Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2616104

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2616104
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDE SEZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par l’ordonnance n° 2604680 du 20 avril 2026, la juge des référés du Tribunal a notamment à son article 1er enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de la demande de renouvellement du titre de séjour de M. A... B..., dans un délai de deux mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.

Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 juillet et 24 août 2026, M. B..., représenté par Me de Seze, demande au juge des référés du Tribunal, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de modifier l’ordonnance de la juge des référés du Tribunal du 20 avril 2026 en fixant le délai d’exécution à quarante-huit heures et l’assortissant d’une astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l’inexécution de l’ordonnance du 20 avril 2026 constitue un élément nouveau au sens de l’article L. 521-4 du code de justice administrative.


Par un mémoire en défense enregistré le 6 août 2026, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête en faisant valoir avoir délivré à M. B... une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.


Vu :
- l’ordonnance du juge des référés n° 2604680 du 20 avril 2026,
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Le Garzic, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 21 septembre 2026 qui s’est tenue en présence de M. El Mamouni, greffier et où a été entendu le rapport de M. Le Garzic, juge des référés.


Considérant ce qui suit :


1. Par l’ordonnance susvisée du 20 avril 2026, le juge des référés du Tribunal a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de la demande de renouvellement du titre de séjour de M. B..., dans un délai de deux mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler.

2. Le premier alinéa de l'article L. 521-4 du code de justice administrative dispose : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ».

3. Il est constant que le préfet n’a pas procédé au réexamen de la demande de renouvellement du titre de séjour de M. B.... Dès lors en outre que le préfet ne conteste pas que les circonstances qui ont justifié cette ordonnance perdurent, cet élément nouveau justifie de modifier en application de l’article L. 521-4 du code de justice administrative la mesure ordonnée en la complétant par une nouvelle injonction.

4. Il y a conséquence lieu d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de la demande de renouvellement du titre de séjour de M. B..., dans un délai d’un mois. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

5. Il n’y a enfin pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l’État le versement d’une somme au titre des frais d’instance.



O R D O N N E :



Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de la demande de renouvellement du titre de séjour de M. B... dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.


Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.


Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre de l’intérieur.


Fait à Montreuil, le 1er octobre 2026.


Le juge des référés,




P. Le Garzic

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.