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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2522658

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2522658

vendredi 20 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2522658
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantYACOUB

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé, a constaté un non-lieu à statuer sur la demande d’injonction à l’OFII de délivrer une attestation de dépôt de demande de regroupement familial, car cette attestation avait été fournie pendant l’instance. La juridiction a également rejeté la demande de condamnation de l’État aux dépens. La décision s’appuie sur les articles L. 521-3 et L. 522-1 du code de justice administrative, relatifs aux référés en cas d’urgence et à la procédure contradictoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2025, M. C... A..., représenté par Me Yacoub, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) de lui délivrer une attestation de dépôt d’une demande de regroupement familial dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la mesure revêt un caractère d’urgence dès lors que son dossier est complet depuis le 27 juin 2025 et que ses projets familiaux sont retardés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2026, l’Office français de l’immigration et de l’intégration conclut au non-lieu à statuer, faisant valoir qu’une attestation de dépôt d’une demande de regroupement familial a été délivrée à M. A... et que sa demande est en cours d’instruction.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme B..., vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant algérien né le 11 octobre 1980, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à l’Office français de l’immigration et de l’intégration de lui délivrer une attestation de dépôt d’une demande de regroupement familial.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».

Pour exercer les pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés dispose des deux procédures prévues respectivement aux articles L. 522-1 et L. 522-3 du même code. Pour l'application de l'article L. 521-3, la procédure prévue à l'article L. 522-1, si elle n'impose pas systématiquement la tenue d'une audience, est en revanche toujours caractérisée par une instruction contradictoire entre les parties, engagée par la communication de la demande au défendeur. La procédure prévue à l'article L. 522-3, qui ne peut être utilisée que s'il apparaît au vu de la demande que celle-ci encourt un rejet pour l'une des raisons énoncées par cet article, ne comporte pas cette communication. Ces deux procédures sont distinctes. Il suit de là que lorsque, au vu de la demande dont il est saisi, le juge des référés estime qu'il y a lieu, non de la rejeter en l'état pour l'une des raisons mentionnées à l'article
L. 522-3, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 en communiquant la demande au défendeur, il lui incombe de poursuivre l'instruction dans le respect du caractère contradictoire de la procédure. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure ait été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, en dehors des hypothèses mentionnées par l’article L. 522-3 du code de justice administrative, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d’audience.

Il résulte de l’instruction qu’une attestation de dépôt d’une demande de regroupement familial en date du 8 janvier 2026 a été délivrée à M. A.... Dans ces conditions, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre à la charge de l’État, qui n’est pas le défendeur dans la présente instance, la somme demandée sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.










O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. A... au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.

Fait à Montreuil, le 20 février 2026.


La juge des référés,





J. B...



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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