondé sur le seul motif de ce que M. A... ne justifie pas de ressources suffisantes et stables sur la période de référence. Or, il ressort des pièces du dossier que M. A... justifie, par les pièces qu’il produit, des ressources stables, régulières et suffisantes sur les cinq dernières années. Le requérant est donc fondé à soutenir que le préfet de la Seine-Saint-Denis a entaché la décision en litige d’une erreur d’appréciation.

Il résulte de ce qui précède que la décision attaquée doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

L’exécution du présent jugement seulement, ainsi que le demande M. A..., que le préfet de la Seine-Saint-Denis réexamine sa situation. Il y a lieu, par suite, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, d’y procéder dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.


D E C I D E :


Article 1er : La décision du 26 juillet 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. A... dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... et au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Délibéré après l’audience du 3 février 2026, à laquelle siégeaient :

M. Israël, président,
M. Marias, premier conseiller,
Mme Lamlih, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2026.


La rapporteure,



Mme Lamlih



Le président,



M. IsraëlLa greffière,



Mme B...

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout autre préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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