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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1706878

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1706878

lundi 15 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1706878
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantDUMAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juillet 2017, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 1er juin 2017 par laquelle le président du conseil départemental de Hauts-de-Seine a refusé de lui accorder la remise gracieuse de sa dette correspondant à un indu de revenu de solidarité active de 4 170,23 euros au titre de la période du 1er avril au 31 décembre 2013.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 janvier 2018, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Par une décision en date du 26 décembre 2017, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Pontoise a accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale et a désigné Me Caron.

Par une décision en date du 26 novembre 2018, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Pontoise a déchargé Me Caron de sa mission et a désigné Me Dumay.

Après avoir été mis en demeure de produire le 11 septembre 2019, Me Dumay a informé le tribunal, par un courrier du 14 novembre 2019, qu'il n'était plus le conseil de M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. D'une part, l'article L. 262-17 du code de l'action sociale et des familles dispose que : "Lors du dépôt de sa demande, l'intéressé reçoit, de la part de l'organisme auprès duquel il effectue le dépôt, une information sur les droits et devoirs des bénéficiaires du revenu de solidarité active ( )" et l'article R. 262-37 du même code prévoit que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général (), en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

5. Il résulte de l'instruction que M. B n'a déclaré aucun revenu au cours de la période litigieuse dans ses déclarations trimestrielles souscrites auprès de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine alors qu'il était salarié des sociétés A2S Communication et SAS LH, et que son épouse percevait une pension de réversion. Ainsi, eu égard à leur nature et leur caractère répété, les omissions déclaratives commises par M. B doivent être regardées comme procédant d'une volonté manifeste de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, quand bien même les services fiscaux aient eu connaissance de ces revenus et la pension de réversion de son épouse soit modique, la caisse d'allocations familiales n'en ayant eu connaissance qu'à l'occasion d'un contrôle de cohérence avec, précisément, ses déclarations fiscales. A tout le moins, eu égard à ce qui vient d'être dit, il ne peut être regardé comme ayant ignoré, de bonne foi, qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. Partant, quelle que soit son éventuelle situation de précarité à la date de la présente ordonnance, en se bornant à indiquer que la pension de son épouse était " ridicule " et que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine en avait connaissance " par le biais des impôts ", M. B n'assortit sa requête que de moyens inopérants ou qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien. Partant, la requête de M. B ne peut qu'être rejetée, en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au département des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 15 mai 2023.

Le président de la 11ème chambre,

signé

T. Bertoncini

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière

N°1706878

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