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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2603873

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2603873

vendredi 27 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2603873
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKONE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme A... qui demandait l'injonction au préfet de lui fixer un rendez-vous pour enregistrer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé. Le juge a estimé que la requérante n'avait pas justifié du caractère d'urgence de sa situation, malgré ses allégations concernant ses études et sa vie personnelle, notamment en raison du classement sans suite de ses précédentes demandes et du manque d'étayage de ses arguments. La décision s'appuie sur les conditions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qui subordonne les mesures d'urgence à l'existence d'un préjudice grave et immédiat.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 février 2026, Mme B... A..., représentée par Me Koné, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui fixer un rendez-vous pour l’enregistrement de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à séjourner et travailler pendant l’instruction de la demande ;


2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A... soutient que sa demande est urgente, utile et n’est pas susceptible de faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». L'article L. 522-3 de ce code dispose que « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». Et le 1er alinéa de l’article R. 522-1 dispose que « La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. ».

Le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire, sans audience, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S’agissant de la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l’article L. 521-3, il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre.

Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit que ces démarches sont demeurées vaines, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. La condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir la mesure sollicitée.

En l’espèce, pour justifier de l’urgence à l’enregistrement de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour déposée le 23 juillet 2025, Mme A... soutient qu’elle arrivée en France à l’âge de quinze ans, que son établissement d’enseignement supérieur exige la production d’un justificatif de régularité du séjour et qu’à défaut, elle risque l’interruption de son cursus universitaire, la perte des frais d’inscription importants acquittés par sa famille, une désorganisation durable de son parcours et ne pouvoir effectuer le stage obligatoire, que cette situation porte une atteinte grave à sa situation personnelle, ne pouvant ni travailler légalement, ni voyager, ni mener une vie normale sur le territoire, notamment qu’elle ne peut de se rendre auprès de son père gravement malade à l’étranger. Toutefois, dans la mesure où il apparaît que cette situation résulte également du classement sans suite de deux précédentes de demandes de titre de séjour improprement présentées et que les éléments avancés sont peu étayés et pour certains aucunement, ils ne permettent pas de regarder comme urgente sa demande tendant à ce qu’il soit ordonné au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui donner une date de rendez-vous pour qu’elle puisse déposer sa demande de titre de séjour et obtenir la délivrance d’un récépissé dans l’attente de l’examen de cette demande. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A... en toutes ses conclusions.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Fait à Montreuil, le 27 février 2026.


Le juge des référés,




J.-F. Baffray


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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