Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2620750
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2620750 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ROUVET ORUE CARRERAS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Rouvet Orue Carreras, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder, à titre provisoire le bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l’exécution de la décision du 25 août 2026 par laquelle le département de la Seine-Saint-Denis a mis fin à sa prise en charge en interrompant son contrat jeune majeur ;
3°) d’enjoindre au département de la Seine-Saint-Denis de poursuivre son accompagnement dans le cadre d’un contrat jeune majeur, dans un délai de 24 heures et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2000 euros qui sera versée à Me Rouvet Orue Carreras sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou directement à lui-même, la somme de 2000 euros sur le fondement de l’article 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
• la condition d’urgence est remplie dès lors que la décision attaquée a pour conséquence de le placer de manière imminente à la rue alors qu’il est jeune majeur isolé en France ;
• Il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée qui :
◦ est insuffisamment motivée
◦ méconnaît l’obligation d’accompagnement préparatoire à la majorité conformément aux dispositions de l’article L. 222-5-1 du code de l'action sociale et des familles et l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; ainsi que le droit à l’achèvement de l’année scolaire engagée ;
◦ est entachée d’une erreur d’appréciation de sa situation personnelle alors que le risque de trouble à l’ordre public n’est pas démontré et qu’il justifie d’une insertion sociale en France ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2026, le département de la Seine-Saint-Denis, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l’urgence de l’affaire n’est pas caractérisée et qu’aucun des moyens de la requête n’est propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors que M. B... fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français.
Vu :
• la requête n° 2620709, enregistrée le 10 septembre 2026, par laquelle M. B... demande l’annulation de l’arrêté la décision contestée ;
• les autres pièces du dossier.
Vu :
• la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique
• le code de l’action sociale et des familles ;
• le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
• le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 23 septembre à 11 heures.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
• le rapport de M. Thierry, juge des référés
• et les observations de Me Rouvet Orue Carreras.
La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B..., ressortissant guinéen né le 30 avril 2008 à Kérouané (Guinée) a été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance jusqu’à sa majorité, le 30 avril 2026. Par une décision du 25 août 2026, le président du département de la Seine-Saint-Denis a mis fin à sa prise en charge par les services de l’aide à l’enfance. M. B... demande au juge des référés, qu’il saisit sur le fondement de l’article L.521-1 du code de justice administrative la suspension de l’exécution de cette décision.
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : « Dans les cas d’urgence (…) l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente ou son président (…) ». Eu égard aux circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l’admission provisoire de M. B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».
4. La condition d’urgence qui justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif est remplie lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l’urgence s’appréciant objectivement et compte de tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l’argumentation des parties, l’ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d’urgence.
5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. B... n’est propre à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse. Il en résulte qu’au moins l’une des deux conditions auxquelles l’article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l’exécution d’une décision administrative n’est pas satisfaite. Dans ces conditions les conclusions à fin de suspension de M. B... doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d’injonction et relatives aux frais non compris dans les dépens :
6. Les conclusions à fin de suspension de M. B... devant être rejetées, la présente décision n’appelle aucune mesure d’exécution. Il s’ensuit ses conclusions à fin d’injonction ne peuvent qu’être rejetées.
7. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative comme celles l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, font obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l’autre partie des frais qu’elle a exposés à l’occasion du litige soumis au juge, ou à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie la partie perdante du paiement par l’autre partie d’une somme au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l’aide aurait exposés s’il n’avait pas eu cette aide. Par suite les conclusions de M. B... tendant à ce que soit mise à charge de département de la Seine-Saint-Denis une somme en application de de l’une ou l’autre de ces dispositions doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er
:
M. B... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 :
La requête de M. B... est rejetée.
Article 3 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., au département de la Seine-Saint-Denis et à Me Rouvet Orue Carreras.
Fait à Montreuil, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 11 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Rouvet Orue Carreras, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder, à titre provisoire le bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l’exécution de la décision du 25 août 2026 par laquelle le département de la Seine-Saint-Denis a mis fin à sa prise en charge en interrompant son contrat jeune majeur ;
3°) d’enjoindre au département de la Seine-Saint-Denis de poursuivre son accompagnement dans le cadre d’un contrat jeune majeur, dans un délai de 24 heures et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2000 euros qui sera versée à Me Rouvet Orue Carreras sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou directement à lui-même, la somme de 2000 euros sur le fondement de l’article 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
• la condition d’urgence est remplie dès lors que la décision attaquée a pour conséquence de le placer de manière imminente à la rue alors qu’il est jeune majeur isolé en France ;
• Il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée qui :
◦ est insuffisamment motivée
◦ méconnaît l’obligation d’accompagnement préparatoire à la majorité conformément aux dispositions de l’article L. 222-5-1 du code de l'action sociale et des familles et l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; ainsi que le droit à l’achèvement de l’année scolaire engagée ;
◦ est entachée d’une erreur d’appréciation de sa situation personnelle alors que le risque de trouble à l’ordre public n’est pas démontré et qu’il justifie d’une insertion sociale en France ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2026, le département de la Seine-Saint-Denis, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l’urgence de l’affaire n’est pas caractérisée et qu’aucun des moyens de la requête n’est propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors que M. B... fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français.
Vu :
• la requête n° 2620709, enregistrée le 10 septembre 2026, par laquelle M. B... demande l’annulation de l’arrêté la décision contestée ;
• les autres pièces du dossier.
Vu :
• la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique
• le code de l’action sociale et des familles ;
• le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
• le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 23 septembre à 11 heures.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
• le rapport de M. Thierry, juge des référés
• et les observations de Me Rouvet Orue Carreras.
La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B..., ressortissant guinéen né le 30 avril 2008 à Kérouané (Guinée) a été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance jusqu’à sa majorité, le 30 avril 2026. Par une décision du 25 août 2026, le président du département de la Seine-Saint-Denis a mis fin à sa prise en charge par les services de l’aide à l’enfance. M. B... demande au juge des référés, qu’il saisit sur le fondement de l’article L.521-1 du code de justice administrative la suspension de l’exécution de cette décision.
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : « Dans les cas d’urgence (…) l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente ou son président (…) ». Eu égard aux circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l’admission provisoire de M. B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».
4. La condition d’urgence qui justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif est remplie lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l’urgence s’appréciant objectivement et compte de tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l’argumentation des parties, l’ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d’urgence.
5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. B... n’est propre à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse. Il en résulte qu’au moins l’une des deux conditions auxquelles l’article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l’exécution d’une décision administrative n’est pas satisfaite. Dans ces conditions les conclusions à fin de suspension de M. B... doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d’injonction et relatives aux frais non compris dans les dépens :
6. Les conclusions à fin de suspension de M. B... devant être rejetées, la présente décision n’appelle aucune mesure d’exécution. Il s’ensuit ses conclusions à fin d’injonction ne peuvent qu’être rejetées.
7. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative comme celles l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, font obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l’autre partie des frais qu’elle a exposés à l’occasion du litige soumis au juge, ou à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie la partie perdante du paiement par l’autre partie d’une somme au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l’aide aurait exposés s’il n’avait pas eu cette aide. Par suite les conclusions de M. B... tendant à ce que soit mise à charge de département de la Seine-Saint-Denis une somme en application de de l’une ou l’autre de ces dispositions doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er
:
M. B... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 :
La requête de M. B... est rejetée.
Article 3 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., au département de la Seine-Saint-Denis et à Me Rouvet Orue Carreras.
Fait à Montreuil, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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