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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2519429

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2519429

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2519429
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHERVET

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande d'injonction au préfet de délivrer un rendez-vous pour l'obtention d'un récépissé autorisant le séjour et le travail pendant l'instruction d'une demande de titre de séjour. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Montreuil (formation de référé). **Solution retenue** : Le juge des référés rejette la requête, estimant que le requérant n'a pas justifié du caractère urgent de sa situation, notamment parce qu'il ne s'agit pas d'un renouvellement et que son titre de séjour étudiant avait expiré plusieurs mois avant sa nouvelle demande. **Textes appliqués** : Articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative, relatifs aux conditions d'urgence et de recevabilité des référés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me Hervet, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un rendez-vous pour la délivrance d’un récépissé lui permettant de séjourner légalement en France pendant l'instruction de sa nouvelle demande d’autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;


2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B... soutient que sa demande est urgente, utile et n’est pas susceptible de faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». L'article L. 522-3 de ce code dispose que « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». Et le 1er alinéa de l’article R. 522-1 dispose que « La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. ».

Le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire, sans audience, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S’agissant de la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l’article L. 521-3, il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre.

Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit que ces démarches sont demeurées vaines, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. La condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir la mesure sollicitée.

En l’espèce, M. B... n’entre pas dans les cas dans lesquels l’urgence de la situation est présumée s’agissant d’une demande de titre de séjour avec changement de statut d’étudiant à salarié ou passeport-talent, d’autant que son titre de séjour en qualité d’étudiant a expiré le 12 février 2025 et qu’il n’a déposé de nouvelle demande de titre de séjour que le 27 août suivant. Pour justifier de l’urgence de sa situation, M. B... soutient qu’il a besoin d’un récépissé de sa demande de titre de séjour en qualité de salarié pour l’instruction de la demande d’autorisation de travail présentée le même jour en sa faveur par la société SNCF Op’Tim’Services en vue d’un recrutement prévu le 1er septembre 2025, qu’il se trouve dans une impasse administrative ayant des conséquences graves et immédiates sur sa vie personnelle et professionnelle « en raison de l’impossibilité d’obtenir une autorisation de travail en raison de l’expiration de son titre de séjour », qu’il est en situation irrégulière depuis l’expiration de son titre de séjour et qu’il est porté atteinte à sa liberté d’aller et venir. De tels éléments ne permettent pas à eux-seuls de regarder comme urgente sa demande tendant à ce qu’il soit ordonné au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui donner une date de rendez-vous pour qu’il puisse déposer sa demande de titre de séjour et obtenir la délivrance d’un récépissé l’autorisant à travailler. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de M. B..., en toutes ses conclusions.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Fait à Montreuil, le 17 février 2026.

Le juge des référés,




J.-F. Baffray


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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