LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1903213

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1903213

lundi 5 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1903213
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantRIQUIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 mars 2019 et 3 juin 2022, M. A B, représenté par Me Riquier, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions implicites par lesquelles le ministre de la transition écologique et solidaire a refusé de retirer les titres de perception n° 8937 et 8939 émis le 24 mai 2018 par lesquelles il a mis à sa charge les sommes respectives de 136 799,31 euros et de 68 163,31 euros en répétition d'indus de rémunération ;

2°) d'annuler ces titres de perception en tant qu'ils mettent à sa charge les sommes versées antérieurement au 1er août 2016 et, dans cette mesure, de le décharger de la créance afférente ;

3°) de réduire de moitié le reliquat de créance laissé à sa charge ;

4°) de mettre la somme de 3 000 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- en méconnaissance de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012, les titres de perception ne mentionnent pas les bases de liquidation de la créance ;

- le recouvrement des sommes versées avant le 1er août 2016 est prescrit en application de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 ;

- il y a lieu de réduire de moitié le reliquat de la créance dès lors que cette dernière est la conséquence de fautes de l'administration, qui a maintenu son traitement durant plusieurs années alors qu'il se trouvait en disponibilité.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2019, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris fait valoir qu'il n'est pas compétent pour représenter l'Etat en défense.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 avril 2022, la ministre de la transition écologique conclut au rejet de la requête et s'en remet à la sagesse du tribunal s'agissant des créances antérieures au mois de février 2016.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés et que, en tout état de cause, il ne saurait utilement se prévaloir de la prescription biennale que pour les sommes antérieures au 1er mars 2016.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,

- et les observations de Me Maître, pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B est ingénieur des mines. Le 22 novembre 2012, il a été affecté à la direction générale de l'énergie et du climat. A sa demande, il a été placé en position de disponibilité le 1er février 2015 et cette disponibilité a été renouvelée le 1er février 2018. Sa rémunération a toutefois continué à lui être indûment versée durant cette période. Le 24 mai 2018, deux titres de perception ont été émis pour des sommes respectives de 68 163,31 euros et de 136 799,31 euros en répétition des indus de rémunérations versées respectivement du 1er février 2015 au 31 janvier 2016, et du 1er février 2016 au 31 janvier 2018. Par un courrier reçu le 14 août 2018, resté sans réponse, M. B a formé la réclamation prévue par l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 et a demandé la remise gracieuse de 50% du montant de créance restant due.

2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale. Il en résulte que, par la présente requête tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du 14 février 2019, M. B, au vu des moyens qu'il soulève, doit être regardé comme concluant, d'une part, à l'annulation des titres de perception du 24 mai 2018 et à la décharge des créances, à titre subsidiaire à la décharge des créances antérieures au 1er août 2016 et à l'annulation des titres exécutoires en tant qu'ils portent sur cette période, et en tout état de cause à la condamnation de l'Etat à lui verser 50% de la somme restant à sa charge en réparation de ses préjudices.

Sur les conclusions à fin d'annulation des titres de perception :

3. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. ". Il en résulte que l'Etat ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur les bases et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge des redevables.

4. Les titres de perception litigieux mentionnent les sommes dues par M. B au titre des différentes composantes de sa rémunération. Toutefois, le titre n° 8937 indique que ces sommes constituent un indu " issu de la paye de février 2018 " et celui portant le n° 8939 qu'elles sont dues au titre de la paye d'avril 2018. Aucun d'eux ne mentionne les périodes durant lesquelles M. B a indûment perçu sa rémunération. En défense, la ministre fait valoir que M. B a été informé des montants mis à sa charge et de leur justification, année par année et pour chaque composante de rémunération, par un courrier du 13 février 2018. Toutefois, d'une part, ce courrier mentionnait des montants bruts et par année civile, dont ne peuvent être déduits aisément les montants nets et calculés pour des années glissantes qui fondent les titres litigieux. D'autre part, ces derniers ne font pas référence à ce courrier. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que les titres exécutoires émis à son encontre le 24 mai 2018 méconnaissent les dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 et, pour ce motif, à en obtenir l'annulation.

Sur les conclusions à fin de décharge :

5. Aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. ". En l'absence de toute autre disposition applicable, les causes d'interruption et de suspension de la prescription biennale instituée par les dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 sont régies par les principes dont s'inspirent les dispositions du titre XX du livre III du code civil. Il en résulte que tant la lettre par laquelle l'administration informe un agent public de son intention de répéter une somme versée indûment qu'un ordre de reversement ou un titre exécutoire interrompent la prescription à la date de leur notification. La preuve de celle-ci incombe à l'administration.

6. M. B soutient que le cours de la prescription biennale qui résulte des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 n'a été interrompu que le 29 juillet 2018, date à laquelle il s'est vu notifier les titres exécutoires litigieux. Toutefois, l'administration fait valoir lui avoir adressé un courrier daté du 13 février 2018 et reçu le 16 février suivant, par lequel elle l'informait de son intention de répéter les sommes indûment versées à compter du 1er février 2015. Il résulte de l'instruction que M. B a bien reçu un courrier adressé par son employeur à cette date. En se bornant à faire valoir qu'il n'est pas établi qu'il s'agisse du courrier du 13 février 2018, en l'absence de report du numéro d'accusé de réception sur la copie de celui-ci produite en défense, sans préciser quel autre courrier il aurait reçu à cette date par lettre recommandée avec accusé de réception, il ne conteste pas utilement avoir reçu celui du 13 février 2018 à la date indiquée par la ministre de la transition écologique. Il résulte par ailleurs de cette lettre qu'il a bien été informé de l'intention de son ancien employeur de répéter les rémunérations qui lui avaient été indûment versées et qui ont fait l'objet des titres exécutoires litigieux.

7. Il en résulte que la prescription biennale a cessé de courir à compter du 16 février 2018 et que, par suite, l'Etat est fondé à répéter les sommes indûment versées à M. B à compter de sa rémunération du mois de février 2016. Le requérant est en revanche fondé à demander à être déchargé des créances pour les sommes du 1er février 2015 au 31 janvier 2016, dont il résulte de l'instruction qu'elles représentent un montant de 68 163,31 euros.

Sur les conclusions indemnitaires :

8. M. B soutient qu'il a subi un préjudice car il réside désormais au Canada et que le remboursement de sa dette impliquera de subir un taux de change défavorable ainsi que des frais de transfert internationaux. Toutefois, d'une part le maintien indu de son traitement pendant trois ans est pour partie la conséquence de son absence de signalement de la perception d'une somme mensuelle d'environ 5 000 euros, qu'il n'a pu ignorer en l'absence de toute relation de travail avec le ministère de la transition écologique et solidaire, son ancien employeur, durant cette période. Cette abstention constitue une faute de sa part. D'autre part il n'a subi aucun préjudice dès lors qu'il n'a encore remboursé aucune somme et qu'il aura bénéficié, en tout état de cause, du versement d'une somme de 68 163,31 euros sans aucune contrepartie de sa part. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires de M. B ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : Les titres de perception du 24 mai 2018 sont annulés.

Article 2 : M. B est déchargé de la créance litigieuse de 68 163,31 euros.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la ministre de la transition énergétique.

Copie pour information en sera adressée au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.

Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient

Mme Van Muylder, présidente,

Mme C et M. D, premiers conseillers,

assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2022.

Le rapporteur,

signé

G. DLa présidente,

signé

C. Van Muylder

La greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne à la ministre de la transition énergétique en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions