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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2604048

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2604048

vendredi 27 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2604048
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Sujet principal : Demande d'injonction au préfet de statuer sur une demande de carte de résident. Juridiction : Tribunal administratif de Montreuil (formation de référé). Solution retenue : Rejet de la requête. Textes appliqués : Articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative. Motifs : L'urgence et l'utilité de la mesure sollicitée ne sont pas caractérisées, le requérant détenant un récépissé valable pour près de deux mois encore.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2026, M. B... A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer sur sa demande de carte de résident déposée le 15 juillet 2025.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que s’il est titulaire d’un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu’au 22 avril 2026, la succession de documents provisoires ne lui permet pas d’assurer la stabilité administrative requise pour une évolution contractuelle durable ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle vise à obtenir l’instruction effective et qu’une décision soit prise sur sa demande déposée le 15 juillet 2025 ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative existante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Gauchard,
vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant bangladais, était titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle, portant la mention « salarié », valable jusqu’au 22 juillet 2025. Il soutient, sans d’ailleurs en justifier, avoir sollicité le 15 juillet 2025 une demande de carte de résident d’une durée de dix ans sur le fondement de l’article L. 426-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il demande au juge des référés d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer sur sa demande de carte de résident.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». L’article L. 522-3 de ce code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas de caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ».

3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S’agissant de la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l’article L. 521-3, il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

5. Il résulte de l’instruction que M. A... s’est vu délivrer successivement deux récépissés de demande de titre de séjour, dont le dernier n’expirera que le 22 avril 2026, soit dans près de deux mois. Dès lors, la demande M. A... tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer sur sa demande de carte de résident est dépourvue d’urgence et d’utilité au sens de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

6. Il résulte de ce qui précède que l’ensemble des conclusions de la présente requête doivent être rejetées selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du même code.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Fait à Montreuil, le 27 février 2026.


Le juge des référés,


L. Gauchard

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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