Le Tribunal administratif de Montreuil a été saisi par Mme A..., reconnue prioritaire et devant être logée d'urgence par la commission de médiation DALO le 26 février 2025, avec ses trois enfants mineurs. Aucun logement ne lui ayant été attribué dans le délai imparti, le tribunal a fait droit à sa demande sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Par ordonnance du 4 décembre 2025, le magistrat désigné a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d'assurer le logement de la requérante et de sa famille, sous astreinte de 600 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026, au profit du Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.
Texte intégral
Le magistrat désignéVu la procédure suivante :
Par requête enregistrée le 10 octobre 2025, Mme B... A... demande au tribunal d’ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et capacités.
Elle soutient que, par décision du 26 février 2025, la commission de médiation DALO l’a reconnue prioritaire et devant être logée d’urgence avec ses trois enfants mineurs. Aucun logement ne lui a été attribué à l’expiration du délai imparti.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 778-1 du code de justice administrative.
En application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, les parties ont été informées de l’absence d’audience et de la clôture de l’instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. (…)
3) Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. Le montant de cette astreinte est déterminé en fonction du loyer moyen du type de logement considéré comme adapté aux besoins du demandeur par la commission de médiation. Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. (…) ».
2. Par décision du 26 février 2025, la commission de médiation DALO l’a reconnue prioritaire et devant être logée d’urgence, au motif qu’elle est hébergée de façon continue dans une structure d’hébergement. La décision vaut pour quatre personnes, dont trois enfants mineurs. Il résulte de l’instruction du dossier que sa situation n’a connu aucune évolution et aucun logement ne lui a encore été attribué.
3. En conséquence il y a lieu d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme A... et sa famille, sous une astreinte destinée au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement devant être fixée à 600 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme A... et de ses enfants sous une astreinte destinée au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement de 600 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026.
Article 2 : Les sommes dues en exécution de l’article 1er doivent être versées jusqu’à l’ordonnance de liquidation définitive.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre de la ville et du logement.
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Fait à Montreuil, le 4 décembre 2025
Le magistrat désigné,
J.-F. Baffray
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.