Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2622052

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2622052
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKWEMO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2026, M. A... B..., représenté par Me Kwemo, demande au juge des référés :
1°) de prononcer son admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire
2°) de suspendre l’exécution de la décision du 25 juillet 2026 par laquelle la commission de médiation droit au logement opposable de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande que lui soit attribué en urgence un logement ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le reconnaître comme prioritaire et devant être logé d’urgence dans un logement répondant à ses besoins, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ; et, à défaut, de lui enjoindre de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
• la condition d’urgence est remplie dès lors que la décision contestée porte atteinte de manière grave et immédiate à sa situation personnelle en ce qu’elle le prive d’un logement adapté à sa situation ;
• Il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée qui
◦ est insuffisamment motivée ;
◦ est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle ;
◦ méconnaît les dispositions de l’article L. 441-2-3 II du code de la construction et de l’habitation et les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
• la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
• la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
• le code de la construction et de l'habitation ;
• le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».
2. Le même code dispose à son article L. 522-1 que : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) » ; à son article L. 522‑3 que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. » et, enfin, à son article R. 522-1 que : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. » ;
3. M. B... demande la suspension de l’exécution de la décision du 25 juillet 2026 par laquelle par laquelle la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande que lui soit attribué en urgence un logement. Pour établir l’urgence de sa situation M. B... expose qu’il vit depuis près d’un an dans un logement de transition faisant peine 12 mètres carrés et qu’afin de préserver sa sécurité, sa dignité et sa santé, il est nécessaire qu’il puisse à très bref délai, bénéficier d’une mesure provisoire. En se bornant à faire valoir ces éléments sans apporter de précision sur son état de santé ni sur l’influence que ses conditions de logement ou d’hébergement sont susceptibles d’avoir sur celui-ci, M. B... ne justifie pas d’une situation d’urgence au sens des dispositions précitées.
4. Dans ces conditions, M. B... ne justifiant pas qu’il remplit la condition d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, il y a lieu de rejeter sa requête selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l’article L. 522-3 de ce même code.


O R D O N N E :


Article 1er
:
La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Montreuil, le 1er octobre 2026.

Le juge des référés,




P. Thierry

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.