Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. A... d’un recours contestant le refus de France Travail de recalculer ses droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi. Le tribunal a rejeté la requête par une ordonnance fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative, constatant que ce litige ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. En application des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail, le contentieux relatif aux prestations d’assurance chômage, servies par France Travail pour le compte de l’organisme gestionnaire du régime, relève de la compétence du juge judiciaire. Par conséquent, la requête a été rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 octobre 2025, M. B... A... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 21 juillet 2025 par laquelle France Travail a refusé de recalculer le montant de ses droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi ;
2°) d’enjoindre à France Travail de recalculer ses droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi ;
3°) de condamner France Travail à lui verser la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni convocation d’une audience.
Aux termes de l’article L. 5312-1 du code du travail : « France Travail est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière qui a pour mission de : (…) / 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et de l'allocation des travailleurs indépendants et, pour le compte de l'Etat, le service des allocations de solidarité (…) ». Aux termes de l’article L. 5312-12 du même code : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l’institution, pour le compte de l’organisme chargé de la gestion du régime d’assurance chômage, de l’Etat ou du fonds de solidarité prévu à l’article L. 5423-24 sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution. ». Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi de laquelle elles sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s’est notamment caractérisée par la substitution de France Travail à l’Agence nationale pour l’emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Assedic), reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s’agissant des prestations servies au titre du régime d’assurance chômage.
M. A... saisit le tribunal d’un litige relatif à l’allocation d’aide au retour à l’emploi. Toutefois, il résulte des dispositions citées que ce litige ne relève pas de la compétence du juge administratif mais de celle du juge judiciaire. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de M. A... comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître en application des dispositions précitées du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Montreuil le 26 novembre 2025.
La présidente du tribunal,
I. Dely
La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.