Litige portant sur la contestation d’une décision de France Travail relative à la récupération d’un trop-perçu d’allocation d’aide au retour à l’emploi. Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme A... pour incompétence de la juridiction administrative. Il estime que, en application des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail, les litiges relatifs aux prestations d’assurance chômage relèvent de la compétence du juge judiciaire. La requête est donc rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 août 2025, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler
1°) la décision du 7 octobre 2024 du directeur de l’agence de Pantin de France Travail maintenant sa décision de récupération d’un trop-perçu d’aide au retour à l’emploi d’un montant de 1 336,53 euros ;
2°) une mise en demeure du 22 octobre 2024 de rembourser ce trop-perçu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code du travail ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ;
3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) ».
Aux termes de l’article L. 5312-1 du code du travail : « I. L’opérateur France Travail est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : (…) 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et de l'allocation des travailleurs indépendants et, pour le compte de l'Etat, le service des allocations de solidarité prévues à la section 1 du chapitre III du titre II du livre IV de la présente partie, des allocations mentionnées à l'article L. 5424-21, de l'aide prévue au II de l'article 136 de la loi n° 96-1181 du 30 décembre 1996 de finances pour 1997, des sommes restant dues au titre du versement de l'allocation équivalent retraite prévue à l'article L. 5423-18, dans sa rédaction antérieure au 1er janvier 2009, et des sommes restant dues au titre de la prime forfaitaire prévue à l'article L. 5425-3, dans sa rédaction antérieure au 1er septembre 2017, ainsi que le service de toute autre allocation ou aide dont l'Etat lui confierait le versement par convention ; (…) ». Aux termes de l’article L. 5312-12 de ce code : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage ou de l'Etat sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution ».
Il résulte de ces dernières dispositions que les litiges relatifs aux prestations servies par France Travail au titre du régime d’assurance chômage, notamment à l'allocation de retour à l'emploi, à son versement ou à sa récupération en cas d'indu, relèvent de la compétence des tribunaux judiciaires.
Dès lors, la requête de Mme A..., qui porte sur un litige relatif à un indu d’allocation d’aide au retour à l’emploi servie par France Travail, ressort à la compétence du juge judiciaire, ce qu’indique d’ailleurs la décision du 7 octobre 2024 contestée. Cette requête ne peut donc qu’être rejetée comme ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Montreuil, le 20 octobre 2025.
Le président de la 5e chambre,
J.-F. Baffray
La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.