Le Tribunal Administratif de Montreuil, saisi d’une demande de liquidation d’astreinte, constate que le préfet de la Seine-Saint-Denis a exécuté l’injonction de loger Mme A... en lui proposant un logement T3 à Noisy-le-Grand, dont le bail a été signé le 28 novembre 2022. Cette exécution étant intervenue moins d’un mois après le 1er novembre 2022, le juge estime qu’il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte de 550 euros par mois prononcée à l’encontre de l’État. La décision se fonde sur l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2207911 du 16 juin 2022, le magistrat désigné du tribunal administratif de Montreuil a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme A..., sous astreinte de 550 euros par mois entier de retard à compter du 1er novembre 2022 en application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation.
Par des observations, enregistrées le 21 juillet 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis informe le tribunal qu’une proposition de logement a été transmise à Mme A... pour un logement de type T3 à Noisy-le-Grand et que le bail correspondant a été signé avec effet au 28 novembre 2022.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mach, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 778-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, le magistrat désigné du tribunal administratif de Montreuil a, par une ordonnance du 16 juin 2022, enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme A... et prononcé une astreinte destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement de 550 euros par mois entier de retard à compter du 1er novembre 2022, à l’encontre de l’Etat, si le préfet de la Seine-Saint-Denis ne justifiait pas avoir, avant cette date, exécuté l’injonction qui lui était faite d’assurer le logement de Mme A....
2. Il résulte de l’instruction qu’une proposition de logement a été transmise par le préfet de la Seine-Saint-Denis à Mme A... pour un logement de type T3 situé à Noisy-le-Grand et que le bail correspondant a été signé avec effet au 28 novembre 2022. Dans ces conditions, le préfet doit être regardé comme ayant exécuté l’ordonnance du 16 juin 2022 à la date du 28 novembre 2022. L’injonction prononcée ayant été exécutée moins d’un mois entier après le 1er novembre 2022, il n’y a pas lieu de procéder à la liquidation de l’astreinte prononcée à l’encontre de l’Etat.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte prononcée à l’encontre de l’Etat par l’ordonnance n° 2207911 du 16 juin 2022.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 16 décembre 2025.
La magistrate désignée,
A-S Mach
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.